COLOMBE OCÉANIQUE
Pl. XXI v.
Columba oceaniea. — Lesson.
Si la Colombe océanique n’était pas remarquablement moins grande que la Colombe muscadivore , il est probable que ces deux espèces auraient été d’abord confondues en une seule, tant il y a d’ailleurs de ressemblance entre elles. Cette ressemblance n’est cependant pas telle qu’elle le paraît au premier abord. Elle est presque complète à l’égard de la coloration , puisque l’on ne peut guère trouver de différence que dans la teinte un peu plus foncée, chez l’Océanique, delà couleur du dos, et dans l’extension, chez la même espèce, à la partie inférieure du ventre, de la couleur de rouille limitée chez la Colombe muscadivore aux couvertures inférieures de la queue; mais il n’en est pas de même à l’égard des proportions, et l’on peut facilement reconnaître que la première a les ailes véritablement beaucoup plus longues que la seconde, non-seulement relativement à sa taille, mais même d’une manière absolue.
La Colombe océanique a le dessus du cou d’un gris ardoisé qui s’adoucit et se fond en une teinte presque blanche sur le front, les joues et la gorge. Le dos, le dessus des ailes et les pennes de la queue sont d'un vert de bronze, brillant quoique très-foncé, passant au brun noir sur les pennes. La poitrine et la partie supérieure du ventre sont d’un gris cendré très-doux. Une teinte de rouille, qui commence à se montrer dans les nuances de ce gris, s’étend, en augmentant d’intensité, sur le reste du ventre, sur les couvertures des cuisses et sur celles inférieures de la queue. Celle-ci est, en dessous, d’un vert olivâtre légèrement teinté de roux. Le bec est noir. Il est, chez le mâle, surmonté à sa base d’un tubercule érectile charnu qui se développe à l’époque de l’accouplement. Les yeux et les pieds sont d’un rouge orangé vif. Les tarses sont empennés presque jusqu’à la naissance des doigts.
Cette belle espèce a été trouvée par les naturalistes de l’expédition de la Coquille, MM. Lesson et Carnot (qui en ont enrichi le Muséum d’histoire natu-
HISTOIRE
relie de Paris), à Oualan , l’une des îles de l’archipel des Carolines, dans laquelle elle est très-abondante et dont les naturels la nomment Moulouesse ou Mouleux. Wilson l’indique comme existant aux îles Pelew , et M. Lesson pense que c’est elle qui a été vue par Forster dans l’île de Tanna , une des nouvelles Hébrides.
La Colombe océanique , dit M. Lesson, ne mange point de muscades; elle vit d’une baie fort abondante dans les bois touffus de file d’Oualan , et n’est jamais, ajoute-t-il, inquiétée par les naturels.
DES COLOMBES