PIGEON CULBUTANT
Colomba Gyratrix. Lath. Lui. orn. v. 2 , p. 592. — Gmel. p. 771. — Frischj t. l48. Le Pigeon Culbutant. Buff. v. 1, p. 5 17. — Br iss. orn. v. i, p. 79.
Tumbler Pigeon. Latii. Sjn. v. !\ , p. 612.
Le Pigeon Culbutant est une des plus petites espèces. Il semble, ditBuffon, que tous ses mouvements supposent des vertiges qui peuvent être attribués à la captivité; il vole très vite, et s’élève le plus haut de tous; ses mouvements sont très précipités et fort irréguliers ; il imite en quelque façon les gestes et les sauts des danseurs de corde et des voltigeurs; il se tourne sur lui-même comme une balle qu’on jette en l’air. On se sert de ces Pigeons pour attirer les autres; et les contorsions qu’ils font en l’air les rendent assez
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curieux ; on en élève un grand nombre : ils propagent très bien et abondamment.
Les Pigeons Culbutants, de même que les Pigeons Tournants , qui ne forment qu’une subdivision dans cette race, ont les ailes très longues^ quelquefois elles dépassent la queue. Ces Pigeons tirent leur origine du Biset \ mais on doit considérer la race comme viciée et dégradée par la main de l’homme.
Plusieurs autres races mitoyennes , un plus grand nombre encore de variétés accidentelles, se trouvent dans cette tourbe immense des Pigeons de volière. Les décrire, les connoître toutes, seroit un ouvrage aussi ennuyeux pour l’auteur qu’il seroit de peu d’utilité pour l’étude de la nature \ ce n’est aussi qu’avec quelque dégoût que nous nous en occupons : on ne peut guère s’occuper de ces races dégradées que d’après de simples suppositions , que l’on hasarde pour la plupart. Les soins de l'homme, qui, en s'étendant sur la culture et l’éducation des oiseaux, ont totalement dénaturé leur penchant à la liberté, sont les causes premières que ceux-ci ne nous offrent plus que l’image d’un esclavage très ancien, dont nous remarquons toutes les traces dans l’altération de leurs qualités intérieures. Accoutumés à vivre par les soins que nous leur accordons , ils ne quittent jamais les alentours de leur volière, où ils se laisseroient plutôt mourir d’inanition que de chercher eux-mêmes leur subsistance. Habitués à recevoir leur nourriture, ou à la trouver toujours préparée dans le même lieu, ils ne savent vivre que pour manger.
On peut donc , dit Buflon , regarder cette dernière classe , dans l’ordre des Pigeons, comme absolument domestique, captive sans retour , entièrement dépendante de l’homme. Ou ne peut douter qu’il ne soit l’auteur de toutes ces races , d’autant plus perfectionnées pour nous, qu’elles sont plus dégénérées, plus viciées pour la nature.
DES COLOMBES
COLOMBE A CALOTTE BLANCHE, feic.