‹ Les pigeonsChapitre 17 sur 45 · COLOMBE A DOUBLE HUPPE · texte numérisé non relu

COLOMBE A DOUBLE HUPPE

Pt. XIX.

Coltmibîi dilophus, — Ternrn.

Le caractère remarquable auquel cette singulière espèce doit son nom est une huppe véritablement double, formée par la réunion de deux huppes distinctes, l’une frontale , l’autre occipitale, différentes entre elles de forme et de couleur. La première, qui prend naissance entre les narines, à l’origine du bec, et s’étend, en s’élargissant, jusqu’aux yeux, se compose de plumes d’un gris ardoisé, étagées, courbées en arrière et s’appuyant sur la seconde huppe. Celleci, qui occupe tout le dessus de la tête et se prolonge jusqu’à l’extrémité de l’occiput, est formée de plumes longues et flexibles, à barbules déliées et. divergentes , dont les antérieures et les médianes, colorées d’un roux marron vif, recourbent en avant leurs sommets les plus élevés, tandis que les dernières, d’un brun foncé passant au noir, s’inclinent graduellement en arrière.

Les plumes de la poitrine présentent aussi une disposition particulière; chacune d’elles offre deux échancrures latérales formées par f écartement des barbules.

Enfin , l’espèce est encore caractérisée par la force et la forme de la mandibule inférieure, qui est plus haute et plus épaisse que chez les autres pigeons, se courbe brusquement en bas à sa partie postérieure, et présente, vers cette partie, un tubercule renflé, en contact avec celui qui enveloppe les narines et la naissance de la mandibule supérieure.

C’est à la Colombe Pinon que la Colombe à double huppe ressemble le plus pour la taille (elle est représentée comme elle aux deux tiers de sa grandeur) et pour la disposition des couleurs. M. Temminck la compare ainsi , quant à la taille, à la Colombe Spadicée. La couleur générale de son plumage est un gris cendré qui prend une teinte plus foncée et presque ardoisée sur le dos, les ailes et les couvertures supérieures de la queue. Les pennes des ailes sont

HISTOIRE

d’un noir foncé. La queue, composée de douze rectrices égales , est très-longue et très-développée. Elle est à sa base d’un gris foncé et dans sa dernière moitié du même noir que les pennes des ailes. De même que dans plusieurs autres grandes espèces, cette partie de la queue est traversée par une bande, de largeur moyenne, d’un gris teinté de roux. Le bec est d’une couleur orange très-foncée. Cette couleur est aussi celle de la paupière; l’iris est rouge. Les tarses sont courts et empennés jusqu’à la moitié de leur longueur. Les pieds sont d’un rouge cerise; les ongles, aigus et arqués, sont noirs.

La Colombe à double huppe vient de l’intérieur de la Nouvelle-Hollande. En indiquant cet habitat nous ne pouvons nous empêcher de considérer de nouveau les caractères bizarres et l’étrange aspect de l’oiseau que nous venons d’essayer de décrire, et de nous rappeler les réflexions que nous a récemment suggérées l’examen d’une autre espèce du même pays.

DES COLOMBES

COLOMBE DUSSUMIER.

Pl. XX.

Columba Dtissumieri. — Temm.

Cette espèce est comparable pour la taille avec les individus les plus grands de la Tourterelle d’Europe, mais elle en diffère en ce que, comme presque tontes les Tourterelles d’Asie et d’Afrique, elle n’offre que des teintes unies. Le collier qui caractérise ordinairement le petit groupe des Tourterelles est placé chez celle-ci sur la nuque , comme celui de la Colombe Denise, mais il est moins nettement tranché et se compose déplumés écailleuses et comme gaufrées. M. Temminck fait en outre remarquer avec raison que ces plumes ont une teinte métallique, tandis que chez les autres espèces à collier les plumes qui forment cet ornement sont ordinairement unicolores et sans éclat.

La Colombe Dussumier a le dessus et les côtés de la tête d’une couleur cendrée qui, en descendant sur le cou, se fond en une teinte vineuse. Cette dernière occupe toute la poitrine et se dégrade ensuite insensiblement , en passant par une teinte isabelle, jusqu’au blanc pur qui revêt la partie inférieure du ventre et les couvertures inférieures de la queue. Les plumes qui composent le collier cervical sont d’un gris noir et terminées par un gris plus clair à reflets verts. Les ailes, de moyenne longueur, ont leurs rémiges d’un brun glacé de gris et leurs moyennes et leurs petites couvertures d’un gris cendré ardoisé. Tout le dessus du corps est d’un brun jaune assez clair, ainsi que les scapulaires et les quatre pennes médianes de la queue. Celle-ci, composée de douze rectrices, dont les quatre latérales sont, dans la plus grande partie de leur longueur, d’un brun presque noir, et d’un gris cendré à leur extrémité, est légèrement arrondie. La première penne latérale, sensiblement plus courte que les autres, a son côté externe entièrement blanc. Le bec est d’une couleur brune. L’œil est d’un rouge orangé. Les pieds, dont le tarse est assez allongé, sont rougeâtres.

HISTOIRE

C’est à M. Dussumier, dont les nombreux voyages dans les mers de l’Inde ont enrichi le Muséum d’histoire naturelle de Paris de tant d’objets précieux, qu’est due la découverte de cetle espèce. Elle habite l’ile Luçon, et paraît y être abondante.

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