‹ Les pigeons (volume 2)Chapitre 17 sur 62 · DES COLOMB I-GALL INES · texte numérisé non relu

DES COLOMB I-GALL INES

donner au hasard, nous nous bornons à décrire cette espèce , ainsi que plusieurs autres , d’après les dépouilles que nous ayons soigneusement examinées. C’est d’après les seuls caractères extérieurs propres à celte espèce que nous lui avons assigné une place parmi les Pigeons gallines, laissant aux naturalistes qui auront occasion d’étudier ses mœurs le soin d’enrichir la science de leurs découvertes.

Le Colombi-Galline Talpacoti fait partie de mon cabinet ; nous avons vu cet oiseau dans diverses collections : l’individu qui a servi de modèle fait partie du Muséum de Paris.

HISTOIRE

COLOMBI-GALLINE COCOTZIN Mâle et Femelle.

P l. XIII et XI F.

4 - ColumbaPasserlna. Lath. Ind. Orn. v . 2,/). Gu. — Gmel./;. 787. Les petites Tourterelles. Bujf. , pl. enl . , J] 1 el 2.

Ground dove. — Lath. Sjn. v. f\., p. 659.

Cette petite espèce de Colombi-Galline semble tenir beaucoup des mœurs des Perdrix ; elle eu a les habitudes et le vol. M. Vieillot, qui a observé ces oiseaux à Saint-Domingue, m’a dit qu’aucune espèce ne se rapproche autant de la Perdrix ; c’est au point que lorsqu’on les voit à terre, la première idée qui vient est celle de les croire de véritables Perdrix ; elles cherchent leur nourriture à terre, se levant précipitamment plusieurs fois, exécutent des vols courts , et se rabattent brusquement comme le font les Perdrix ; la chair de ces oiseaux est un mets très recherché et des plus délicats : ou les prend le plus souvent dans des espèces de trappes faites de joncs.

Les Cocotzins fréquentent les lieux pierreux situés près des buissons; on les trouve non seulement sur le continent de l’Amérique méridionale , mais aussi dans toutes les îles Caraïbes ; Maugé les a rapportés de Porto-Rico, où ils sont très multipliés. Les colons français désignent le Cocotzin par le nom d’Ortolan ; les Anglais le nomment Pigeon de terre, et les Hollandais Pigeon des pierres : la voix de ces oiseaux est semblable à celle de notre Tourterelle, mais elle est plaintive et peu sonore.

Le Cocotzin n’est guère plus gros de corps qu'une alouette huppée; sa longueur, depuis le bout du bec jusqu’à l'extrémité de la queue, est d’un peu plus de six pouces; son bec a sept lignes; les ailes, lorsqu’elles sont pliées, ne s'étendent qu’au quart de la longueur de la queue; les parties supérieures delà tête et du cou sont d'un beau cendré; chez le mâle, cette partie est d'une teinte plus bleue; le dos, le croupion et les couvertures du

DES COLOMBI-GALLINES.

dessus de la queue sont d'un brun cendré foncé ; le front, la gorge , la partie inférieure du cou et la poitrine sont de couleur vineuse , avec quelques taches brunes qui occupent le milieu de chaque plume, et les font paroître écaillées ; les côtés et le ventre sont d’un vineux très clair ; les couvertures du dessous des ailes et les barbes intérieures des rémiges sont couleur de rouille ; les couvertures supérieures des ailes sont mêlées de cendré foncé et de vineux * il y a un nombre assez considérable de petites taches d un bleu d’émail sur les moyennes et sur les grandes couvertures 5 les deux pennes du milieu de la queue sont d’un brun-cendré très foncé, et les latérales sont presque noires 5 l’iris est orangé -, le bec est d’un rouge pâle à son origine, et noirâtre vers le bout ; les pieds sont rouges et les ongles noirs.

La femelle diffère du mâle en ce que toutes les couleurs sont plus foibles , que la poitrine a plus de blanc, que les écailles de la poitrine sont moins bien prononcées , et que les petites taches des ailes 11'ont pas des reflets aussi brillants que chez le mâle.

Des individus du Cocotzin se trouvent dans plusieurs collections 5 le mâle et la femelle font partie de mon cabinet. Ceux qui ont servis de modèle à madame Knip appartiennent au Muséum.

