‹ Les pigeons (volume 2)Chapitre 43 sur 62 · COLOMBE BLONDE · texte numérisé non relu

COLOMBE BLONDE

pl. xlif.

Columba Rjsoria. Lath. Ind. Orn. v. 2 , p. 607 , sp. Si . — Gmel. Syst. i , p. 787.

— Fris ch , t.\l\,f. 1.

Columba Yinacea. Lath. Ind. Orn. v. 2, p. 61 1 , sp. 63 . — Gmel. Syst. 1 , p. 782 Turlur Torquatus. Briss. Orn., v. I, p. g 5 , sp. 8.

Turtur Senegalensis. Briss. Orn. v. x , p. 124, sp. 2^, t. 26, f. 1.

La Tourterelle à collier. Buff. Ois., v. 1, p. 55 o, t. 26. — là. pl. enl. 244 -

— Meyer , Dent. Orn. pl. enl.

Tourterelle à collier du Sénégal. Buff. Ois. v. ■?. , p. 553 . — ld. pl. enl. 161.

La Tourterelle Blonde. Le Vaill. Ois. d’Afr. v. 6 , pl. 268.

Collared Turtle and Collared Sénégal Turtle. Lath. Gen. Syn. v. 4 ,p. 648 ,sp. 4 a, et p. 656 , sp. 54 .

On ne sauroit se faire une idée juste des raisons qui ont pu déterminer BufFon à considérer la Colombe à collier comme une seconde race ou variété constante dans l’espèce de notre Tourterelle Vulgaire, bien moins encore ce qui a pu porter ce célèbre naturaliste à avancer qu’elle se trouve dans nos climats. Quoi qu‘il en soit, il est certain que ces Pigeons ne forment pas une race ou variété constante de notre Tourterelle commune, puisque c’est meme avec quelque difficulté que nous réussissons à tirer des métis du mélange de ces espèces, métis qui ne doivent l’existence qu’aux soins industrieux de l’homme, et que la nature n’auroit jamais pu produire. Au reste, la Tourterelle vulgaire est propre à nos climats, et l’autre n’y est tenue qu’en cage, où elle produit par les soins que nous avons coutume de lui prodiguer.

L’espèce qui fait le sujet de cet article a donc été transportée des pays chauds; ce que nous prouve son naturel sensible au froid, même encore après une domesticité qui paroit déjà fort ancienne. Nous reconnoissons cet oiseau, à ne pas s’y méprendre, dans la description que Brisson donne de la Tourterelle à collier du Sénégal, espèce que BufFon rapporte mal à propos à sa Tourterelle du Sénégal, pl. enlum. 160. Nous avons déjà parlé de cette erreur de BufFon à l’article de notre Colombe Emeraudine. Un naturaliste

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moderne, à qui nous sommes déjà redevables de plusieurs découvertes intéressantes pour l’ornithologie, a trouvé l’espèce qui nous occupe vivant dans une entière liberté, et pullulant dans l’état sauvage au milieu des antiques forets de l’Afrique méridionale (1). Thunberg a trouvé dans toutes les contrées australes de l’Afrique cette Tourterelle à collier : elle se plaît surtout dans les lieux garnis de buissons. Cet oiseau, dit-il, ne change jamais de place sans rire ensuite, d’où lui vient son nom spécifique de Risoria. Ses ris et ses hou-hou indiquent le lieu de sa retraite ; sa chair rôtie est assez sèche. On peut présumer, en combinant ces découvertes avec l’état de domesticité où ce Pigeon se trouve réduit par-tout ailleurs , que l’espèce est originaire d’Afrique, et considérer l’oiseau décrit par Brisson, sous le nom de Tourterelle à collier du Sénégal, ainsi que celui décrit par Le Vaillant, pl. a68, comme le type de nos Tourterelles à collier.

Sonnini nous apprend qu'il a vu des Tourterelles à collier en Egypte, où les habitants les aiment beaucoup et en prennent un soin particulier. Vous ignorons si cet auteur a vu l’espèce en liberté, ou bien si elle s’y trouvoit, comme chez nous, réduite à la domesticité.

