CHAPITRE Etude Clinique
/ Date et lieux d'apparition
Le plus ordinairement, c'est au début de la maladie de Basedow que la pigmentation cutanée apparaît, en même temps que les signes révélateurs. du syndrôme. Dans un cas de Drummond (observation XXI), elle fut non seulement le premier symptôme de maladie, mais elle resta le seul pendant un certain temps ; puis survinrent les palpitations.
Jellineck avait, du reste, assigné à la pigmentation brune des paupières, en la décrivant, une place dans les signes du début, qui permettent le diagnostic. We"
Dans certains cas, cependant, la pigmentation survient chez des malades, dont le goître exophtalmique est en évolution depuis longtemps. Le fait est fréquent, lorsqu'elle est le prélude d’un cortège |
RE Ch
symptomatique addisionnien. C’est ainsi que dans Tobservation publiée par le professeur Etienne, de
Nancy, la peau était devenue brune chez un malade huit ans après le début de sa maladie, et dix après
dans un cas cité par Oppenheim. Dans ces deux observations, il y avait coexistence de syndrômes de
Basedow et d'Addison, et les muqueuses étaient pig-
mentées.
D'après la majorité des observations que nous -
avons étudiées, il semble que le visage est atteint le premier par la pigmentation. Elle yÿ reste cantonnée, ou au contraire s'étend progressivement aux
autres régions qu'elle doit envahir. Peut-être est-ce
simplement parce que la coloration anormale du
visage se remarque de suite et fixe l'attention de la famille ou du médecin, qu’elle paraît évoluer la première? Mœbius qui avait remarqué ce lieu d’'é-
lection pour le début des troubles pigmentaires, écrit dans son traité :
«-Le visage est-il libre de pigments, il est alors « dans la règle de n’observer aucune tache sur le « reste du corps. » Cette règle est exacte pour beau-
coup de malades, cependant la pigmentation peut
débuter et rester localisée quelque temps en d’autres régions. Dans un cas d'Oppenheim, ce furent les organes génitaux qui furent atteints les premiers ; au bout de quelques jours, la coloration s’étendit au reste du corps.
ER HPRE
Distribution topographiques et. modalités eliniques
La pigmentation peut être soit localisée en certains points, soit au contraire généralisée à à toute la surface du tégument. La localisation la plus fréquente se rencontre au niveau du visage surtout. des paupières (signe de Jellineck) ; nous l'étudierons à part. Dans l'étude des manifestations pigmentaires généralisées, nous ferons une description spéciale pour les cas où la pigmentation S a gne d’autres signes addisonniens. |
a) PIGMENTATION DU VISAGE (signe de STAR
Le visage est le lieu de prédilection des pigments dans la maladie de Basedow. On y rencontre soit une coloration diffuse, soit de petites taches analogues aux éphelides, mais un peu plus volumineuses, soit enfin des placards bruns s'étendant ordinairement aussi sur le cou. Faut-il s'étonner de cette localisation au visage ? Il n’y en a pas lieu, et ainsi que le dit Sainton, «il ne faut pas oublier que « la région péri-orbitaire est un lieu de prédilection
pour certaines manifestations pigmentaires « masque des femmes enceintes, xanthelasma, et
que comme aux plis articulaires les réactions « pigmentaires y sont plus violentes et plus précoces. »
L'une des manifestations les plus constantes que l'on y rencontre est à coup sûr la localisation périorbitaire décrite en 1904 par Jellineck. Avant lui, quelques auteurs - (Bristow, Timoteff, Drechfeld,
(St unme, Robinson € &e Michalski) or remarqué leurs malades une coloration. brune des pau-
matiquement et, en 1904, il le décrivit sous ce ti-
Mi maladie de Basedow. »
’ ré nt miss
e: “LAS
« nus circulent dans le sang. L'un de nous a trouvé. Er «] le sérum normalement foncé. Au surplus, un fait me «€ positif ‘et’ digne d'être remarqué, qui n'a jamais “A attiré l'attention : à c'est l’état de la peau de ces. «malades »
#4 D La “peau des LATTES surtout au niveau e des paupières, a une grande tendance à la pig- . mentation, de sorte que beaucoup d’entre eux ont er une cerhure foncée entourant les globes oculai- [a FA DE mais les creux HAE les
avr
| RC bone Lis à se di paupières, Fe la ie ni fe pière supérieure notamment. En haut, la colora- «tion est. limitée par les sourcils, vers le bas elle
à Etes
in vers Li > bord inférieur de l'orbite. La con-
ire Mais il est le premier à l'avoir recherché Sys-
DR À Symptômes nouveaux non encore signalés.
