‹ Les pigeonsChapitre 15 sur 45 · COLOMBE A GORGE POURPRÉE · texte numérisé non relu

COLOMBE A GORGE POURPRÉE

Pi. XVII.

Columba viridis. — Linn.

Tourterelle verte d'Amboine. — Brisson.

Tourterelle à gorge pourprée d’Amboine. — Buffon.

Indiquée par Brisson sous le nom de Tourterelle verte d’Amboine, par Linnée, sous celui de Columba viridis , et par BufFon, sous celui de Tourterelle à gorge pourprée d’ Amboine , la Colombe à gorge pourprée est une des espèces exotiques du genre colombe le plus anciennement connues. Cependant elle est encore aujourd’hui extrêmement rare dans les collections ornithologiques. Nous n’en conclurons pas qu’elle est peu abondante dans les lieux qu’elle habite. L’idée de rareté est essentiellement relative. Il est des espèces véritablement rares : ce sont celles qui vivent solitaires, et pour lesquelles cette rareté est une condition nécessaire d’existence. Mais pour celles qui trouvent une nourriture facile et abondante, elles sont toujours nombreuses, et la rareté de quelques-unes d’entre elles ne peut être qu’accidentelle. Nous pensons qu’il en est ainsi à l’égard de la Colombe à gorge pourprée, et que si elle est encore peu répandue, cela tient seulement à des circonstances de temps et de lieu; par exemple, à ce que, particulière à quelque contrée ignorée des naturalistes, elle n’est connue que par quelques individus isolés et comme égarés dans les contrées voisines.

On a déjà remarqué que le nom latin conservé à cette espèce a le double défaut de n’exprimer qu’un caractère commun à un grand nombre d’autres Colombes, et de n’être pas en rapport avec le nom français beaucoup plus caractéristique que lui a donné Buffon. Cette insuffisance et ce désaccord sont un résultat ordinaire de la marche du temps et de la découverte de nouvelles espèces. L’épithète de viridis n’est que la reproduction du premier nom donné à celle-ci par Brisson, nom que Buffon a corrigé, avec juste raison sans

HISTOIRE

doute , mais qui avait dû paraître très-convenable à une époque où une Tourterelle verte était presque une exception; et nous pensons qu’il y aurait moins d’avantage à lui donner aujourd’hui un nouveau nom latin plus exact, que d’inconvénient à supprimer celui sous lequel elle est citée par Linnée, par Latham et par Temminck, et qui est, pour ainsi dire, un élément de son histoire.

La Colombe à gorge pourprée appartient au groupe des Ptinilopes. Elle est de la taille de la Colombe Kurukuru , avec laquelle elle a beaucoup de rapports de forme et de coloration. La partie antérieure de la tête est, en dessus et en dessous, d’un gris cendré clair. Le même gris reparaît à la naissance des petites couvertures des ailes, où il forme une sorte d’épaulette, et à l’extrémité des recouvrements des pennes secondaires. Une large tache d’un rouge pourpre, principal caractère de l’espèce, occupe toute la gorge et la partie supérieure de la poitrine. Tout le reste du corps est, dans son ensemble, d’un vert à reflets roussâtres et cuivrés qui prend la couleur de l’émeraude sur les rémiges et sur les pennes de la queue. Celles-ci offrent à leur extrémité une tache grise lisérée extérieurement de jaune. Les pennes secondaires ainsi que les grandes couvertures des ailes portent également à leur bord externe un liséré d’un jaune vif. Les plumes anales sont d’un jaune clair, et marquées à leur côté interne de taches allongées d’un vert opaque. Les ailes sont courtes et arrondies. La troisième et la quatrième rémiges sont égales et les plus longues. La queue, composée de quatorze pennes égales, est courte et ne dépasse les ailes que de la moitié de sa longueur. Le bec et les pieds sont jaunes. Ceux-ci sont empennés presque jusqu’à la naissance des doigts.

La Colombe à gorge pourprée a été trouvée à Amboine et à Bourou. Elle appartient donc, comme toutes les espèces du groupe des Ptinilopes, au grand archipel de l’Inde et de la Malaisie.

DES COLOMBES

Page 1