HISTOIRE

COLOMBI-GALLINE HOTTENTOT.

Pl. XV.

Columba Holtentolta. Mihi.

Le Colonibi-Caille. Le Vaill. Ois. d’Xfr.v. 6, pl. enl.

Le vaste continent de l’Afrique, si riche en productions ornitologiques , voit aussi naître sur son sol des petites espèces de Colombi-Gallines dont les formes et les mœurs ont beaucoup de ressemblances avec celles qui habitent le Nouveau-Monde j M. Le Vaillant, qui le premier a fait connoître notre Colombi-Galline Hottentot sous le nom de Colombi-Caille , nous apprend que ces Pigeons se réunissent en très grandes troupes, composées de plusieurs familles, et qu'ils habitent les lieux arides et pierreux de la partie méridionale de l'Afrique j M. Le Vaillant croit cependant que l'espèce ne niche pas dans les cantons stériles et brûlés où il l'a trouvée \ il présume qu'elle ne fait qu'y passer un certain temps de l'année, et cette supposition semble d'autant plus fondée , que toutes les recherches de ce naturaliste pour découvrir le nid de ces oiseaux ont été infructueuses.

Le Colombi-Galline Hottentot , que nous représentons est absolument modelé sur les mêmes formes que les petites espèces de Colombi-Gallines du Nouveau-Monde. Comme elles il a le vol court, il se rabat fréquemment, cherche sa nourriture à terre, où il se tient de préférence pendant le jour; ce n’est que vers la nuit qu'il se retire dans les buissons , où on le trouve perché sur les branches basses.

Le mâle a l’occiput, le derrière du cou, le manteau , les couvertures des ailes, le croupion et les couvertures du dessus de la queue d un beau roux- cannelle ; chaque plume de ces parties est terminée de brun } le front et la gorge sont blancs ; le devant et les côtés du cou ont, sur un fond

DES COLOMBI-GALLINES. ^

gris-vineux clair, des écailles noires qui sont liserées de blanc dans leur partie supérieure ; le milieu du sternum, le ventre, les cuisses, ainsique les couvertures inférieures de la queue, sont d’un roux clair; les pennes des ailes sont, en dehors, du meme roux que le dos, et noirâtres sur les barbes intérieures ; la queue , qui est courte et arrondie , est , en dessus , d’un roux-cannelle, et en dessous, gris-noirâtre; le bec est brun-jaunâtre; les pieds sont rouges ainsi que les yeux.

La femelle diffère du mâle en ce qu’elle est plus petite , et que ses couleurs sont moins brillantes que celles de ce dernier.

M. Le Vaillant a trouvé cette espèce sur les montagnes du pays des Grands- Namaquois.

HISTOIRE

COLOMBI-GALLINE PIGMÉ.

Pl. XVI.

+ Columba Minuta. Lath. I/ul. Orn. v. i, p. 612.

Petite Tourterelle brune. Briss. Orn. v. r, p. 116, pl. 8 , fig. 1.

Le Pigeon Nain. d’ Azara. Voj. Amer, mérid. , v. / ( , p. 187, n° 325 . Passerin-Turtle. Lath. Sjn. v 4 > p. 660.

L’espèce de cet article a presque toujours été confondue avec le Cocotzin; sa petite taille et sa ressemblance apparente avec ce Pigeon ont pu en quelque sorte légitimer cette erreur. Convaincus comme nous le sommes que ces oiseaux forment effectivement deux espèces très distinctes, nous les décrivons séparément, en nous conformant aux vues de l’excellent observateur Brisson, qui en avoit aussi jugé ainsi.

Le Colombi-Galline Pigmé est décrit dans l’ouvrage deM. de Azara, lequel renferme les descriptions des oiseaux que ce voyageur a trouvés au Paraguay et sur les bords de la rivière de la Plata ; ce livre , dont la traduction française vient de paroître, est sur-tout recommandable pour la vérité des descriptions et l’exactitude des observations : nous y avons reconnu au premier coup-d’œil quelques unes des espèces dont nous avons parlé dans cette monographie ; trois espèces de Pigeons décrits dans l’ouvrage de M. de Azara ne nous étoient point connues : c'est pour compléter , autant que possible, notre monographie, que nous faisons mention de ces oiseaux à la suite des Colombes; les naturalistes trouveront au surplus tous les détails dans l’index qui termine ce volume.

