‹ Les pigeonsChapitre 20 sur 45 · COLOMBE ROUSSEAU · texte numérisé non relu

COLOMBE ROUSSEAU

Pi. XXII I.

Columba xanthura. — Cuv.

Les auteurs de la partie zoologique du Voyage de la corvette l'Uranie, MM. Quoy et Gaimard, ont décrit et figuré cette Colombe trouvée par eux à l’ile Guam , une des Mariannes, comme une espèce nouvelle, sous le nom de Colombe Pampusan. Antérieurement, M. Cuvier Pavait caractérisée, dans la détermination des espèces de la collection ornithologique du Muséum d’histoire naturelle de Paris , par Pépithète de Xanthura. Enfin, dans le même temps, M. Temminck Pa publiée dans ses planches coloriées faisant suite à celles de Bufion , sous le nom de Colombe Rousseau. Nous avons dû, d’après ces autorités, la reproduire dans un recueil destiné à comprendre toutes les espèces du genre Colombe; mais nous avouons que nous sommes disposé à la considérer non comme une espèce distincte, mais comme le jeune âge dune espèce du même pays, très-anciennement connue, la Colombe érythroptère de Latham , figurée dans la planche LV de la première partie de cet ouvrage. Nous fondons cette opinion sur l’identité de formes et de proportions qui existe entre les deux oiseaux , identité que leur simple rapprochement suffit pour rendre évidente , et sur des rapports de coloration moins apparents sans doute, mais qu’il nous semble facile d’apercevoir et que nous allons essayer d’établir.

La Colombe Rousseau est tout entière d’un roux fauve très-vif et particulièrement remarquable sur les pennes de la queue, ainsi que l’indique l’épithète de Xanthura, presque égal et sans éclat sur toutes les parties inférieures, et plus ou moins nuancé, sur le dos et les ailes, de brun rougeâtre à légers reflets verts et violets. Sans doute la Colombe érythroptère avec son plumage d’un brun violet à reflets éclatants , presque noir dans quelques parties, presque rouge sur les ailes, avec sa poitrine d’un blanc pur à peine nuancé de roux, parait au premier aspect fort différente; cependant ces reflets si vils se retrouvent dans ceux de la Colombe Rousseau, bien plus

HISTOIRE

faibles il est vrai, mais disposés absolument de la même manière, les reflets verts sur le dos , les reflets violets sur les ailes , et il nous semble facile de retrouver aussi sa couleur rousse nuancée de brun rouge, dans ce brun tantôt rouge, tantôt violacé qui, chez l’érythroptère , est le fond de la couleur des mêmes parties et qui, plus sombre et plus foncé, revêt aussi tout le dessous du corps. Enfin, dans cette dernière espèce ce roux fauve existe presque identique à la partie supérieure de la tête et du cou , et nous le suivons jusque dans les nuances légères du large plastron blanc qui occupe toute la poitrine.

A l’égard de ce plastron, fùt-il entièrement blanc, il ne fournirait pas une objection contre l’opinion que nous émettons ; car on rencontre chez un grand nombre d’oiseaux des parties blanches plus ou moins étendues qui ne se montrent que dans l’adulte et dont il serait impossible de trouver la moindre trace dans le jeune, souvent même à sa seconde année. Or, il y a d’autant plus lieu de penser qu’il en est ainsi pour la Colombe érythroptère, que non-seulement ce plastron n’est pas toujours entièrement blanc, bien que nous pensions qu’il doive l’être chez les individus très-adultes, mais encore que quelquefois , ainsi que l’a observé M. Temminck, il n’existe pas du tout. «J’ai vu, dit-il, « des individus (ceux-ci paraissent des variétés de l’espèce) qui n’avaient point « de blanc sur la gorge et sur la poitrine. »

La queue offre encore, dans les deux oiseaux que nous comparons, un dernier point de ressemblance. Chez tous les deux elle est traversée très-près de son extrémité par une bande d’un brun noir, qui, assez marquée sur les pennes latérales, s’efface presque entièrement sur les médianes.

Nous ajouterons en terminant qu’il suffit de jeter un coup d’œil sur les deux individus de la Colombe Rousseau qui existent dans la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris, les seuls sur lesquels l’espèce est établie, pour reconnaître en eux tous les caractères de très-jeunes oiseaux.

Ce n’est point sans quelque hésitation que nous nous sommes déterminé à proposer cette rectification; mais nous avons été décidé par la réflexion que ce serait manquer le but d’un ouvrage tel que celui auquel nous concourons, qui a pour objet spécial de faire connaître aussi complètement qu’il est possible une seule famille d’oiseaux et dans lequel la comparaison a lieu entre un nombre d’espèces très-limité , que d’y reproduire sciemment les erreurs qui ont pu échapper aux auteurs d’ouvrages généraux qui embrassent un si grand nombre d’êtres et de caractères divers, et que c’est dans une monographie que des rectifications du genre de celle que nous proposons sont à la fois le plus faciles et le plus convenablement placées.

DES COLOMBES

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