‹ Les pigeons (volume 2)Chapitre 8 sur 62 · ADDITION AU COLOMBAR AROMATIQUE · texte numérisé non relu

ADDITION AU COLOMBAR AROMATIQUE

des dépouilles d’oiseaux de Paradis grande émeraude, telles qu’on les envoie d’ordinaire en Europe, comparées avec celles prises sur un individu de cette espèce faisant partie de mon cabinet, qui a été préparé et rembourré de la manière usitée pour les oiseaux venant des colonies françaises; cet individu unique, quant à sa pureté et à ses formes naturelles, mesure seize pouces, depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, et le volume de son corps est pareil à celui de notre Corbine; tandis que sur les peaux racornies qu’on reçoit ordinairement des Mol uques, la mesure mitoyenne, prise sur une grande quantité d’individus, est de douze ou de treize pouces depuis le bout du bec à l’extrémité de la queue.

DES COLOMBARS.

COLOMBAR A FRONT NU.

Pu VU.

Columba Calva. Mihi.

La nouvelle espèce de Colombar que nous représentons dans la planche 7 se distingue par une nudité considérable qui engage le front. Cet espace dénué de plumes est formé par le prolongement de la peau qui enveloppe la base du bec ; elle ressemble beaucoup à la plaque blanchâtre que le Foulque mâle porte sur le front ; dans l’oiseau vivant elle doit être d’une vive couleur orangée, cette teinte étant encore très apparente dans la peau séchée : le bec de ce pigeon Colombar est solide, et la pointe de la mandibule supérieure est fortement courbée.

La longueur totale du Colombar à front nu est de onze pouces 5 son bec a dix lignes, l’extrémité des deux mandibules qui est recouverte de la couche cornée est d’un gris argentin-, la tête, le cou, la poitrine et toutes les parties inférieures de l’oiseau sont d’un beau vert-clair -, cette couleur change sur le haut du dos en gris-cendré, mais sur le reste des parties supérieures les teintes se nuancent en vert foncé ; le poignet de l’aile est d’un violet foncé j l’aile bâtarde, les pennes secondaires et les rémiges sont noires, ces dernières n’ont point de liseré à leurs barbes extérieures, mais les pennes secondaires ainsi que quelques unes des moyennes couvertures de celles-ci ont un petit bord d’un blanc-jaunâtre ; les pennes caudales intermédiaires sont vertes, les latérales sont d’un gris-clair depuis leur origine jusqu’aux trois quarts de leur longueur, ensuite elles ont du gris-foncé, et sont encore terminées de gris-clair; en dessous toutes les pennes sont noires, et terminées de gris-clair : les couvertures inférieures de la queue sont d’un rouxcanelle , et terminées de blanc; le tarse, depuis l’articulation du genou

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jusque vers la moitié de sa longueur, est couvert de plumes jaunes • le reste , ainsi que les doigts , sont orangés.

Cette espèce, dont nous ne connoissons que le seul individu déposé dans mon cabinet, habite T Afrique; il faisoit partie d’une collection recueillie sur les côtes de Loango et d’Angole.

DES GOLOMBARS.

îoi

COLOMBAR- WAALIA Mâle et Femelle.

Pl. FUI et IX.

Columba Abyssinica. Lath. Ind. Orn. supp. v. 2 ,p. 60. Le Colomba r. Le Vaill. Ois. d’ Afr. v. 6, pl. 276 et 277. Waalia Pigeon. — Lath. gen. Syn. suppl. v. v, p. 269.

Ce Pigeon , que M. Le Vaillant a rencontré dans l’Afrique méridionale, et qu il décrit dans son ornithologie sous le nom de Colombar ou de Colombar à épaulettes violettes, est une espèce que cet auteur semble donner comme nouvelle, puisqu’il ne fait aucune mention dans son texte des auteurs qui ont indiqué cet oiseau avant lui ; cependant Bruce décrit et figure ce Pigeon sous le nom de JVaalia pigeon , et Latham en fait mention , d’après ce voyageur , dans son Index et dans son général Synop.

Nous conservons a cette espèce le nom que Bruce lui a donné , d’autant plus que la dénomination de Colombar à épaulettes violettes ne lui conviendroit sous aucun rapport, vu que la plupart des pigeons Colombars ont du violet sur le poignet de l’aile.

