COLOMBE PERLÉE
Pi. XXI.
Columba perlata. — Ternm.
-La Colombe perlée, bien qu’elle appartienne évidemment par ses principaux caractères au groupe des Ptilinopes, en présente cependant quelques-uns qui la rapprochent d’un autre groupe, bien voisin, il est vrai, de celui-ci, le sous-genre des Colombars. Il est dans presque tous les genres d’animaux des espèces qui, par la réunion de caractères attribués à des divisions diverses de la série animale, semblent, suivant le point de vue sous lequel on considère ces rapports, ou servir de liaison entre les groupes, les genres, les familles même, ou accuser l’insuffisance et l’incertitude de nos méthodes de classification. Sans prétendre justifier entièrement ces méthodes, sans lesquelles d’ailleurs, quelle que puisse être leur imperfection , l’étude de l’histoire naturelle deviendrait impossible, nous croyons pouvoir faire remarquer quen général les espèces dont il s’agit ne sont pas véritablement mixtes, et qu’il est toujours facile de distinguer les caractères dominants qui les placent dans tel ou tel groupe, dans tel ou tel genre, de cei}x que nous appellerons accidentels , qui semblent les en éloigner. Tel nous paraît être le cas à l’égard de la Colombe perlée. Sans doute la force de ses pattes et surtout le renflement corné que porte l’extrémité de son bec sont de véritables rapports avec les Colombars; mais la brièveté de sa queue, la forme de ses ailes, et, caractères plus généraux, plus essentiels, plus décisifs, la nature et la coloration de son plumage , la rapprochent bien plus des Ptilinopes.
En effet, tout le dessus de son corps, de ses ailes et de sa queue offre cette belle couleur verte à éclat soyeux, à reflets métalliques plus ou moins brillants , qui se retrouve chez toutes les espèces de ce groupe et qui Je caractérise mieux, suivant nous, que l’empennure des tarses à laquelle il doit son nom. Le dessus et les côtés de la tête sont d’un vert inclinant beaucoup au jaune. La gorge est d’un gris très-doux qui , presque blanc sous la mandibule, augmente d’intensité en se prolongeant sur les côtés du cou et s’unit
HISTOIRE
à un demi-collier postérieur d’un bleu ardoisé placé à la partie inférieure de la nuque. Un large plastron d’un roux doré occupe la poitrine. Tout le reste du dessous du corps est d’un vert jaunâtre se rapprochant beaucoup de la couleur de la tête. Les ailes portent à leur partie supérieure, sur les plumes qui forment leurs couvertures intermédiaires, plusieurs rangées de petites taches de forme allongée , d’un rose de laque très-vif, ornement très-remarquable et très-bien choisi pour distinguer cette belle espèce. La queue courte et légèrement arrondie est, en dessous, d’un gris glacé de blanc, surtout à l’extrémité des pennes. Ses couvertures inférieures sont jaunes et portent quelques taches allongées d’un vert opaque.
Le bec est long, fort et corné à son extrémité. Les yeux et les pieds sont rouges.
La Colombe perlée vient de la Nouvelle-Guinée. Ce sont MM. Macklot et Muller, naturalistes envoyés par le gouvernement des Pays-Bas, qui Font trouvée les premiers. Elle a été apportée depuis par l’expédition de la Coquille. C’est de cette expédition que provient le bel individu qui existe dans la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris et qui a servi de modèle à la figure que nous donnons.
DES COLOMBES
COLOMBE BOLIVIENNE.