La dénomination de Colombe à collier pouvant être appliquée à plusieurs autres espèces qui portent aussi de ces colliers sur la partie postérieure du cou, nous préférons de nous ranger de l’avis de Le Vaillant, et d’adopter la dénomination de Colombe Blonde, comme plus propre à distinguer cette espèce.

Le Vaillant n’a rencontré des Tourterelles Blondes que sur les confins du pays des Grands-Namaquois 5 elles sont plus petites de taille que celles que nous élevons en domesticité ; mais leur roucoulement est absolument le même. Elles nichent sur les arbres, pratiquent un nid plat pareil à ceux que construisent nos Tourterelles, et pondent deux œufs tout blancs.

Cette espèce mesure en totalité dix pouces et demi ; ses ailes, lorsqu’elles sont en l’état du repos, ont six pouces trois lignes. Tout son plumage est d'un joli gris de perle, nué d’une légère teinte purpurine, blanchissant sur le devant de la tête et sur les parties inférieures, et prenant un ton fauve isabelle sur le dos et les ailes. Les rémiges sont noirâtres, bordées de fauve. Les pennes de la queue sont cendrées en dessus, et toutes, excepté les deux du milieu, terminées de blanc. La plus extérieure de chaque côté a aussi ses barbes extérieures blanches : la partie supérieure du cou est entourée

(1) Voyages au Japon par le Cap de Bonne-Esperance , tom. i ? p. 33o.

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d’un collier noir d’environ deux lignes de largeur : le bec est noirâtre ; l’iris et les pieds sont rouges.

La femelle diffère peu du mâle, sinon que son collier est plus étroit que celui de ce dernier, et quelle a la poitrine d'une teinte plus claire.

Le mâle a beaucoup de tendresse pour sa femelle -, il se tient volontiers auprès d elle, sur-tout pendant la nuit, et cherche à lui témoigner son amour par des sons qui ressemblent assez à l’éclat de rire. Il fait encore entendre un son plaintif, mais qui n’a rien de désagréable, et qu’on peut rendre par les syllabes kukuruku.

La Colombe Blonde , ainsi que plusieurs autres oiseaux , est sujette à prendre une livrée entièrement blanche. Dans cet état, il seroit facile de confondre l’espèce avec la véritable Colombe Blanche, qui est toujours de cette couleur ; mais il suffira de dire ici que, sans prendre garde à la taille ni aux formes totales de ces oiseaux, qui diffèrent sensiblement entre eux, il est malgré cela facile de reconnoître la Colombe Blonde Blanche. Outre que tout le manteau et les couvertures des ailes conservent toujours dans celle-ci une légère teinte isabelle, et que l’origine des pennes caudales est d’un ton plus grisâtre, elle se distingue encore par les petites plumes qui forment le collier, et sont toujours nuancées, vers leur extrémité, d’une teinte moins blanche, qui forme le caractère distinctif de l’espèce.

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HISTOIRE

COLOMBE MAILLÉE.

Pl. XL F.

Columba Cambayensis. Lath. Ind. Ovn. v. a } p. 609, sp. 56 . — Gmel. Sjst. x , p. 779. Turtur gutture maculato Senegaleixsis. Briss. Orn.v. 1 , p. 1 a5 , sp. a5, t. 8 , f. 3.

Columba Senegalensis. Lath. Ind. OTh. v. a , p. 610 , sp. 6a. — Gmel. Sj'st. 1 , p. 782. Tourterelle à gorge tachetée du Sénégal. Buff. Ois. v. 2 , p. 55 a , à l’article de la Tourterelle du Sénégal.

La Tourterelle grise de Surate. Sonnerai, Voj. Ind. 7’. 2 , p. j8o.

— Sonnini , édit, de Buff. v. 7 , p. 307.

La Tourterelle Maillée. Le Vaill. Oïs.d’Jfr. v. 6 , pl. 270 Sénégal Turüe. Lath. Gen. Sjn. v. 4 , p. 655 , sp. 53 .

Cambayan Turllc. Id. p. 652 , sp. 4 7.

