COLOMBE A COLLIER ROUX
Columba humeralis. — Temm. et Laug. , pl • col. 191.
Il existe dans la famille des Pigeons plusieurs groupes composés chacun d’un petit nombre d’espèces , et réunis eux-mêmes par un caractère commun , une queue longue et étagée.
L’un de ces groupes habite particulièrement l’Amérique septentrionale. Les espèces qui le composent sont fortes, à pattes robustes, à ailes aiguës, à queue terminée en pointe ; elles ont un vol rapide, et voyagent par bandes immenses.
Un autre, appartenant à l’archipel indien, est composé d espèces à ailes moins puissantes, à queue longue et composée de plumes larges et arrondies à leur extrémité.
Un troisième comprend plusieurs petites espèces à formes délicates, répandues dans presque toutes les contrées méridionales des deux hémisphères.
La Colombe que nous décrivons est la plus grande de celles qui font partie de ce dernier groupe. Elle habite la Nouvelle-Hollande, d’où elle a été rapportée pour la première fois par M. Brown, célèbre botaniste anglais, qui en a donné un individu au cabinet de la Société Linnéenne, et un second au Musée britannique. Elle est encore très -rare, et ce n’est que depuis très-peu de temps que nous axons pu nous la procurer pour le Muséum de Paris.
IO
HISTOIRE
La Colombe à collier roux a le front, les joues, la gorge et la poitrine d’un gris bleuâtre très-clair, et tout le dessous du corps d’un blanc légèrement violacé. Les plumes qui revêtent le derrière de la tête, celles du dos et des ailes, ainsi que les deux médianes de la queue, sont d’un brun clair et se terminent toutes par une bande noire, ce qui donne à ces parties un aspect écailleux. Un large collier, d’un roux orangé, occupe la partie inférieure de la nuque jusqu’à la naissance des épaules ; toutes les plumes dont il se compose sont , comme les précédentes , terminées par une bande noire. Les rémiges sont, en dessus, d’un brun foncé; leur côté interne, seul apparent en dessous , est d’un roux très-vif, et donne ainsi cette couleur à tout le dessous des ailes. Les pennes de la queue sont d’un brun pourpré très-foncé, et ont leur extrémité blanche. Le tour des yeux, dépourvu de plumes et communiquant avec la cire, est, comme elle, d’une couleur rougeâtre. Les pattes, minces et allongées, sont d’un jaune assez vif; le bec est d’un jaune plus terne.
La femelle ne diffère point du mâle.
Longueur totale, io pouces environ.
COLOMBE REINWARDT.
Pl. Jth
Columba Reimvardtsii. — Temm. et Laug. , pl. col. 208.
Le nom donné par M. Temminck à celte belle Colombe esl celui d’un savant naturaliste hollandais qui , le premier , l’a rapportée d’un voyage entrepris par ordre du gouvernement des Pays-Bas, dans l’Inde et l’archipel indien. C’est dans File Célèbes que M. Reinwardt a trouvé cette espèce ; deux autres voyageurs hollandais, MM. Macklot et Muller, Font également rencontrée dans celle d’Amboine, et MM. Quoy et Gaymard, naturalistes de l’expédition de X Astrolabe , en ont rapporté plusieurs individus de la Nouvelle-Guinée.
Cette Colombe a, comme la Colombe Phasianelle et plusieurs autres espèces des mêmes contrées, la queue longue et étagée; mais elle s’éloigne du petit groupe que forment ces espèces par la grosseur de son bec, qui, ainsi que M. Temminck le fait justement remarquer, est très-fort, à pointe renflée et crochu , comme celui des Colombars , avec lesquels elle n’a d’ailleurs aucun autre rapport.
