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CHAPITRE II

Fréquence de la Pigmentation

L'apparition de la pigmentation cutanée, au cours de la maladie de Basedow, ne doit pas être considérée comme un symptôme inconstant, et presque exceptionnel, qui n'a pas place dans la descripion habituelle que l’on fait de ce syndrôme. Ce serait cependant tomber dans un excès contraire, que d'accepter absolument l'opinion que Drummond émettait, en 1887, dans une leçon intitulée : « Sur quelques nouveaux symptômes de la maladie de Graves. » à

« Le vrai vitiligo, écrivait-il, est rare dans la ma- « ladie de Basedow, mais je pense que la pigmen: « tation analogue à celle de la maladie d'Addison «est un des signes les plus constants de la mala- « die. » Le grand nombre de malades très largement pigmentés, qu'il a observés, explique sa ma-

Are

mière de penser, mais il ne donne aucun chiffre permettant d'établir une proportion exacte.

WEsr (1886), signale un seul: cas de coloration jaune des mamelons et des membres inférieurs sur 38 observations ; Denton Cardew (1897), estime qu'elle existe dans 70 % des cas. Hale White et Rolleston (1902), signalent la fréquence de la pigmentation ; sur 10 cas observés, John Rogers (1906), a vu chez une malade de 26 ans, une pigmentation

‘très prononcée, disparue avec l'amélioration de la - maladie. Muzcer (1893), trouve que c'est un phé-

nomène très fréquent, il décrivit 5 cas typiques de la maladie, dans quatre la pigmentation était signalée. Dans l’un on avait une coloration jaune intense de la figure et du cou ; deux étaient. pigmentés uni-

formément sur tout le corps et la dernière présen-

tait des taches foncées ressemblant au « Cloasma utérin. » ;

LEwIN (1888), signale un cas de pigmentation sur 125 observations.

Manuerm (1894), sur 47 cas observés dans sa polyclinique, signale 11 observations où les malades (du

‘sexe féminin) avaient une coloration jaune anor-

male. Dans cinq cas, la coloration siégeait au visa- . y y Q LT 4

ge et aux mains, sans que les malades aient été exposées aux rayons du soleil ; les autres présentaient

des taches sur le front, sur les deux joues ; deux sur

es +

. la poitrine et le dos, et une aux coudes et aux genoux.

Passer (1895), trouve un cas de piamentation. soit diffuse, soil. KaCRASe sur 31 Cas observés.

Roper (Tgri), trouve à la clinique ue de

Leipzig; une forte pigmentation de la peau, chez une femme de 37 ans, sur 10 observations.

Kôcner, au cours de sa carrière, rencontra 8 fois

une coloration généralisée et 3 fois une pigmenta-

tion nette des paupières. :

BrRuNS (1908), signale 3 fois la coloration de visas ge, sur 24 cas. DER

Marues (1905), sur 22 Cas de la HE de Hole :

trouve, chez une dame de 53 ans, de nombreuses ta

ches jaunes pâles sur la poitrine et sur le ventre. -Doxcain (1906), relate que parmi ses 46 cas de la clinique de Breslau, il y avait, dans cinq cas, une

coloration diffuse de la peau, 7 s'étendant chez une Se

femme de 30 ans, à la muqueuse salivaire. Chez

ches et de points sur quelques parties du corps.

quatre malades ste se présentait sous forme de taste

LaNDSTRÔM (1907), note une pigmentation généra- |

lisée et quatre fois de la pigmentation des paupiè-. res, Sur 32 malades du lazaret de Stockolm.

STERN (1909), trouve de la pigmentation dans la moitié de ses cas, le plus souvent la peau des pau

pières était atteinte, parfois aussi let cou, les aissel-

les, le scrotum. Il a rencontré plus rarement une

forte pigmentation des mamelons, des membres in-.

férieurs et de la ligne blanche : ; dans un cas, la peau fut colorée d'une jaune diffus comme les mulâtres.

