P L. XII
Columba livia, Lath. Ind. ont. v. 2 , p. 5 go , sp. 2.
— Gmel. Syst. ï, p. 769
Le Biset. Bujfon, v. 2, p. 4g 8 — PI. enl. 5io. — Sonnini , édit, de Bujf. , v. 7 , p. t54-
— Briss. Oi'n. v. 1 j p. 82. sp. 3 .
Biset Pigeon , Lath. Syn. v. t\ , p. GoS.
i\o us réunissons sous cet article, et regardons comme autant de descendants du Biset sauvage, tous les Pigeons de colombier, les diverses races de Pigeons de volière, qui, par la forme du bec et des parties principales, ressemblent à cet oiseau, le Pigeon domestique des naturalistes, la prétendue espèce de Pigeon romain, ainsi que ses variétés, etle Pigeon déroché, ou Bûcherai. Ces oiseaux produisent ensemble des individus féconds qui se reproduisent à leur tour, et forment, par l’entremise de l'homme, ces races particulières que nous remarquons dans les Pigeons de volière 5 ceux-ci se maintiennent par les soins qu’on prend de les assortir. Ce sont particulièrement ces Pigeons dont les différentes nuances sont presque innumérables. Les hommes , en les perfectionnant pour leur jouissance, ont multiplié ces races, plus par luxe que par nécessité j ils ont altéré leurs formes, et leur sentiment de liberté s’est trouvé totalement détruit.
Le produit en grand nombre est la source des variétés dans les espèces. Nos colombiers, peuplés par une quantité de Pigeons accoutumés et familiarisés avec ces bâtisses , ont successivement offert des variétés accidentelles , parmi lesquelles on aura choisi les plus belles, et les plus particulièrement bigarrées 5 celles-ci, isolées de la troupe, élevées avec des soins assidus, et assorties suivant le caprice , ont successivement engendré toutes ces races particulières dont l'homme est le créateur, et qui, sans lui, n’auroient jamais existé.
Nos Pigeons de colombier, captifs volontaires, abandonnent cependant quelquefois les établissements commodes que nous leur offrons, et désertent nos colombiers j ils paraissent se rendre à leur ancien état de nature, et
HISTOIRE
choisissent des trous de vieilles tours ou des creux d’arbres pour nicher et élever leur progéniture: ceux-ci, soit par instinct ou par besoin, reviennent souvent s’installer de nouveau dans les bâtisses que leurs parents avoient fuies. Au reste , ces pigeons déserteurs , qu’on nomme aussi quelquefois Rocherais, ne diffèrent en aucune manière du Biset de colombier, ni même du véritable Biset sauvage que nous représentons dans la planche qui accompagne cet article.
Buffon donne un exposé très clair et en même temps utile pour ce qui concerne la manière d’établir les colombiers et d’y propager les Pigeons. Voici en substance le texte de cet auteur :
(c Les Pigeons de colombier ne sont qu’ à-demi domestiques, et retiennent cc encore de leur premier instinct l'habitude de voler en troupe ; ils produisent cc souvent trois fois l’année, pondent, à deux jours de distance, presque « toujours deux œufs, rarement trois, et n’élèvent jamais que deux petits, cc dont ordinairement l'un se trouve mâle, et l’autre femelle; il y en a même cc plusieurs, et ce sont les plus jeunes, qui ne pondent qu’une lois. Le procc duit du printemps est toujours plus nombreux, c’est-à-dire, la quantité de cc pigeonneaux dans le même colombier est plus abondante quen automne, cc du moins dans ces climats. Les meilleurs colombiers, ou les Pigeons se cc plaisent et multiplient le plus, ne sont pas ceux qui sont trop voisins de cc nos habitations; placez-les à quatre ou cinq cents pas de la ferme, sur la cc partie la plus élevée de votre terrain , et ne craignez pas que cet éloignement cc nuise à leur multiplication; ils aiment les lieux paisibles, la belle vue, « l’exposition au levant, la situation élevée ou ils puissent jouir des premiers cc rayons du soleil. J’ai souvent vu les Pigeons de plusieurs colombiers situés ce dans le bas d’un vallon en sortir avant le lever du soleil, pour gagner un « colombier situé au-dessus de la colline, et s’y rendre en si grand nombre, « que le. toit étoit entièrement couvert de ces Pigeons étrangers, auxquels les « domiciliés étoient obligés de faire place , et quelquefois même forcés de la cc céder. C’est sur-tout au printemps et en automne qu’ils semblent rechercher cc les premières influences du soleil, la pureté de l'air et les lieux élevés. Le cc peuplement de ces colombiers isoles, elevés et situes haut, est plus facile, cc et le produit bien plus nombreux que dans les autres colombiers » (1).
