COLOMBE DE SANTA-CRUZ
Pt, XL VIII.
Coltiiuba Cruziaiia. — D’ Orbigny,
Cette jolie petite espèce, due au voyage de M. d’Orbigny, est très-voisine de la Colombe Picuï, pour la taille, les teintes générales du plumage, et la disposition des plumes de couleur métallique qui ornent le dessus des ailes; mais elle en diffère principalement en ce qu’elle 11’a point de blanc sur les grandes couvertures des ailes ni sur les pennes latérales de la queue.
Sa couleur générale est, de même que celle de toutes les petites espèces américaines, une teinte isabelle plus ou moins vineuse suivant les âges et surtout suivant les localités. Cette couleur occupe particulièrement le dessous du corps en prenant une teinte rousse vers les parties inférieures, tandis qu’elle se mélange de brun clair sur le dos, le dessus des ailes et des pennes médianes de la queue. La tête est d’un gris cendré foncé en dessus, pâlissant presque jusqu’au blanc sous la gorge, et dont les diverses nuances se fondent avec les teintes isabelle du reste du corps. Une ligue d'un brun rouge très-vif, caractère particulier de cette espèce, s’étend sur les petites couvertures des ailes à peu près parallèlement au bras. Plusieurs taches d’un violet très-foncé, à reflets métalliques, sont placées sur les parties latérales des pennes cubitales. Les couvertures inférieures des ailes sont noires. Les rémiges ainsi que les pennes latérales de la queue sont d’un gris très-foncé à leur naissance et d’un brun presque noir dans le reste de leur longueur. Les deux médianes seules sont, ainsi que nous l’avons dit, de la même couleur que le dessus du corps. La queue, composée de 12 pennes, est très-légèrement arrondie.
La première moitié du bec est d’un jaune vif; celle antérieure est d’un noir luisant; l’oeil est rougeâtre. Les pieds sont d’un jaune verdâtre.
La femelle est semblable au mâle. Les jeunes ont des teintes généralement plus pâles, et n’ont point de taches métalliques sur les ailes.
La Colombe de Santa-Cruz, comme la Colombe Picuï, habile l’intérieur de l’Amérique méridionale, et se trouve abondamment aux environs de Santa»
HISTOIRE
Cruz : mais elle doit être répandue sur une grande étendue de pays; car, indépendamment des individus provenant du voyage de M. d’Orbigny, le Muséum d’histoire naturelle de Paris en possède plusieurs rapportés de Callao et de Puma par MM. Eydoux et Gaudichaud , et d’autres parties du Pérou, par M. Fontaine.
DES COLOMBES
COLOMBAR SPHÉNURE.
Pt. XL1X.
Columba Sphenura.
L.E Colombar se rapproche beaucoup de deux autres espèces du même groupe , le Colombar Oxyura de Reiuwardt, décrit parM. Temminck, daus la suite aux planches coloriées de Bubon , et le Vinago militaris de Gould ; mais toutes trois diffèrent, d’une manière très-remarquable, par la forme de la queue. Aussi est-ce des caractères que présente cette partie, que sont tirés les noms des deux premières espèces. Terminée carrément dans le Vinago militaris, elle s’allonge au contraire en pointe chez les deux autres; mais clans FOxyura ou Colombar à queue pointue, cette pointe aiguë, formée par les deux pennes médianes, dépasse considérablement les pennes latérales qui, elles-mêmes, sont sensiblement étagées, tandis que dans le Colombar sphénure, elle est formée par la dégradation insensible de la longueur des pennes, qui donne à la partie inférieure delà queue la forme d’un coin.
Ces trois espèces habitent les mêmes contrées , l’Inde septentrionale et les îles de la Sonde, mais elles ne s’y rencontrent pas dans les mêmes localités. Ainsi le Colombar Oxyure et le Vinago militaris sont abondamment répandus dans les bois et dans les plaines, et c’est seulement dans les régions les plus élevées cle FHimalaya et dans le voisinage des pitons volcaniques des îles de la Sonde que se tient le Colombar sphénure. Il a été découvert près qu’en même temps dans la première de ces contrées par les voyageurs anglais, et sur le mont Gédée, dans File de Java, par ceux du gouvernement hollandais.
Les formes de ce Colombar sont celles des deux espèces auxquelles nous venons de le comparer, et sa coloration est à peu près la même.