SATTLER (1909), sur 35 cas, à observé deux fois

14 une coloration diras du visage et, dans cinq DAS, ORNE 4 une pigmentation localisée aux paupières. (| 8 ASS 2... : BErin BRAMWELLS (1888), a recherché systémali- BIUr “ nu 4 è quement, la pigmentation chez 759 malades ayani e 54 ta symptômes du goître exophtalmique ; dans 29 cas, cette pigmentation fut présente. Cette statisti- 4 ci des ae Sa à sur un LRERE imposant de malades,

EE 39 PAPAS de sb de bNdien que 7 FR RAGE nous avons examinées ‘à Ja consultation de médeoi

éiition D FE 14 Cas. Le moyenne 71e trouvée est sensiblement égale à celle de Biron

4 . Bramwells, environ 35 %. | | Mo De PA Fr : { < J S 9 1 # 4, Parmi ces 14 malades, 11 présentaient comme k as LR 4 3 1 [re testalion pigmentaire du signe de Jellineck ;

LE

CES ces. chiffres assignent à ce signe une fréquence a

27 %. M. le docteur Sanrow, dans le rapport fait au Lo ù si Congrès des aliénistes et hémologistes tenu à Nan- " + tes en 1910, avait signalé des résultats inférieurs, port: environ 15 %. | Quant aux autres taches PIBrpHAaires associées s ou non au signe de Jellineck, nous en avons compté A 5 cas, ce qui donne une moyenne de 12,8 %. Le si- #2 gne de J ellineck paraît donc: être la manifestation ‘AE pigmentaire la plus fréquente.

2 “Reste à étudier la fréquence de la pigmentation PA: qte muqgeuuses. « Les muqueuses sont ordinaire- « ment libres, dit Mæœbius, extraordinairement où ME PRE on voit des plaques pigmentaires sur les muqueu- a

Pas:

+ MONT ER PAT Le

Bb

«ses de la bouche et des paupières. » L atteinte des: muqueuses reste en effet un fait rare dans la mala- é ..die de Basedow pure ; elle est ordinairement consécutive à une lésion manifeste des surrénales “et est accompagnée d’autres symptômes addisonniens.

Si nous comparons entre eux les différents chif=

fres que nous venons de citer, nous voyons qu ie existe, entre certains auteurs, des différences considérables ; aussi nous trouvons les chiffres extrêmes | de 2,6 % et de 70 %. Ces variations viennent sans jee doute du point de vue où ils-se plaçaient, tel notant seulement les mélanodermies franches, tel autre. u notant au contraire avec soin les moindres localisations pigmentaires. Quoiqu'il en soit, nous avons ‘ jugé intéressant d'additionner ces différents résultats dans le tableau suivant : ;

West en 1886 a rencontré 1cas sur 38 malades — 2,6 0/0 ttes

. Biron Brauwell, — 1888 = 295 01 70 1 NT SM ONE Deuton Cardew — 1891 35 : — 50 — = 70 0/0 Manheim — 1804 EN PS Re PU ‘Passler : — 11895 #2 DÉS ST EN 320 00 Brüns — 1903 — 3 — 24 — —=12,5 0/0 Mathes — 1996 és Le 92 ET 0e Donchin — 1906 = 5: — 46 —* 19800 Laudstrôm — 1907 — Ti 82 — "= 15,5 0/0 ‘Sattler — 1507 — T — 35 — —=920 0/0 Stern — 1909 D 64 = TE 00 Ce Rôper -— 1911 1. 40 ee ie 0/00 ‘Sainton — 1914 re JL. 139 TT 00 POBARE ROSES 16 : £ m7 20 )= 400 .

Ce chiffre de fréquence, obtenu par l'observation

de 517 malades, par 13 observateurs différents, nous paraît présenter toutes les garanties d’exactitude. Nous admettrons donc comme moyenne, que dans le syndrôme de Basedow 22,4 % des malades ont des manifestations pigmentaires.

Le

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