■JMous avons dit, a l’article de la Colombe Émeraudine , espèce que nous avons fait connoitre d’une manière à éviter dorénavant toute méprise, que BufFon avoit méconnu l’espèce que nous décrivons ici , en la confondant avec laTourterelle du Sénégal, de même qu’avec celle qu'il nomme Tourterelle à collier du Sénégal, trois pigeons qui forment cependant autant d’espèces très distinctes.

Brisson parle de notre Colombe Maillée avec cette vérité que nous admirons toujours dans les descriptions de ce naturaliste. Le Vaillant, qui a étudié les mœurs de ces Pigeons dans les parties méridionales de l'Afrique, nous en donne aussi une description très exacte. Enfin Sonnerat l’a décrit, à ne pas le méconnoitre, sous le nom de Tourterelle grise de Surate, espèce que cet auteur donne à juste titre comme différente de sa Tourterelle de la côte de Malabar, et encore différente de la Tourterelle de Surate, qui est notre Colombe à nuque perlée, pl. 45. On ne sauroit dire pourquoi Sonnini réunit sous un même article ces trois Pigeons ; certes ce n’est pas d’après un examen de leur extérieur, puisqu’il a méconnu deux de ces Pigeons qui sont déposés dans les galeries du Muséum de Paris, où cet auteur auroil pu s’assurer des différences qui caractérisent ces espèces.

La Colombe Maillée semble répandue sur une grande étendue de pays du continent d’Afrique; Le Vaillant a trouvé l’espèce dans la partie méridionale qu’il a parcourue. Brisson nous apprend qu'un individu fut envoyé

DES COLOMBES

du Sénégal par M. Adanson à M. de Réaumur. Le Vaillant en a vu plusieurs venant de cette partie de l’Afrique ; et Sonnerat , au témoignage duquel nous devons ajouter foi , a rencontré l’espèce sur le continent de l’Inde , aux environs de Surate.

La longueur de cet oiseau , prise du bout du bec à l’extrémité de la queue, est d environ dix pouces; ses ailes pliées s’étendent jusque vers la moitié de la longueur de la queue ; la tête et le haut du cou sont d'une belle couleur vineuse ; toutes les plumes de la poitrine sont profondément échancrées -, cette partie prend une teinte roussâtre variée agréablement de lignes noires, formant des espèces de mailles lâches; la partie supérieure du dos est d'un brun mêlé de roux, chaque plume étant brune et terminée de roussâtre clair; les couvertures les plus proches du corps sont colorées de même; les autres sont d'un gris-bleu; les moyennes pennes de l’aile sont cendrées ; les rémiges sont noirâtres ; le ventre a une légère teinte vineuse; cette couleur blanchit vers l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue; celles-ci sont d’un blanc pur. Les pennes de la queue sont noires en dessous, depuis leur origine jusque vers la moitié de leur longueur, le reste est blanchâtre en dessus; les six pennes du milieu sont d’un brun-cendré, et les trois latérales de chaque côté sont plus foncées à leur origine, et le reste, vers le bout, est blanc. Le bec est d’un noirbrun jaunissant vers la pointe; les yeux sont orangés, et les pieds d’un rouge clair.

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et ses couleurs sont moins vives.

cc Le Vaillant nous apprend que cette Colombe habite la côte ouest au « sud de l'Afrique : on commence à la rencontrer vers les monts Camis , « et de là jusque chez les Grands-Namaqoois. On la voit par-tout sur les cc bords du Kausi, du Swart-Doorn ; mais elle n’est nulle part aussi abon- <c dante que sur les bords de la Grande-Rivière, ou rivière d'Orange, et celle « des Lions. Ce Pigeon niche, comme nos Tourterelles, sur les arbres, « et roucoule à peu près comme elle. La femelle pond deux œufs blancs. »

Nous avons vu plusieurs individus de cette espèce rapportés d'Afrique par Le Vaillant. Un de ceux-ci fait partie de mon cabinet. Nous en avons vu d’autres exactement semblables venant du Sénégal. Dans le Muséum de Paris se trouve un bel individu de ce joli Pigeon, qui a servi de modèle à Madame Knip. Nous ne saurions dire au juste de quelle partie du globe il a été rapporté.

HISTOIRE

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