IRIS
•173. — Inachus (Pierre de 1’) — Dans le fleuve Inachus on trouve une pierre semblable au béryl, qui noircit dans les mains de ceux qui veulent porter un faux témoignage, Un grand nombre de ces pierres se voient dans le temple de Junon Prosymnée, au rapport de Thimothée, auteur d’une histoire d’Argos.
Plutarque.
174. — Indus (Pierre de 1’). — On trouve dans l’Indus une pierre qui, portée par les jeunes filles, les défend de toute violence contre leur honneur.
Plutarque.
*75. — Iris, ou Chrysotithe, ou Topaze. —
Pour faire monstrer l’arc-en-ciel, il faut prendre vne pierre nommée Iris, et est blanche comme crystal, quarré, ou ayant cornes. Si on la met au rays du Soleil, incontinent et reflectant,faict l’arc apparoir au paroi d’vne muraille (i).
(i( Effet du prisme.
JACINTHE
176. — Cette pierre préserve contre les venins, et spécialement contre la morsure de l’ichneumon, ou rat d’Inde.
Robert de Berquen.
\ 77. — La pierre d’iris, dont la couleur est semblable à celle du crystal, et qui, comme elle, se trouve thexagone, quand on en expose une partie sous un oit aux rayons du Soleil, et, en les rejettant par réflection, elle fait paraître l’arc-en-ciel au mur opposé.
Cornélius Agrippa.
Voyez Chrysolithe, Topaze.
178.— Jacinthe. — «Ce cachet est une hyacinthe. Apollon y est gravé, et Daphné aussi. A qui le fils de Latone donnera-il la préférence? »(i).
Anthologie grecque.
179. — Les hommes d’authorité attribuent grandes et plusieurs Louanges au hyatcinth, entre lesquels est
(i) Epigrammes descriptives, f ^51.
JACINTHE
Serapio, lequel rai monstré estre Jean Damascène, pour ce que le haycinth rend les hommes qui le portent, hors du péril du tonnerre, en sorte que la cire portée qui est mise soubs l’engraueure d’iceluy, mesmement reiecte le tonnerre. Et dict-on que cecy a été expérimenté aux régions auxquelles plusieurs périssent par le tonnerre, veu qu’aucune personne n’en a été touchée qui porte le hyacinth. Par semblable miracle, il déliure ceux qui le portent du péril de peste ; pareillement ceux qui habitent un païs pestiféré.
Coustumièrement, i’en porte un très grant, et semble estre quelque chose; toutesfois, il ne sert moult à concilier le dormir ; mais le mien n’est de couleur rouge etdu bon gerre ; ains il est iaune comme l’or et est fort loing du très bon, car le très bon est de couleur rouge qui rarement surmonte la magnitude d’une lenticule.
Cardan.
180. — L’hyacinthe tient aussi du Soleil une vertu contre le poison et les vapeurs de peste : elle rend celui qui la porte assuré, agréable ou gracieux ; elle contribue à faire avoir des richesses et de l’esprit ; elle fortifie le cœur quand on la tient dans la bouche, et elle réjouit fort l’esprit.
Gornelius Agrippa,
nG
JACINTHE
181. — Lebonetvray Iacinth doibt estre de couleur rouge, de la grandeur d’une lentille, et de tempérament froid (comme sont presque toutes autres pierrres). On en trouve de jaunes, qui ont leur vertu cachée en eux, et de couleur d’eau, qui sont vils et de nulle force.
Les gens de sçavoir et d’authorité prestent au vray Iacinth de grande et merveilleuses vertus, avec plusieurs loüanges, disant que: par la communication de Iuppiter et du Soleil (auquel il est particulièrement subiect), si on le porte sur soy, et qu’il touche à la chair tant soit peu, il nous préserve et deffent contre contre tout venin, contre la Peste, l’Air corrompeü et les mauvaises vapeurs ; il faict bien dormir (i) et conforte le cœur et l’esprit, augmente les richesses et l’authorité.
Et dit-on encore plus: qu’il rend son porteur aymable et bien voulu, et hors du péril de la. foudre et du tonnerre, chose qui lui advient particulièrement par l’influence de Iuppiter, et qui a été expérimenté aux régions ou plusieurs périssent par le Tonnerre.
Voyla pourquoy (considérant ces beaux privilèges
(i) C’est le contraire de ce que dit Cardan, §17 9.
JACINTHE
qu’il a du Ciel), ie dy qu’il serait bon de le porter tousiours sur soy, veü mestnes que plusieurs grands personnages, voire princes, empereurs et roys, ont fini misérablement leurs iours par le tonnerre, le poyson, la peste en l’air corrompeü, et surtout par la haine et malveillance de leurs subiects.