Le Colombi-Galline Pigmé est en effet la plus petite espèce que nous connoissons dans cette famille; sa longueur totale n'excède pas cinq pouces et demi; la tête, le derrière du cou, le dos, le croupion et les couvertures du dessus de la queue sont d’un brun-cendré très brillant; les couvertures supérieures des ailes sont de ce même brun, mêlé d’une teinte roussâtre ;

DES COLOMBI-GALLJNES. 29

sur ces couvertures sont sept petites taches d'un bleu d'émail ; les plus grandes plumes de recouvrement sont terminées de blanc ; le front et la gorge sont d’un blanc roussâtre; la partie inférieure du cou et la poitrine sont d’un vineux clair; les côtes, le ventre, l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont d’un blanc mêlé de roussâtre; les couvertures inférieures de l'aile sont d’un beau roux; les deux plumes du milieu de la queue sont brunes; toutes les latérales sont cendrées, et terminées de noir; la penne extérieure de chaque côté est terminée de blanc; les pieds sont rouges , et le bec est brun : la femelle diffère du mâle seulement par des teintes plus foibles.

Ce Pigeon habite à la Guiane française, il se trouve aussi au Paraguay, ses voyages s’étendent jusque dans les îles Caraïbes; Maugé en a rapporté de Porto-Rico, d’autres ont été envoyés de Saint-Domingue.

En individu de cette espèce fait partie du Muséum de Paris; et j’en conserve un absolument semblable dans ma collection. M. de Azara fait mention d’une petite espèce de Colombi-Galline, sous le nom de Picui; cet oiseau me paroit différer du Colombi-Galline Pigmé, non seulement parla taille, mais aussi par les couleurs du plumage; je m’en rapporte trop à la scrupuleuse exactitude du voyageur espagnol, pour me conformer aux vues du traducteur de la partie ornithologique de son ouvrage, qui présume que son Pigeon Nain et son Picui ne sont que des variétés d’âge ou de sexe. Quoi qu’il en soit, voici la description que M. de Azara donne du Picui, qui est sans contredit du nombre des Pigeons-Gallines :

ce La longueur totale du Picui est de sept pouces trois lignes; les parties « inférieures sont d'un blanchâtre un peu mêlé de brun sur le devant du cou « et les côtes du corps, avec une légère teinte vineuse à la poitrine; un noir « velouté colore les couvertures du dedans de l’aile; le front et les côtés de « la tête sont blanchâtres ; le dessus de la tête, du cou et du corps, aussi « bien que les couvertures supérieures des ailes, sont d’un brun pur, mais « il y a sur les mêmes couvertures une rangée de petites taches d'un bleu « d’émail , du noir sur quelques-unes , et un trait blanc sur d’autres ; les k pennes sont d’un brun noirâtre ; l'extérieure de chaque côté de la queue cc est blanche; les deuxième, troisième et quatrième ont du blanc vers leur « extrémité, et le reste brun comme les autres pennes; le tarse est d’un a rouge violet et obscur; le bec d’un bleu foncé; un espace nu et bleuâtre te entoure l’œil, et s’étend jusqu’à l’angle de la bouche. »

M. de Azara observe que le Picui diffère également de l’espèce que nous

5 o HISTOIRE

désignons sous le nom de Talpacoti , en ce qu’il est plus gros, en ce que ses ailes sont moins longues , qu’il préfère les lieux moins sombres , et qu'il s’éloigne davantage des forêts. On le rencontre ordinairement par paires , quelquefois en famille , et même en bandes de vingt-cinq individus 5 son nid, aplati et composé de petites branches, sans matières molles à l’intérieur, est placé sur les buissons et les arbres de moyenne hauteur \ la ponte est de deux œufs blancs.

Le Picui est très commun au Paraguay et dans les contrées arrosées par la rivière de la Plata.

LES COLOMBES

CARACTÈRES ESSENTIELS

Bec mince; pointe plus ou moins renflée; narines recouvertes d’une peau molle ; tarse court, lisse ou emplumé; ailes longues; queue carrée, étagée, ou en forme de cône.

Page 1