Chrysopase. — Voyez Topaze, Chrysolithe
81. — Cinédie. — La cinédie se trouve dans le cerveau d’un poisson du même nom. Blanche, oblongue, elle prédit à qui veut bien la croire la tempête ou
(i) Cornélius Agrippa. La Philosophie occulte. La Haye, 1737, a vol. in-ia.
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le calme des eaux, selon que sa couleur est nuageuse ou claire.
Pline
SS. — Clitoris. — Le mont Lilée, dans les Indes, produit une pierre de couleur noire, appelée « clitoris. » Les habitants du pays la portent comme ornement à leurs oreilles.
Plutarque.
83. — Clupéa ou Scolopide. — Dans la Saône se trouve un poisson nommé « clupéa, » qui est blanc quand la lune est dans son croissant, et noir à son décours. Lorsqu’il est parvenu à toute sa grosseur, il se tue avec ses propres épines.
Ce poisson a dans la tête une pierre semblable à un grain de sel, et cette pierre est un remède souverain contre les fièvres quartes, si on se l’applique sur le côté gauche dans le décours delà lune.
Plutarque.
84. — Collotes. — LeNil produit certaines pierres appelées « collotes, » que les hirondelles ramassent, après que les eaux du fleuve se sont retirées, pour construire le mur Chélidonien. Ce mur, que
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construisent les hirondelles, résiste à l’impétuosité des flots, et empêche que le pays ne soit ravagé par l’inondation.
Plutarque.
85. — Corail. — Le corail est froid au premier degré et sec au second. Il fortifie les yeux par son action détersive et dessiccative des humeurs qui s’y sont fixées, particulièrement celui qui a été brûlé et lavé. Le corail est un des médicaments qui fortifient le cœur, qui sont utiles contre les palpitations et qui provoquent la gaîté, en vertu d’une propriété qui lui est spéciale ; dans cette action, il est aidé par ses propriétés clarifiante, dessiccative, consolidante et astringente.
Ayicenne, médecin arabe.
8(3. — Le corail arrête les hémorragies et dessèche les humeurs.
Massîh-ed-Dimaschqui, médecin arabe.
— Son action dessiccative est très puissante; son astringence l’est moins. Il est utile contre la dysenterie. Il est doué d’une certaine subtilité, et on l’utilise contre les nuages et l’albugo, et contre les cras-
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ses de l’œil, employé comme collyre.il nettoie bien les dents.
Ibn-Massa, médecin arabe.
88. — Au dired’Alexandre, si l’on suspend du corail au cou d’un sujet épileptique ou d’un goutteux, ils en retireront de l’avantage.
Razès, médecin arabe.
89. — Réduit en poudre et employé comme dentifrice, il fait disparaître les taches des dents et fortifie les gencives.
Ishak-Ibn-Amran, médecin arabe .
90. — Suivant Galien, si l’on prend trois danelcs de corail brûlé, qu'on lui associe un danek et demi de gomme arabique, si l'on pétrit le tout avec du blanc d’œuf, et qu’on l’administre avec de l’eau froide, c’est un excellent remède contre les crachements de sang. En somme, si l’on fait entrer le corail brûlé dans les médicaments employés contre les hémorrhagies, quel que soit l’organe où elles siègent il les suspend et les arrête.
Voici la manière de brûler le corail : où en prend la valeur d’une once, et on le met dans un vase neuf
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d’argile, dont on lute l’ouverture. On le met dans un four à la tombée de la nuit, et on l’enlève unefois brûlé, puis on le met en réserve.
Ahmed-dbn-Abi-Khaled, médecin arabe.
91- — On l’emploie dans les préparations opthalmiques à l’état pulvérulent, comme collyre détersif ; contre les pustules, l’onglet et autres affections semblables.
Ibn-es-Saïgh, médecin arabe.
— Le corail n’est pierre précieuse. On en trouve de trois couleurs, de blanc, de rouge et de noir, qu’on peut voir toutes trois en une plante. Le corail rouge est le plus excellent, et ce qui est rouge de lui comme pourpre, et resplendissant comme feu, a ceste vertu (comme le Iaspe) de conforter grandement le petit ventre, estant suspendu droitement dessus. Il est de substance tant subtile (entre les choses qui croissent en la mer), qu’il conforte le cueur, le cerveau et tous les membres, tempère les esprits, recrée l’entendement, et, par l’influence de Iuppiter et de Vénus, donne ainsi ayde à l’homme contre l’épilepsie, qui est le mal caduc.
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Le propre aussi du corail rouge (dont ie parle) estque, pendu au col et touchant la chair, il devient pasle si l’homme est malade ou si, de bref, le doibt estre ou s’il a beu quelque poyson qu’il ne sent encore, de façon qu’on s’emerveillera de cela ; mais la cause est que la mauvaise humeur du mal, qui n’a fait encor de fascherie à l’homme, afflige par admirable expérience la substance plus subtile du corail.
