‹ Les pigeonsChapitre 38 sur 45 · COLOMBE MOINE · texte numérisé non relu

COLOMBE MOINE

Pt. LUI.

Columba monacha. — Reinw.

JNous retrouvons dans cette jolie petite espèce les formes et la coloration générale de celles qui composent le groupe des Ptilinopes auquel elle appartient.

Comme dans la plupart de ces espèces, le vert est la couleur dominante de son plumage'; d’une teinte émeraude et d’un aspect soyeux sur toutes les parties supérieures, depuis l’occiput jusqu’à l’extrémité des pennes de la queue, il se dégrade sur les côtés de la tète et sur la poitrine, et plus encore sur le ventre et les flancs, et se perd dans le jaune vif qui revêt la partie inférieure de 1 abdomen, les couvertures des cuisses et celles inférieures de la queue. La tête se distingue par une belle couleur d’azur qui occupe toute sa partie supérieure , le front et les côtés du bec. La même couleur forme encore une tache brillante à la région thorachique , au milieu même du dessous du corps. Un jaune un peu plus doux que celui de l’abdomen revêt le dessous de la mandibule inférieure et la gorge, et borde d’une bande étroite l’azur du front et de l’occiput.

Les pennes des ailes sont également bordées d’un liséré jaune très-fin; les rémiges, dont la première, plus courte que les autres, est rétrécie à son extrémité, se nuancent d un brun foncé à leur coté interne; les unes et les autres sont en dessous d un gris cendré. La queue est fort courte; chacune de ses pennes, à l’exception des médianes, porte, à peu de distance de son extrémité, une tache d un bleu foncé qui n’est complètement apparente que lorsqu’elles sont étalées. En dessous, la queue est, à sa partie moyenne, d’un gris assez intense et se termine par une bande plus claire. Les pieds sont empennés jusqu’à l’origine des doigts. Leur partie nue est rouge.

Les ongles sont , ainsi que le bec, d’un noir de corne. L’iris est jaune.

102 HISTOIRE

La Colombe Moine se trouve cà file Célèbe ; elle est encore fort rare, et n’existe pas au Muséum de Paris. L’individu d’après lequel nous l’avons représentée , et dont nous devons la communication ci l’obligeance de M. Temminek, appartient au Muséum royal des Pays-Bas.

COLOMBE HYOGASTRE.

p L . Lir.

Coluniba Hyogastra. — Reinw.

Un peu plus grande que l’espèce précédente, celle-ci s’en rapproche beaucoup sous tous les autres rapports. Elle est revêtue presque en entier et dans les mêmes parties de la même couleur verte, seulement un peu moins brillante peut-être sur les parties supérieures, et plus intense, au contraire, sur la poitrine et les flancs. Elle a de même l’abdomen et les couvertures anales d un jaune vif. La tête, également distinguée par une couleur tranchée, est d’un gris cendré, légèrement bleuâtre, qui s'arrête à l’occiput et à la naissance du cou. Quelques-unes des grandes couvertures des ailes portent une large tache d un gris semblable ci celui qui couvre la tête. Les pennes sont, encore comme dans la Colombe Moine, très-légèrement bordées de jaune clair. LTne large tache de pourpre, caractère distinctif de l’espèce, occupe le milieu du ventre. Le dessous des ailes est d’un gris très-foncé. Les pennes latérales de la queue portent à leur extrémité, au coté interne, une tache de gris cendré. En dessous, elles sont d un gris brun dans la plus grande partie de leur longueur et d’un gris clair à leur extrémité.

Les pieds sont bleus. Le bec est noirâtre à sa base, et jaune à sa partie cornée.

Comme la Colombe Moine, la Colombe Hyogastre a été trouvée par les voyageurs hollandais dans file Célèbe, et n’existe encore que dans le Musée royal de Leyde.

HISTOIRE

COLOMBI-GALLINE A BRIDE.

Pc. U.

Columbi-Gallina linearis. — Mi/ii.

C’est dans l’Amérique centrale, dans la province de Santa-Fé de Bogota, pays encore bien peu connu des naturalistes, et qui, depuis quelques années, a fourni à l’ornithologie d’abondantes richesses , que vient d’être découverte la nouvelle espèce que nous décrivons.

