PUR
CANTIQUES
Judas, que la fureur guide, L’aborde d’un air soumis ; I1 l’embrasse, et ce perfide Le livre à ses ennemis.
Le pécheur, Judas, t’imite, Quand, au lieu de l’apaiser, A sa table, l’hypocrite Trabit Dieu par un baiser.
On l’abandonne à la rage
De cent soldats inhumains ; Sur son auguste visage
Les valets portent leurs mains.
Vous deviez, anges fidèles, Témoins de ces attentats,
Ou le mettre sous vos ailes,
Ou frapper tous ces ingrats.
Ils le traînent au grand-prêtre, Qui seconde leur fureur,
Et ne veut le reconnaître
Que pour un blasphémateur.
Mais Jésus, calme et sévère, Lui déclare qu’à son tour, Pour juger toute la terre,
I1 viendra du ciel, un jour.
Au sang.
AU san.
Au sang.
Tandis qu’il se sacrifie, Tout conspire à l’outrager ; Pierre même le renie, Et le traite d’étranger.
Mais Jésus perce son âme D’un regard tendre et vainqueur ; Et met d’un seul trait de flamme Le repentir dans son cœur.
Au sang. Au sang.
1 Chez Pilate on le compare Au dernier des scélérats.
Que dis-tu, peuple barbare ?
Tu réclames Barabbas !
Quelle indigne préférence !
Le coupable est pardonné, Et, malgré son innocence, Jésus-Christ est condamné.
Au sany. | Au sany.
On le dépouille, on l’attache, Chacun arme son courroux :
Je vois cet Agneau sans tache Tombant presque sous les coups.
C’est à nous d’être victimes ; Arrêtez, cruels bourreaux !
C’est À cause de nos crimes
Que son sang coule à grands flots.
Au san. Au sang.
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