Bruce nous apprend que ces Pigeons habitent les parties basses de 1 Abyssinie ou perchent sur les plus hauts arbres-, ils y restent sans bouger durant la plus forte chaleur du jour; aux approches de la saison pluvieuse ils quittent cette contrée, et émigrent vers les parties méridionales de l’Afrique. M. Bruce observe que ces oiseaux volent en grandes troupes, et à une prodigieuse hauteur; leur chair est un mets exquis, cependant les Abyssiniens n'en mangent pas, et ont horreur de cette nourriture.

Le texte du naturaliste français nous apprend que ce Colombar construit son nid dans des trous d’arbres , qu’il fréquente habituellement les bois , et vit isolément par paires, mâle et femelle , enfin que la femelle pond quatre œufs d’un blanc-fauve ou isabelle.

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En combinant les descriptions des voyageurs cités, nous pouvons conclure que le Golombar-Waalia fait sa ponte, durant la saison pluvieuse > dans la partie méridionale de l’Afrique, où il vit alors isolément pour vaquer à l’éducation de sa progéniture-, qu’il se transporte vers le nord lorsque les jeunes Colombars sont en état de fournir à cette course , et que dans ces parages 1 espèce continue à vivre en grandes bandes.

Nous ne pouvons passer outre sans réfuter une erreur de M. Le Vaillant : cet auteur dit « que le Ramier des Moluques, décrit par Brisson , tome I er , ce page i48, et indiqué ensuite par Bulfon comme une simple variété de cc notre Ramier d Europe , est encore une espèce qui appartient à la même ce famille des Colombars, ce que nous avons vérifié sur plusieurs individus <c c/ue nous avons vus (t). »

Si M. Le Vaillant ne terminoit point cette remarque par une assertion si positive, nous la passerions sous silence ; il est cependant certain que le Ramier des Moluques de Brisson n’est pas un Colombar, comme le prétend M. Le Vaillant, mais que c’est, un Pigeon qui appartient à notre première famille ; nous avons décrit cet oiseau sous le nom de Colombe-Muscadivore, espèce à laquelle la description de Brisson, que M. Le Vaillant cite, se rapporte parfaitement.

Le Colombar-Waalia mesure en totalité onze pouces et demi*, le bec a dix lignes ,, il est très épais, les deux mandibules se renflent sensiblement du bout, et forment ensemble une pince solide, qui est plus large que dans toutes les autres espèces de cette famille. Le mâle a la tête et le cou , jusqu’à la poitrine, d’un gris légèrement nuancé de vert-olive*, les scapulaires, le dos, le croupion ainsi que les couvertures du dessus de la queue, sont d’un vert-jaunâtre ; toutes les petites couvertures du poignet de l'aile sont d’un violet tendre ; les grandes couvertures , les pennes secondaires et les rémiges sont noires, bordées de jaune*, le ventre est d'un beau jaunejonquille; l'abdomen est blanc *, les couvertures inférieures de la queue sont d’un roux-marron, terminées de roux clair; les pennes de la queue, qui sont au nombre de quatorze, sont toutes d’un gris-bleuâtre en-dessus, et noires terminées de gris-clair en-dessous.

Le tarse est emplumé jusque vers la moitié de sa longueur ; le reste, qui est dénué de plumes, est rouge, ainsi que les doigts; les yeux sont orangés.

La femelle est un peu plus petite que le mâle , dont elle se distingue

(t) Voyea> Le Vaillant, Ornith. d’Af., v. G , p. 65, article des Colombars.

DES COLOMBARS. i33

encore en ce que le ventre n'est pas jaune ; cette partie, ainsi que toutes les autres parties du corps, sont chez elle d’un vert-olivâtre uniforme ; du reste , elle a en général les teintes moins vives que dans le mâle. Dans le premier âge , le mâle ressemble beaucoup à la femelle adulte , et cette dernière , dans le même état, n’a pas encore de violet aux épaulettes : cette circonstance relative à la livrée du jeune Colombar-Waalia nous porte à soupçonner que notre Colombar-Maitsou pourroit bien être le jeune mâle de cette espèce; M. Le Vaillant est aussi de cet avis.

