COLOMBE COLOMBIN
Pi. xi.
Columba Œnas. Lath. Inet. orn. v. i, p. 58 g. sp. i.
— Gmel. i Syst. i ,p. 769. — Frisch. t. 139.
Le Pigeon sauvage. Brisson. orn. v. 1 , p. 86 , sp. 5 .
Stock Pigeon , or Stock Dove. Lath. Syn. v. 4 , p. 6o4- — Id. supp. p. 197 . Hollztaube. Bechstein. orn. tasclienb v. 1 , p. z 3 i , sp. 2.
Il existe dans nos climats deux espèces bien distinctes de Pigeons proprement dits. La première, d’où proviennent nos Pigeons de colombier, habite et niche en état de liberté dans les rochers et les vieilles masures ; au défaut d’un pareil gîte, elles s’accommodent aussi des troux vermoulus de quelque vieux arbre ; cette espèce est connue sous le nom de Biset, Une autre espèce presque toujours mal observée, et plus mal décrite encore par les naturalistes, vit aussi en état sauvage dans nos contrées 5 ses mœurs, bien différentes de celles que nous obervons dans le Biset, ne permetteiit en aucune manière de la confondre avec celui-ci ; elle demeure toujours dans les bois, et pose son nid sur la cime des plus hauts arbres; son naturel est farouche comme l'est celui des Pigeons Ramiers , et son genre de vie semble en général se rapprocher beaucoup de cette espèce. Dans les forêts de la Bourgogne et de la Lorraine, où cet oiseau se rend toutes les années vers le temps des pontes, les habitants lui donnent le nom de petit Ramier, et le distinguent de l’autre espèce, qu’ils nomment simplement Ramier : dans les pays boisés de l’Allemagne on lui donne le nom de Pigeon bleu ou petit Pigeon bleu des bois. Nous avons lieu de croire que ces oiseaux viennent nicher dans les grandes allées de marronniers, au jardin des Tuileries : nous y avons vu, dans le temps des pontes, deux espèces de Pi geons , dont la voix et le roucoulement très différent attira notre attention ; nous fûmes convaincus que cette supposition étoit vraie, car en voyant partir ces oiseaux de dessus les arbres, nous distinguâmes effectivement deux sortes de Pigeons; les uns étoient de l’espèce du Ramier ordinaire, les autres nous parurent de l’espèce du Colombin; ils étoient d’une taille inférieure à celle du Ramier, et n’avoient pas le croupion blanc, caractère qui distingue
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le Biset. Le nom de Ramiret ( petit Ramier') auroit convenu à cette Colombe, mais la dénomination de Ramiret ayant été donnée, quoique mal à propos, à une Colombe étrangère à l'Europe , nous n’avons pu en faire usage pour celle-ci. Le Colombin émigre aux approches de l’hiver.
De tous les auteurs qui ont décrit cette espèce, il n’y a que Brisson dont l’exposé fidèle rend parfaitement bien l’oiseau. Ce naturaliste a décrit le Colombin avec cette vérité et cette exactitude qu’on trouve répandues dans tout son livre; on peut même, en consultant l’ouvrage de Brisson, se passer de gravures, tant ses descriptions sont calquées d’après la nature. Les oiseaux enluminés de Frisch nous présentent la seule bonne gravure qui a été donnée du Colombin; en général, la plupart des planches de cet ouvrage, quoique grossièrement exécutées, sont cependant vraies; sur-tout celles qui ont été faites d'après la nature.
Un naturaliste qui veut éviter toute méprise et double emploi doit se borner à citer de pareils auteurs dans sa synonymie. Je soutiendrai toujours qu’on fait plus de tort à l’étude de la nature en citant des descriptions tronquées et des indications vagues, qu’en les vouant à un oubli éternel : on en voit une preuve dans la citation de la planche d’ Albin (i), qui, à en croire les synonymies, doit représenter notre Colombin. Comment ces grands génies, en compilant dans les étroites limites de leur bibliothèque, n’ont-ils pas vu que cette planche d’ Albin ne ressemble en aucune manière à notre Colombe , et que l’auteur , sous un nom différent, a figuré un Ramier qui n’avoit pas encore atteint l’état d’adulte?
Le Colombin est un peu plus fort de taille que le Biset; sa longueur, depuis le bout du bec jusqu’à celui de la queue, est de quatorze pouces; son vol est de deux pieds deux pouces; le bec a onze lignes; les ailes pliées atteignent , à un pouce près, l’extrémité des pennes caudales ; la tête est d’un cendré bleuâtre, la partie supérieure et les côtés du cou sont d’un beau vert, changeant en violet et en couleur de cuivre de rosette, selon qu’ils se trouvent exposés aux rayons de la lumière; la partie supérieure du dos et les couvertures des ailes sont d’un cendré obscur; la partie inférieure du dos, le croupion et les couvertures du dessus de la queue, d’un cendré clair; la partie inférieure du cou, depuis la tête jusque vers le milieu de sa longueur, est cendrée ; le reste du cou, ainsi que la poitrine, est de couleur de lie de vin ; le ventre, les flancs, l’abdomen et les couvertures du dessous de la queue sont
(i) Albin, y. a, pl, l\Q>.
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d’un cendré clair $ les premières grandes pennes de l’aile sont noires, et ont leur bord extérieur blanc, toutes les suivantes, ainsi que les moyennes, sont cendrées à leur origine, et noires vers leur bout $ sur chaque aile sont deux taches noires (1), l’une sur les deux moyennes pennes les plus proches du corps, et l’autre sur les trois grandes couvertures de Faile qui tombent sur celles-là : ces taches ne sont que sur les barbes extérieures et vers le bout de chacune de ces plumes. Toutes les plumes de la queue sont cendrées depuis leur origine jusque vers les deux tiers de leur longueur $ le reste est noir, excepté la moitié des barbes extérieures de la penne latérale qui est blanche. En dessous de la queue il y a une barre d’un gris clair qui traverse toutes les pennes à un pouce de leur extrémité. Le bec est d’un rouge pâle 5 les pieds sont rouges et les ongles noirs.
L’individu qui a servi de modèle fait partie de la belle collection de M. Dufresne, attaché au Muséum de Paris. Le Colombin est très difficile à se procurer.
(1) Nous ignorons ce qui a pu porter Latliam à dire quç l’Œnas a sur chaque aile deux barres transversales de couleur noire : on supposerait par-là que l’auteur anglais a décrit un Biset , si , du reste, le texte de Lalham ne se rapportoit au Colombin.
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