Toutesfois ie ne voudrais prester tant de force au Iacinth .que ie voulusse les asseurer ou garantir (en le portant) de n’estre iamais hays, n’y mal-voulus, principalement s’ils sont Tyrans ; mais bien i’en conseillerios l’usage a quelques Amants maltraictés, afind’estre aymezet bienvoulus de leurs maîtresses.
Jean de la Taille.
182. — A l’esgard de ses vertus on proprietez, quoique elles soient la pluspart ou fabuleuses ou superstitieuses, ie ne laisseray pas de les mettre succinctement. Premièrement, on tient qu’elle calme la mer et appaise les orages, si l’effigie de Neptune y est en grauee ; qu’elle provoque le sommeil, fortifie le cœur, augmente la prudence, auance les hommes dans les biens etles honneurs, réjouît l’esprit, préserve du mal contagieux, mesme qui la porte sur soy estgaranty du tonnerre.
ii8
JAIS
Tout cela est plus amplement déduit dans les Exercitations de Scaliger,
Robert de Berquen.
183. — Jade. — Cette pierre soulage les douleurs de reins, et chasse le sable de la vessie. Portée en amulette, c’est un préservatif contre les bêtes venimeuses.
Porta
184. — Jais, ou Jayet. — Les reptiles fuient le jais, dont la mauvaise odeur éloigne tous les mortels. Il est couleur de flamme, plat et peu grand. Il jette un rayon de feu semblable à celui d’une branche de pin aride ; mais il exhale en même temps une odeur putride insupportable. Il peut servir à faire connaître les hommes atteints du mal sacré ; car de suite, en le sentant, ils seront courbés, précipités à terre et privés de leurs sens. La Lune aux pieds légers, et qui porte des cornes, la Lune irritée a le cœur plein de joie quand elle les voit ainsi succomber à leur mal.
Le Jais est encore utile aux femmes, pareequ’il fait écouler les portions d’humeur qui leur restent au bas du ventre.
J’ai encore entendu attribuer à la pierre de jais bien
JAIS
d’autres précieuses qualités ; mais il suffit qu’elle chasse par son odeur les reptiles dangereux pour qu’elle te charme infiniment.
Orphée, Les Pierres.
185. — J’ai employé le jayet pour le traitement des affections œdémateuses des genoux d’une cure difficile, et je m’en suis bien trouvé, reconnaissant que cette composition était évidemment très efficace. Je l’ai mélangé aussi à un emplâtre appelé barbare, et cette composition avait une puissance dessiccative plus prononcée.
Toutefois, elle ne cicatrise pas les plaies encore fraîches et saignantes, bien qu’elle jouisse vulgairement de cette réputation ; mais elle convient pour opérer la rétraction des plaies profondes.
Galien.
1 86. — Les fumigations de jayet sont avantageuses aux épileptiques et calment les douleurs utérines. Elles ont aussi le pouvoir de chasser les bêtes veni-
JAIS
meuses. On les fait entrer dans les médicaments employés contre la goutte (i).
Dioscorides.
4 87. — Le Jacinthe est une pierre froide et sèche. Employée comme collyre, elle fortifie la vue ; employée sous forme de bésicles, elle est utile contre l’affaiblissement de la vue causé par l’âge ou par des accidents ; elle dissipe les risiotis et combat le commencement de la cataracfe (2).
Ibn-kl-Beïthar, médecin arabe.
188. — Pour connaître si une fille est chaste ou non. — Vous prendrez du jais ou jayet, que vous réduirez en poudre impalpable ; vous en ferez prendre le poids d’un écu à la fille, et, si elle a été corrompue, il lui sera du tout impossible de retenir son urine, et il faudra qu’elle pisse incontinent. Si, au contraire,
(1) Dioscorides (Pedacios), Matière médicale (II* siècle av. J.-C.)
(2) Le mot visions signifie ici ces sortes de nuages, de points noirs, de corps étrangers plus ou moins nombreux, que voit passer devant lui l’œil fatigué ou malade, — vulgairement, les mouches.
JASPE
elle est chaste, elle retiendra son urine plus qu'à V ordinaire (i).
Le Petit Albert.
189. — Les anciens Islandais attribuaient des vertus surnaturelles au jayet, qu’ils regardaient comme un ambre noir.
Sa principale qualité était de préserver de tout sortilège celui qui en portait sur lui. En second lieu, c’était un antidote contre toute espèce de poison. Sa troisième propriété était de chasser les esprits et les fantômes lorsqu’on en brûlait dans une maison ; la quatrième, de préserver des maladies épidémiques les appartementsqui en étaient parfumés (2).
Collin de Plancy.
199. — Jamenius-lapis. — C’est une pierre précieuse qui prévient les avortements.
Porta.