Nous avons vu que le Colombar-Waalia habite dans toute l'étendue de l’Afrique; il est probable qu'il se trouve encore à Madagascar; il se nourrit uniquement de fruits comme toutes les autres espèces de cette famille.

M. Raye de Breukelerwaert possède dans son cabinet les„ individus que nous avons figurés dans nos planches.

HISTOIRE

COLOMBAR JOJOO 7 Mâle et Femelle.

Pi. X et XL

Columba Yeniaus. Lath. hui. Orn. v. 2 , p. 5gg , sp. 22 . — Gmel. Sysf. 1 , p. 789.

Pigeon Yert des Philippines. Buff. pl. enl. i38.

Parrol Pigeon. Lath. g cm . , Sjn. v p. 629 et G3o.

Le Golombar de cet article, à qui nous avons conservé le nom de Jojoo, que les Javans lui donnent, diffère des espèces précédemment décrites par son bec bien plus mince et moins renflé vers le bout que ne l'ont d'ordinaire les Pigeons de cette famille; il s'approche davantage par-là des Pigeons de notre première famille ou Colombes. Latham a fait un double emploi de l’espèce en la décrivant sous le nom de Parrot pigeon , où cet auteur parle, d’après Sonnerai, du male et de la femelle; et un peu plus haut il fait encore mention du Jojoo sous le nom de Purple pigeon , en donnant sa description d'après la mauvaise figure que Brown a publiée : Sonnini décrit aussi cette espèce sous le nom de Pigeon Yert à tète grise d'Antigue; il est cependant nécessaire d’observer que cet auteur parle , à l’article cité , rie plusieurs espèces de Pigeons à tète grise, qu'il réunit en une seule espèce; c’est en quoi ce naturaliste se trompe. Brisson décrit encore notre Colombar sous le nom de Pigeon Vert des Philippines. Nous renvoyons nos lecteurs, pour la synonymie de cette espèce, à notre index, qui termine ce volume.

Le Colombar Jojoo mesure en totalité dix pouces; son bec est court, mince et peu renflé du bout; la substance cornée qui recouvre l’extrémité des deux mandibules est blanche, mais la partie molle de la base du bec est rougeâtre. Le mâle a la tète , la gorge et toute la partie postérieure du cou d’un gris-bleuâtre; sur la poitrine se dessinent deux larges ceintures; la supérieure est d’un beau lilas-clair, et l'inférieure d’un jaune-orangé; il y a

DES COLOMBARS. i33

des individus sur lesquels le lilas-clair se prolonge sur les côtés du cou, et même jusque sur la nuque j le dos, les scapulaires et toutes les couvertures des ailes , tant grandes que petites , sont d'un vert-olive foncé , toutes ces couvertures sont terminées par un large espace d’un jaune-clair , ce qui forme une bande transversale sur chaque aile -, les rémiges et les pennes secondaires sont noires, ces dernières sont finement liserées de jaunâtre*, le ventre est gris-cendré, mais vers les cuisses cette couleur se nuance en teintes jaunâtres, et prend un ton d’un beau jaune jonquille sur l’abdomen; les couvertures inférieures de la queue sont rousses ; les pennes caudales , au nombre de quatorze , sont gris-foncé à leur origine , ensuite elles ont une large bande noire, et sont terminées de gris plus clair; les deux pennes intermédiaires sont grises sur toute leur longueur*, les pieds sont d’un rouge de laque ; l'iris a deux cercles : l’extérieur est rouge , et celui qui entoure immédiatement la prunelle est bleu.

La femelle n’a point de lilas ni de jaune-orangé sur la poitrine comme le mâle. Cette partie, ainsi que tout le dessous de l’oiseau, est d’un vertjaunâtre-clair ; la tête et la partie postérieure du cou est d’un gris-bleu ; et toutes les autres parties supérieures sont comme dans le mâle.

Cette espèce habite aux îles de Luçon et d’Antigue; on les trouve aussi , à certaines époques, dans celle de Java. Sonnerat ne nous dit rien de leur manière de vivre et du genre de nourriture qu'ils préfèrent ; il est à présumer qu’ils se nourrissent de fruits.

Le mâle et la femelle de cette espèce font partie de mon cabinet.

LES COLOMBI-GALLINES.