à € Une me paraît. pas es écritl, que- CCR dans la maladie de Basedow des pigments incon--
« de la maladie ; ‘duns mine cas rares, elle n man à
« que complètement. »
Cette pigimentation sp les PAU A où ae SN" trouvé, peut rester isolée ; mais le plus souvent elle
est accompagnée d’autres taches pigmentaires de Te
geant soit au visage, soit en une région quelconque
du corps. Nous avons montré précédemment sa fré- | quence : il est ‘impossible de l’admettre PRET les. signes constants de la maladie. |
son évolution semble, comme celle de Re troubles pigmentaires, liée à la marche générale de.
que le syndrôme de Basedow est plus grave.
b) PIGMENTATION GÉNÉRALISÉE
Ordinairement, la pigmentation généralisée à. tout le tégument, obéit à deux règles g générales. en Tout d’abord elle siège dans les régions du Corps
qui normalement contiennent plus de pions ge)
CNE
la maladie ; elle est plus légère dans les formes uniques, et paraît, au contraire, être plus intense lors-
Aïnsi les orbites, les organes génitaux chez lhom-
me, les mamelons chez la femme, sont des lieux de
prédilection ; ensuite viennent les creux axillaires
et, en général, tous les plis articulaires, la région lombaire, la ligne blanche et la région péri- anale. Assez rarement la pigmentation est plus accusée au ri
faces d'extension des membres. we à En outre, chez ces malades il semble que la peau
ait au maximum le pouvoir normal de se pigmen-
É. Fa sous liuuste a étions les plus légères, be lorsqu'elles sont prolongées ou encore au niveau de cicatrices anciennes. Très fréquemment on note une +2 bande sombre siégeant sous les jarretières ; dans un a em cas de Hirschl on trouvait à la taille une coloration sombre due à la ] pression du corset. Burton cite même un cas où la présence d’un anneau avait formé, sur le doigt, un cercle très pigmenté. Dreschfeld prétendait même avoir remarqué chez des malades
ou moins forte, exercée par les vêtements.
Ces règles s'appliquent surtout lorsque la pig- Ppaentatiors est diffuse ; lorsqu'elle se manifeste seulement par des taches, elle est plus irrégulière dans À # - sa distribution. Dans certains cas, en effet, la réparme tition des pigments à la surface du corps se fait d'une façon tout à fait fantaisiste. Leur accumula- FA tion, en certains points, produit de larges placards ES sombres de formes diverses, à bords ordinairement irréguliers et déchiquetés. Dans certains cas ils sont nettement limités par de la peau saine ou achromi- que, dans d’autres ils s’estompent et se dégradent insensiblement jusqu’à la peau normale. Leur ab-
en rencontre assez fréquemment au cours de la maladie de Basedow. Il y a ou achromie complète, ou
» diminution considérable des pigments ; dans ce » dernier cas, si la plaque moins colorée est entourée
«le régions pigmentées, on a seulement, par contras-
Ko 3
où la pigmentation était diffuse, que les nuances plus foncées étaient produites par la pression plus :
+ sence produit des plaques de vitiligo, comme l’on
te, apparence d’achromie. ons a Ne ie certkine
sujets, la décoloration des cheveux, des sourcils; dés : cils et de la barbe, comme cela s'est “montré däns une observation de M: Achard. Mais les faits de vi A tiligo sont beaucoup plus rares que là- pigment
tion anormalé (avec laquellé elle coexisté quelque- *
Nous avons déjà vu les lieux dé prédilection. de la Se de pigmentation. dont le visage (surtout les orbites) est LE le principal. ot É
Dans un cas rapporté par No Ja pigmentation
fois) ; parmi les observations que: nous avons étu- fe É diées à l'hôpital Lariboisière, nous n’en: avons rene de contré aucune signalant du vitiligo: 3
coïncidait avec l'apparition, dans la peau, de taches = .
ecchymotiques localisées à Ha face antérieure der
l’avant-bras et des cuisses ; nous avons retrouvé des manifestations identiques en examinant une malade atteinte de maladie de Basedow.
La coloration donnée à la peau par, cette pigmen-
tation varie suivant les malades, d’une. coloration
jaune légère, comparable au « hâle » que produit . l’action prolongée qu soleil, à la mélanodermie a. a
plus foncée.
Dans un cas de Mande la coloration de la peau:
rappelait celle que produit l'iode, ; Drummond 1 compare la peau: ‘dun de ses: malades | au bois.
d''« acajou »:
Burton parle de « teinte terreuse » : Elentonts