La Colombe Reinwardt a la tète, le cou et tout le dessus du corps d’une belle couleur gris-perle qui pâlit et passe presqu’au blanc sous la gorge et sur la poitrine, et qui, au contraire, devient plus foncée et prend une teinte bleuâtre en descendant sur le ventre et le dessous de la première moitié de la queue. Le dos, le dessus des ailes et celui de la queue sont d’une belle couleur marron vif légèrement pourprée. Les rémiges sont noires dans toute leur étendue. Les pennes latérales de la queue sont noires à leur base, grises vers leur milieu, puis encore marquées de noir, et enfin terminées de roux, à l’exception de la première, dont le bord externe
HISTOIRE
et l’extrémité sont blancs. Le tour des yeux est nu, et coloré, ainsi que la cire avec laquelle il communique, d’un rouge assez vif; les pattes et le bec sont d’un rouge jaunâtre.
La femelle ne nous est connue que par la description qu’en donne M. Temminck. «Dans l’état adulte, dit-il, elle diffère du mâle en ce que la « presque totalité du plumage des parties supérieures est d’un brun fauve « terne, et celui de toutes les parties inférieures d’un brun cendré; le croupion « est d’un châtain très-foncé; les longues pennes du milieu de la queue ont «cette couleur, et les latérales sont marquées comme chez le mâle, avec « cette différence que ce qui est blanc chez celui-ci est cendré bleuâtre chez « la femelle; les ailes, qui sont noir-plein dans le mâle, portent une teinte « brune chez la femelle; elle a le bec et les pieds bruns. Les jeunes, » ajoutet-il, « portent la livrée de la femelle, mais les teintes sont plus ternes : celle « du jeune mâle en mue est bigarrée des couleurs signalées pour le mâle « adulte. y>
Cette espèce a les ailes longues et fortes, et doit conséquemment avoir un vol puissant.
Sa longueur totale, dont la queue forme près des deux tiers, est de 18 à 19 pouces.
DES COLOMBES
COLOMBE BLEU VERDIN.
Pl. vm.
Columba cyanovirens. Les s. et Garn. — Voy. de la Coq., pl. 4 2 -
Cette j o1 ie Colombe est d’une couleur verte, très-vive sur toutes les parties supérieures, pâlissant sur la poitrine et se fondant sur la gorge en une teinte grise. Une large tache, d’un beau bleu, formant une sorte de calotte, couvre l’occiput, et des taches du même bleu, de forme lancéolée, occupent le milieu de chacune des plumes qui composent les couvertures des ailes. C’est à ce mélange de bleu et de vert, très-rare chez les Colombes, que celle-ci doit le nom de bleu verdin.
Le ventre est revêtu d’une large plaque , de forme circulaire , d’un blanc qui devient jaunâtre en descendant vers la queue. Les couvertures latérales des cuisses sont vertes, ainsi que les plumes dont les tarses sont revêtus jusqu’à plus de la moitié de leur longueur. Les pennes secondaires des ailes sont bordées de jaune pâle; les rémiges sont d’un brun foncé. La queue, remarquable par sa brièveté, est composée de 14 pennes égales, dont les deux latérales passent de la couleur verte à une teinte d’un brun olivâtre , et sont bordées de jaune; toutes sont en dessous d’un brun clair et terminées par une bande d’un gris presque blanc; les plumes des couvertures inférieures sont jaunâtres et marquées de vert à leur côté interne. Le bec, assez faible, est noirâtre, l’iris d’un rouge brun, les pieds d’un jaune orangé vif.
C’est aux naturalistes de l’expédition de la Coquille qu’est due la connaissance de cette belle espèce dont ils ont enrichi le Muséum d’histoire naturelle de Paris. Elle habite les vastes forêts de la Nouvelle-Guinée ; elle vit par couple, et se tient ordinairement sur les arbres élevés, d’où elle fait en-
HISTOIRE
tendre, surtout le matin et a la fin du jour , un roucoulement sourd et très-fréquent. Les Papous lui donnent le nom de Menasope.
Le même voyage a fait connaître un individu que l’on croit être la femelle ou le jeune. Il est, comme le précédent, d’un beau vert sur toute la partie supérieure du corps, et n’en diffère guère que par quelques taches d’un gris assez vif placées sur les plumes des grandes couvertures des ailes, et par l’absence des taches bleues de la tête et du dos , ainsi que de la plaque blanche qui se trouve sous le ventre.
DES COLOMBES