CARACTÈRES ESSENTIELS

Bec long et menu ; mandibule supérieure peu ou point renflée; tarse long et grêle; doigts entièrement

divisés; ailes courtes, généralement arrondies.

COLOMBI-GALLÏAE, GOURA, Mâie.

Planche I nc .

Golumba coronata, Lath. Ind. ovn. v. 2 , p } Sq 6 .

— Gmel. Syst. 1 ^ p. 774.

Phasianus cbrislatus indiens. Brisson, orn. v. 1 ,p. 27g,

Le Pigeon couronné de Banda. BuJJbn, édit, de Sonnini, v. 7 ,p. 255 . — Buff. ,pL cul. 118. Le Goura de la nouvelle Guinée. Sonnerai , t r oy. p. 16g , /. ro 4 - Great crowned Pigeon, Lath. Syn. v. 4 , p. 620. — Edcs\ t. 338 .

La petite famille d’entre les Pigeons que nous avons nommés Colombi- Gallines semble en effet, se rapprocher beaucoup de l’ordre Gallinace : les habitudes de ces Pigeons-Gallines, leur genre de vie et un grand nombre de leurs caractères extérieurs, ont plusieurs traits de ressemblance avec ceux des diverses familles qui composent la grande tribu des vrais Gallinacés; il semble même qu’ils ont été destinés à former le passage de ces oiseaux aux Pigeons; c’est ainsi que dans la nature tous les êtres se trouvent imperceptiblement liés par des espèces intermédiaires qui, dans ce vaste ensemble des merveilleuses productions de cette mère prévoyante, paroissent consolider l’assemblage de l’harmonie la plus admirable avec l’ordre le plus parfait.

La famille des Colombi-Gallines renferme plusieurs espèces , qui se ressemblent bien moins entre elles par des caractères propres à tous les individus qui la composent, que par les rapports intimes qu’elles ont de commun avec les différentes petites tribus des Gallinacés, ce qui rend difficile la classification des espèces qui appartiennent à cette division. Pour ne

HISTOIRE

pas s’y tromper, et pour décider sans balancer sur l’identité de leurs caractères, il seroit nécessaire qu’on connût les mœurs de ces Pigeons-, mais pour peu qu’on se soit fait un usage d’étudier la nature des oiseaux, et qu’on ait acquis l’habitude de se représenter l’ensemble des divers genres, et le plus ou le moins d’affinité qu’on y rencontre, on ne sauroit guère se tromper dans la classification des Colombi-Gallines, même en ne prenant pour guide que leur conformité extérieure.

L’oiseau que nous décrivons dans cet article diffère, par beaucoup de caractères, des autres individus de la même section, il paroît même isolé dans cette division }sa huppe d’une forme toute particulière et sa longue queue l’éloignent entièrement des autres Golombi-Gallines, qui ont toutes la queue très courte comme les perdrix. Le Goura ressemble tellement aux Hoccos, que, pour le transformer, il ne faudroit que lui substituer le bec d’un de ces oiseaux-, sa queue alongée et arrondie, ses ailes courtes, son corps ramassé, ainsi que sa huppe, lui donnent entièrement la figure d’un Hocco, dont il a aussi les mouvements et les allures : ce n’est donc que par ces mêmes rapports que Brisson a cru devoir placer le Goura parmi les Faisans, genre que cet auteur confondoit mal à propos avec celui des Hoccos.

On se tromperoit étrangement en présumant, d’après des rapports aussi intimes avec les Gallinacés, que le Goura tient plus par ses caractères et ses mœurs aux oiseaux de cet ordre qu’à ceux de l’ordre des Pigeons-, il a le bec formé comme celui des Pigeons, dont il a le roucoulement} comme eux il ne pond que deux œufs, et élève ses petits, en leur dégorgeant la nourriture d’avance macérée dans le jabot} il construit même son nid sur la sommité des arbres-, habitude par laquelle il s’éloigne non seulement des vrais Gallinacés, mais aussi de la famille des Colombi-Gallines, dont toutes les autres espèces connues pratiquent leur nid à terre.

Le Goura, d’après l’énumération de la plupart de ses caractères connus, est de tous les Golombi-Gallines celui qui par sa forme extérieure ressemble le plus aux Gallinacés-, tandis que, par ses mœurs, il a bien plus de rapport avec les Pigeons que toutes les autres espèces qui composent cette section.