La tête, le cou et la poitrine sont d’un vert légèrement jaunâtre, plus foncé sur la nuque et passant presque au jaune en descendant vers l’abdomen. Une bande d’un roux orangé traverse la partie supérieure de la poitrine quelle sépare du cou. Le dessus du corps, des ailes et de la queue est d’un vert olivâtre, dans lequel se mêlent en divers endroits quelques nuances violacées, inter-
HISTOIRE
rompu seulement à la naissance du dos par une bande grise peu apparente. Les épaules sont d’un brun rouge très-intense, plus foncé à leur partie antérieure. Les grandes pennes des ailes sont d’un brun noir pâlissant un peu à leur extrémité; celles secondaires sont légèrement bordées à leur côté externe de vert olive assez clair. Les couvertures des cuisses sont du même jaune que 1 abdomen , jaspé de vert opaque. Les flancs sont d’un vert olive grisâtre, et le dessous des ailes gris ardoisé. La queue, composée de douze pennes, est traversée très-près de son extrémité par une bande noire qui en suit la forme , et qui, très-marquée sur les pennes latérales, se dégrade et s’éteint sur celles du milieu. Ses couvertures inférieures sont d’un roux jaunâtre plus ou moins nuancé de gris à leur extrémité et à leur côté externe.
Le bec est d’un vert foncé dans la plus grande partie de sa longueur, et jaunâtre à son extrémité.
Les pieds sont rougeâtres.
La femelle n’a point la bande ou demi -collier roux orangé qui sépare la poitrine du cou. Elle est, quant au reste, semblable au mâle.
DES COLOMBES
COLOMBE LEUCONOTE.
Pl. l.
Colomba Leuconota. — Gouhl,
Les mœurs et les habitudes de la Colombe Jeuconote, de même que ses formes et sa coloration, doivent la faire ranger dans la famille des Ramiers et autres Colombes qui vivent dans les bois élevés, et la rapprochent particulièrement du Biset avec lequel elle a, à tous égards, une grande ressemblance. Elle habite les vastes forêts qui s’étendent le long des chaînes de l’Himalaya, et offre un nouvel exemple des rapports remarquables qui existent entre les espèces de cette contrée et celles de l’Europe.
La couleur dominante de cette jolie Colombe est un gris soyeux dont les dégradations et les nuances nombreuses produisent, avec la couleur blanche qui s’y allie dans plusieurs parties, un ensemble très-harmonieux. Ce gris couvre, sombre et très-intense, la tête entière, la gorge et la nuque. Légèrement mélangé à la couleur blanche qui remonte de la poitrine vers cette dernière partie, et vient se montrer à celle postérieure du cou, il s’étend nuancé de brun sur toute la partie supérieure du dos et des ailes. Sur les couvertures de celles-ci, il devient cendré bleuâtre, puis de nouveau brunâtre, puis cendré très-clair à leur partie moyenne, puis ardoisé sur les grandes pennes; enfin, il passe au noir sur les couvertures supérieures et à l’extrémité de la queue. Celle-ci est traversée, vers le milieu, par une large bande blanche, dans laquelle cependant se retrouve encore une légère nuance de gris.
Le dos est d’un blanc pur et éclatant, caractère plus ou moins marqué, mais constant, dans les diverses variétés du Biset. Le devant du cou et la partie supérieure de la poitrine sont aussi d’un beau blanc; mais à la partie inférieure de celle-ci on commence à distinguer une très-légère nuance de gris qui, de plus en plus sensible en descendant vers le ventre, devient dominante sur les couvertures inférieures de la queue. La même nuance occupe, avec la même dégradation, le dessous des ailes, k l’exception du bord externe et de l’extrémité des grandes pennes qui sont d’un gris brun foncé. La queue est,
HISTOIRE
en dessous, un peu moins foncée qu’en dessus. Les pieds sont d’un rouge vif.
La Colombe Leuconote, découverte récemment par M. Shore dans les montagnes de l’Himalaya, est encore très-rare dans les collections. Le Muséum de Paris n’en possède qu’un seul individu; c’est celui d’après lequel nous l’avons représentée.
DES COLOMBES
COLOMBE ARLEQUINE ( femelle).
Pl. LL
Columba histrionica. — Gould.
La femelle de celte espèce ne diffère remarquablement du mâle que par l’absence de cette sorte de masque noir et blanc qui couvre la partie antérieure et les côtés de la tête de celui-ci. On eu trouve cependant encore l’indication dans le gris légèrement mêlé de blanc qui occupe la gorge, dans le demi-collier blanc qui la borde inférieurement, et dans les taches blanches semi-circulai res placées auprès de l’œil et de l’oreille.