Le caractère spécial qu’indique le nom qui lui a été donné, consiste en une ligne noire placée obliquement de chaque côté du cou et qui figure ainsi une sorte de bride, particularité peu importante, sans doute, mais apparente et distincte, et de quelque valeur par ce double motif, dans la comparaison d’espèces dont le plumage est peu accidenté et que rapprochent tant de ressemblances.

La Colombi-Galline à bride a beaucoup de rapports avec la Colombi-Galline à front gris, qui appartient aussi à l'Amérique méridionale. Elle en diffère, indépendamment du caractère que nous venons d’indiquer, par la taille, qui est de beaucoup supérieure à celle de toutes les autres espèces américaines, et par la forme et l’étendue de ses ailes. Mais un caractère plus important que présente cette espèce et que l’examen rend fort remarquable à la fois sous le rapport physiologique et. sous celui de la classification, consiste dans la disposition et la nature des plumes de la partie inférieure du corps. Ces plumes perdent entièrement le caractère de celles des Pigeons pour prendre la structure, les nuances variées et jusqu’à la jaspure de celles des Gallinacés, et particulièrement des Tina mous , genre qui, dans notre opinion, doit, à la suite des Pigeons, se placer en tête de cet ordre. La ressemblance est telle que si on n’avait sous les yeux que cette partie de l’oiseau, on n’hésiterait certainement pas à décider qu’elle appartient à un Gallinacé.

Les formes de cette Colombi-Galline sont en rapport avec cette disposition particulière de son plumage et la rapprochent également des Gallinacés. Comme

DES COLOMBES

eux, elle a la queue courte et les ailes amples et arrondies à leur extrémité. Elle a aussi les pieds remarquablement grands et robustes.

Sa couleur dominante, livrée presque générale des Colombi-Gallines américaines, est un brun marron qui couvre les parties supérieures depuis la nuque jusqu’à l’extrémité de la queue. Un reflet violet pourpré se montre aussi sur toute cette partie et se fait remarquer sur le dos par son intensité. Le front est d’une couleur rousse assez vive, qui devient plus foncée sur la tète, et se perd ensuite dans une teinte d’un gris cendré ardoisé qui couvre toute la nuque. La gorge ainsi que les joues sont d’un blanc pur; c’est sur ce blanc que se dessine la bride ou plutôt la ligne dont nous avons parlé, qui commence au-dessous de la mandibule inférieure et va se terminer en arrière et au-dessous de l’oreille. Il se nuance insensiblement en descendant vers la poitrine de gris pâle légèrement mêlé de roux. Cette dernière couleur surtout se prononce davantage sur le ventre, et devient assez vive sur les flancs et sur les couvertures inférieures de la queue; elle pâlit cependant vers le milieu de l’abdomen. Ces diverses nuances, qui revêtent ainsi tout le dessous du corps, sont jaspées de gris noirâtre très-léger, ce qui ne se rencontre pas chez les Pigeons, et se voit presque constamment chez les Gallinacés.

La queue est en dessous d’un gris foncé. Le bec est noir. Les pieds sont rougeâtres.

HISTOIRE DES COLOMBES

COLOMBE MULLERIÈNE.

Pc. LVI.

Columba Muilerii — Te/nm.

La Colombe Mulleriène est à peu près de la taille du Pigeon ramier d’Europe. Elle appartient au groupe des Muscadivores.

fout le dessus de la tète, depuis la nuque jusqu’à l’origine du bec, est d’une couleur pourpre vineuse, mais dont la teinte est très-pàle, et qui quelquefois même, sous certaines inflexions de la lumière, paraît tout à fait rose. La gorge et les côtés de la tête sont d’un blanc légèrement cendré qui encadre également l’occiput. Un large collier d’un beau noir entoure le cou et se détache sensiblement sur le blanc de la eoree.

Le dessus du corps, depuis la nuque jusqu’à la naissance des ailes, est vivement coloré par un beau ton grenat foncé. Le dos, le dessus des ailes et de la queue, sont d’un gris cendré; tout le dessous du corps est entièrement couvert par une couleur purpurine.

La queue, assez longue et composée de pennes égales, est traversée vers la moitié de sa longueur par une large bande d’un gris blanchâtre.

Le bec est tout à fait noir. Les pieds sont d’un beau rouge vif.

Cette belle et grande espèce de Colombe a été trouvée sur les bords de la rivière Dourga, à la Nouvelle-Guinée, et rapportée au Musée royal des Pays-Bas par M. Muller, naturaliste voyageur, auquel M. Temminck l’a dédiée.

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