Le Biset sauvage est, comme nous l’avons dit, le type de nos Pigeons de colombier; il ne diffère de ceux-ci que par sa couleur tant soit peu plus bise;
(i) Buffon , à l'article du Biset.
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les plumes du bas du cou ont des teintes moins vives, et les reflets ne sont pas si éclatants que dans les Pigeons de colombier. Ces oiseaux sont voyageurs ; ils émigrent toutes les années de nos climats, et vont chercher sous un ciel plus doux la chaleur , qui leur paroît agréable et nécessaire. L’Europe, FAsie et - 1 Afrique nourrissent des Bisets dans Fétat sauvage; ils sont en petite quantité dans les climats exposés au froid, mais les pays chauds en sont abondamment peuplés : on trouve beaucoup de Bisets en Perse et en Egypte. Maugé observa ces oiseaux à TénérifFe , où ils habitent par grandes bandes, et nichent dans les énormes rochers qui bordent la mer dans ces parages. Près du village des Gouanches , fameux par ses momies , Maugé tua plusieurs Bisets sauvages 5 mais ces oiseaux tombant toujours entre les rochers et dans les précipices, ce naturaliste ne put se procurer qu’un petit nombre d'individus. Par cette habitude qu’a le Biset de nicher dans les trous des rochers, et de préférer ces demeures à celles qu’il pour roi t construire sur les arbres, il est facile de voir que nos Pigeons de colombier doivent leur origine à cette espèce : des oiseaux qui, dans Fétat de liberté, vont de préférence placer leurs nids dans les rochers, étoient bien plus propres à s’accoutumer à nos colombiers, que des espèces de Pigeons accoutumés à vivre dans les forêts. Une preuve sert à nous confirmer dans cette opinion : les Pigeons fuyards ou déserteurs de nos colombiers retournent à leur état primitif, donnent toujours la préférence aux vieilles tours et aux masures pour y nicher 5 ce n’est qu’à leur défaut qu’ils construisent dans les trous des arbres, mais jamais sur les arbres, comme le font les Ramiers et les Colombins.
Le Biset sauvage, mesuré depuis le bout du bec à l’extrémité de la queue, porte treize pouces ; son envergure est de vingt-six pouces; les ailes, lorsqu’elles sont pliées, touchent presque le bout de la queue; le bec a dix lignes ; la tête, la partie supérieure du dos, les couvertures des ailes, la poitrine et le ventre sont d’un cendré tirant sur le bleu les couvertures des ailes sont d’une teinte plus foncée; la partie inférieure du dos est blanche, le cou est d’un beau vert à reflets; les grandes pennes des ailes sont noirâtres; les secondaires et les grandes couvertures sont d’un cendré tirant sur le bleu; elles sont terminées de noir , ce qui forme sur chaque aile deux bandes transversales ; la queue est du même bleu que le corps ; toutes les pennes sont terminées de noir , et la plus extérieure de chaque côté a ses barbes extérieures blanches ; le bec est d’un rouge pâle ; les pieds sont rouges et les ongles noirs.
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Un individu, rapporté de TénérifFe par Maugé, est au Muséum de Paris. Les Bisets de colombier sont d’ordinaire un peu plus forts de taille ; le cou et la poitrine sont plus brillants $ souvent le ventre a même des teintes vineuses à reflets cuivrés : ces légères variétés dépendent de l’abondance de nourriture.
Pour décrire les variétés infinies qui se trouvent dans les Pigeons de volière, un volume ne suffiroit pas, comme un volume de planches ne pourroit les contenir toutes. Nous nous bornerons donc uniquement à faire connoitre et à décrire succinctement les principales races de cette grande famille, qui servent à propager tous les individus remarquables par leur taille ou leui couleur.
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