Jean de la Taille.
93. — C’est un remède souverain contre lapiqueure de l’aspic etdu scorpion.il a la vertu d’astreindre et de refroidir. Il fortifie le cueur, l’estomach et le foye. Calciné, il est excellent pour les tranchées, pour la gravelle et les douleurs de la vessie. Si l’on boit sa cendre dans de l’eau, et ce breuvage continué, il consomme la rate. De mesme, il fait dormir le feoricitant, s’il boit de cette cendre dans de l’eau ou du vin. Et si on en veut croire Boëce, il dit qu’estant malade d’une fleure pestilentielle, et absolument desespéré de sa santé, il feut parfoitement guary par le moïen de six petites gouttes de teinture de corail qu’on luy fit prendre. Il a la vertu du Iaspe pour arrester toutes sortes d’hémorrhagies, et il est singulièrement propre à ceux qui rendent le sang par la bouche.
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Sa cendre, dont i’ai desià parlé, oste l’inflamation des yeux ; sert à incarner les vlcères fistuleux et cauerneux, et a subtiliser les cicatrices. 11 sert d'amulettes contre les espouuantes, enchantements, sortilèges venins, epilepsie, foudres, tempestes et périls de mer ; preserue de la peste et de toutes maladies vénéneuses et contagieuses.
Arnaud de Villeneuve dit, de plus, que si on fait prendre dix grains de corail rouge à un enfant avec le lait de sa mère, pourveü que ce soit le premier enfant qu’ait eü sa mère, et que l’enfant n’ait encore pris autre viande ou boisson, qu’il sera garanti pendant toute sa vie de l’épilepsie. Les Gymnosophistes ont opinion qu’il contregarde de tout malheur et infortune ; aussi il y en a qui estiment qu’estant mis en poudre et ietté sur la terre, il arreste les foudres et les tourbillons, distourne la peste et la gresle, et purge les arbres de toute sorte de vermine. Et on adiouste que l’espèce qu’on nomme Antipathes empesche l’effectdes enchantements.
Et finallement, pour ne rien obmettre de ce qui concerne le Corail, on dit que son rouge est bien plus beau et plus vif quand il est porté par un homme que par une femme.
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Porté par vn malade qui se meurt ou est en péril ; il devient pasle, livide et tout taché; et bien certainement que par le changement de sa couleur il aduertit de quelque maladie prochaine.
De plus, quand il a perdu sa couleur, on la luy peut redonner, et fort belle, ou en le suspendant au-dessus d’vn fumier durant plusieurs jours, pourveü toutes lois qu’il n’y touche point, ou en le couurant de semance de moutarde, ou bien en le lauant avec du pain mouillé.
Robert de Berquen.
94. — Le corail arrête le sang, écarte les mauvais génies, éloigne les terreurs paniques, préserve de la foudre et de la grêle.
J. B .Porta.
95. — Si tu veux pacifier les tempestes et passer les fleuves, prens le corail, et l’un blanc , l’autre rouge. Il est expérimenté qu’il restreint le sang incontinent et oste la folie de celuy qui le porte, et donne sapience.
Albert-le-Gband.
96. — Le corail a la faculté de dessécher et de rafroidir. Celuy q’vn homme porte rougit, et celuy
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qu’vne femme porte paslit. L’arbrisseau de corail croist de hauteur d’vn homme avant que de rougir.
L’Anonyme.
96. — Pourvoir en dormant la personne qu'on épousera — Ayez du Corail pulvérisé, de la poudre de diamant , avec du sang de pigeon blanc, et en faire une pâte qu’on enfermera dans une figue. Après avoir mis le tout dans un morceau de taffetas blanc, se le mettre au col, et placer sous son chevet une branche de myrte en disant cette oraison :
« Kurie clementissime, qui Abraham^, servo tuo , dedisti uxorem , et filio ejus obedientissimo, per admirabieem signum, indicasti Rebeccam uxorem, indien mihi, servo tuo (vel famulae tuae), quam nupturus sum uxorem (vel quem nuptura sum sponsum), per ministérium tuorum Spirituum : balibeth, assaibi, abumalith. Amen (1).
Léonard Vair (2).
(1) « O Seigneur très clément, qui donnas une épouse à ton serviteur Abraham, et indiquas à son fils très obéissant, par un signe admirable, la femme que tu lui destinais, Rébecca; veuille désigner à ton serviteur (ou à ta servante), par le ministère de tes Esprits, la femme (ou l’homme )que je dois épouser : babileth, assaibi, abumalith, Amen.»
(2) Léonard Vair; Trois livres de charmes, sorcelage ou enchantements ; Paris, 1 583 ,in-ia