Les autres différences sont à peine sensibles au premier abord, et ne consistent guère que dans un affaiblissement général des nuances de la coloration , avec quelques modifications dans leur distribution. Ainsi, le brun fauve qui chez le mâle revêt toutes les parties supérieures, à l’exception de la tête, chez la femelle, à la fois plus pâle et plus étendu, couvre le dessus et les côtés de la tèle, et plus pâle encore toute la poitrine; tandis que le gris bleuâtre qui , chez 1 un , est la couleur de tout le dessous du corps, revêt seulement chez l autre le ventre et le bord des ailes.
La tache d un vert bronzé à reflets que porte l’extrémité des pennes secondaires, est à peu près aussi remarquable que chez le mâle ; mais celle d’un rouge brun qui occupe la partie moyenne du dessous des ailes est beaucoup moins apparente.
HISTOIRE
COLOMBE PHASIANELLE.
Pc. lii.
Columba Phasianella. — Temm.
On a longtemps confondu avec la Colombe phasianelle plusieurs autres Colombes qui habitent les archipels des Philippines, des Moluques, des Célèbes, de la Sonde et même la Nouvelle-Hollande; mais un examen p' us attentif a fait reconnaître que ces Colombes, bien que très-rapprochées de la Phasianelle proprement dite, celle que nous représentons ici, en différaient d’une manière assez sensible pour en être facilement distinguées. Telles sont principalement les Colombes tète rousse et multiraie. Ces espèces forment donc un groupe dont la Phasianelle est restée le type et auquel elle a donné son nom.
Celle-ci est d’ailleurs une espèce anciennement connue. Indiquée par Buffon et par Latham , ainsi que dans les Transactions de la Société linnéenne, sous le nom de Colombe d’Amboine , Columba amboinensis , ce n’est que dans ces dernières années quelle a été publiée par M. Temminck, dans la suite aux planches coloriées de Buffon , sous celui de Colombe phasianelle, dénomination plus distinctive et conséquemment préférable, tirée d’un caractère particulier à cette espèce dont la queue a en effet quelques rapports de forme avec celle du Faisan. C’est un oiseau à formes sveltes, et dont les ailes amples et la longue queue composée de larges pennes étagées indiquent un vol léger.
La tête, le cou, la poitrine , le ventre, les cuisses et le dessous de la queue sont d’un roux marron très-intense; la gorge seule présente un étroit espace blanc, mais encore nuancé de roux. Le dos, le dessus des ailes et celui de la queue sont d’un brun rougeâtre de plus en plus foncé à mesure qu’il descend sur les pennes des ailes et sur celles de la queue. Les plumes latérales de celle-ci portent, vers leur bord et vers le milieu de leur longueur, une tache noirâtre qui s’étend presque jusqu à leur extrémité. Sur le brun rougeâtre, couleur générale des parties supérieures de l’oiseau, se montrent à la nuque, sur le dos et à la naissance des ailes, de beaux reflets métalliques verts et pourprés.
DES COLOMBES
Le bec est brun, moins la moitié postérieure cle la mandibule inférieure qui est jaune. Les pieds sont d’un brun rougeâtre. Le tour de l’oeil est rouge.
Chez les jeunes de l’année, le dessus du cou, le dos, les ailes et la queue sont rayés transversalement de bandes noires et d’un brun rougeâtre sombre. Aux parties inférieures, des bandes noires se détachent également sur un fond roux jaunâtre. Quand l’oiseau a passé ce premier âge, les bandes noires et brunes deviennent plus larges et moins nombreuses aux parties supérieures, une couleur verdâtre, à reflets métalliques pourprés, se fait remarquer à la nuque et sur les côtés du cou, tandis que tout le dessous du corps, excepté la gorge, prend une teinte vineuse et se couvre de nombreuses bandes noires disposées en zigzag.
La Colombe phasianelle n’a été trouvée jusqu’à ce jour que dans les Moluqueset les Philippines; mais il est probable quelle est également répandue dans les autres groupes d’iles qui les avoisinent. Elle est commune dans file Luçon. Elle s’y accouple au mois de février, et à cette époque on peut presque toujours tuer le mâle et la femelle du même coup de fusil. Sa chair est noire et très-bonne à manger. M. Dussumier, à qui ces observations sont dues, a de plus confirmé ce fait qui avait été indiqué par d’autres voyageurs, que cette espèce se nourrit ordinairement d’un petit piment extrêmement fort, qui croit en abondance dans les forets , et qu’elle avale tout entier.
C est aussi par ce voyageur qu’a été donné auMuséum d’histoire naturelle de Paris l individu parfaitement adulte d’après lequel a été fait le dessin de notre planche, réduit aux deux tiers de sa grandeur naturelle.
HISTOIRE DES COLOMBES
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