Cet oiseau, quoiqu’ayant été souvent apporté vivant en Hollande par les vaisseaux de la Compagnie des Indes, s’accoutume difficilement à la température humide de notre climat } il exige beaucoup de soins , et ne sauroit endurer le froid. L’Impératrice en a deux vivants, à la Malmaison, qui paroissent assez bien acclimatés. Je doute qu’on puisse jamais réussir à le rendre utile à nos basse-cours, où on est cependant parvenu à faire propager

DES COLOMBI-GALLINES.

les diverses espèces de Hoccos, de Pénélopes et de Faisans, ainsi que plusieurs Colombes exotiques.

Sonnerat, qui a vu ces oiseaux à la Nouvelle-Guinée, ne nous donne aucun détail particulier sur leur manière de vivre; il se contente de dire qu’ils n’habitent point l’ile de Banda, mais qu’ils ne se trouvent et ne se multiplient qu’à la Nouvelle-Guinée. Cette assertion est fausse, puisque ces oiseaux se trouvent non seulement à la Nouvelle -Guinée, mais aussi dans un grand nombre d’iles de F Archipel des Moluques. Labillardière en a trouvé dans celle de Waygiou; le capitaine Forrest à Tomogui, où les naturels du pays les nomment Mu tu tu; ils habitent aussi les îles des Papous, où on leur donne le nom de Manipi. Banda est la seule île où les Hollandais vont prendre ces oiseaux pour en peupler les ménageries de Java, où ils sont très communs. Les colons de cette île nomment le Goura Kroonvogel, ce qui signifie oiseau couronné.

Dans l’état de domesticité, on peut nourrir cet oiseau de maïs, dont il est très friand; il mange aussi de petites fèves de marais et de petits pois secs; il fait entendre fréquemment un bruit sourd, produit par la colonne d’air qui s’échappe de sa poitrine, espèce de beuglement ventriloque qui paroît lui être commun avec le dindon, lequel fait un bruit à peu près semblable. Je n’ai jamais été à même d’examiner la trachée artère du Goura, laquelle doit influer beaucoup sur la manière dont ce son est produit, et j’ai tout lieu de croire que cet organe a beaucoup d'affinité avec celui des Hoccos et des Pénélopes, dont nous ferons connaître les différences qui, dans ces animaux, caractérisent les diverses formes de l’organe de la voix.

La longueur totale du Colombi-FIocco , prise depuis le bout du bec à l’extrémité de la queue, est de deux pieds trois pouces; le bec a deux pouces, le tarse trois pouces neufs lignes; les ailes ne dépassent pas l’origine de la queue qui est arrondie. La huppe, ou l’espèce de crête qui orne la tête de cet animal, est composée d’une infinité de baguettes très minces, munies de barbes soyeuses et désunies. Cette crête , que l’oiseau porte constamment relevée, est un ornement qui donne beaucoup de grâce à tous ses mouvements.

Le bleu couleur de plomb domine sur la majeure partie du plumage; la tête, la huppe, le cou, ainsi que toutes les parties inférieures, sont aussi de cette teinte; les petites et les moyennes couvertures des ailes, ainsi que les plumes du haut du dos sont toutes terminées d’un beau brun-marron ; les grandes couvertures sont de la même couleur à l’origine et à l’extrémité,

HISTOIRE

mais le centre de ces parties est d’un blanc pur-, ce qui produit une large bande transversale sur les ailes, lorsque celles-ci se trouvent dans l’état de repos. Les pennes des ailes et de la queue sont d’un bleu de plomb foncé-, ces. dernières sont terminées de bleu cendré-, le bec est noir et l’iris rouge-, les tarses sont couvertes d’écailles arrondies, qui ne se touchent pas-, la peau , qui isole chacune de ces écailles, est blanchâtre } les doigts, soudés à leur origine par une membrane, ont les écailles disposées de la même manière que chez les autres espèces de Pigeons.

Le format de cet Ouvrage ne permettant pas de figurer cet oiseau de grandeur naturelle, M lle Pauline de Courcelles (maintenant femme KnipJ, l’a représenté au tiers de sa grandeur.

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