DES COLOMB I-GALLINE S
C O L O M B I-GAL LINE A CÀMAIL, me.
Pi. ii.
Columba Nicobarica , Latii. Ind. orn. v. 2 ,p. 6 o 5 , sp. [\t\.
— Giiel. Syst. 1 , sp. 783 — Briss. v. 1 , p. i 53 .
Pigeon des îles Nicobar. Bujfon, éd. de Sonnini, v. 7, p. 200. — Buff. pl. enl. 491. Nicobar Pigeon. Latii. Syn. v. l\ ,p. 642. — Edi-v. t. 539. — Albin, v. 5 , t. 47-48.
Dans le grand ordre des Pigeons il est peu d’espèces qui, pour la richesse du plumage, puissent rivaliser avec celui dont nous faisons le sujet de cette description*, les couleurs brillantes répandues sur ce Colombi-Galline, jointes à la forme élégante des longues plumes effilées qui retombent sur les côtés du cou, lui prêtent des ornements qui récréent agréablement la vue : il charmeroit bien davantage nos yeux, si la nature avoit ajouté à ces brillantes parures, l’élégance d’une taille svelte et les mouvements légers; mais, d’ailleurs, pourvu de tous les apanages du luxe, il est loin d’avoir en partage les formes gracieuses des Colombes : son corps est ramassé, son vol est lourd, et ses mœurs ont plus de rapports avec ceux que nous remarquons dans les oiseaux gallinacés; il se tient de préférence à terre, court avec une grande célérité, et construit son nid comme les perdrix. Les longues plumes effilées qui prennent leur origine sur la partie postérieure du cou semblent rapprocher cet oiseau de la famille des Coqs.
Les auteurs qui ont décrit et figuré cet oiseau lui donnent le nom de Pigeon de Nicobar ou Nicombar : nous avons changé cette dénomination défectueuse, vu que plus de dix espèces de Pigeons habitent dans cette île, et les îles adjacentes où le Colombi-Galline à camail se trouve de même qu’à celle de Nicobar. En général les noms de pays quelconques sont sujets à induire en erreur; les ornithologistes doivent éviter, autant que possible, de les donner aux oiseaux, parce qu’il est assez rare que la même espèce ne se trouve pas répandue dans plusieurs contrées, qui sont quelquefois très éloignées les unes des autres.
Dans le Buffon de Sonnini, M. Yirey relève une erreur du voyageur Makinstosh (a) par une autre erreur non moins ridicule. Le voyageur cité
;Vl Makinstosh, Voyage en Europe , en Asie et en Afrique , t. x , lett. & , p. 390.
imagine assez mal à propos que le Colombi-Galline à camail esi un rejeton du Pigeon sauvage et du Perroquet, sur quoi M. Virey ajoute que cette supposition est fausse, et qu’elle prouve seulement que cet oiseau a beaucoup d’analogie avec les Perroquets } j’ignore comment M. Virey réussiroit à prouver ce rapport.
Albin donne deux mauvaises figures de son Pigeon de Vicobar, l’une comme le mâle et l’autre comme la femelle de l’espèce, tandis qu’en effet l’auteur n’a représenté que deux femelles 5 je ne cite, au reste, ces planches défectueuses que par rapport à cette erreur. Buffon et Edwards donnent aussi des figures imparfaites de la femelle de cette espèce } mais aucun auteur n’a encore représenté un individu mâle : celui-ci se distingue de la femelle par une petite membrane ou espèce de crête charnue , qui s’élève sur la base de la mandibule du bec, à environ la hauteur de deux lignes-, la femelle, dont les couleurs sont moins vives que celles du mâle, n’a pas cette espèce de crête arrondie.
Le Colombi-Galline à camail est à peu près de la taille du Ramier-, sa longueur totale est de quatorze pouces et demi} son bec, peu renflé vers le bout, a un pouce neuf lignes-, la queue est très courte et peu étagée-, les ailes pliées atteignent à son extrémité-, les longues plumes du cou qui forment le camail ont l’extrémité de leurs barbes désunies et soyeuses comme dans les Coqs. La couleur du plumage est, en général, d’un beau vert-foncé changeant en bleu-purpurin et en cuivre de rosette - , les grandes pennes des ailes sont d’un noir-bleuâtre, à légers reflets de vert-doré} la queue est d’un blanc pur, le bec noir et l’iris de couleur noisette-, l’œil est entouré d une espace nue d’un brun-terne} le tarse couvert d’écailles exagones est d’un bleu-noirâtre ainsi que les doigts-, les ongles sont jaunes.
J’ai vu vivants plusieurs oiseaux de cette espèce. M. Amershof en avoit, il y a quelques années, rassemblé seize individus dans sa belle ménagerie. Ces Pigeons ne se perchent que pour passer la nuit, encore doit-on avoir soin de placer les juchoirs qui leur sont destinés à un pied, ou tout au plusàdeux pieds de terre} ils font entendre un roucoulement sourd, qui n’est pas à beaucoup près aussi agréable que celui de nos Colombes-Ramiers} ce sont, du reste, des animaux stupides, fort tranquilles , dont le naturel peu farouche est susceptible d’être cultivé en domesticité. Ils deviendroient un ornement brillant dans nos volières, si on pouvoit parvenir à les faire propagerdans nos contrées; mais jusqu’ici nous n’avons point d’exemple que ces beaux oiseaux aient produit hors de leur pays natal-, j’ai néanmoins lieu de croire qu’avec les