‹ Les Pigmentations De La Muqueuse Buccale Dans Leurs Rapports Avec La SyphilisChapitre 27 sur 27 · ET AUTRES ETATS DYSENDOCRINO · texte numérisé non relu

ET AUTRES ETATS DYSENDOCRINO

D SAMPATNIQUES à

La mélanodermie buccale dans la maladie d’Addison est une notion classique, mais ce symptôme

n'est, ni constant, ni pathognomonique. Les con-

ditions de cette pigmentation sont très discutées.

L'’atteinte surrénale seule ne peut guère l'expli-

quer. Pour certains, l’action du sympathique est indéniable, due à une lésion de voisinage du plexus solaire, ou à l'atteinte du paraganglion sympathique surrénalien. Pour d'autres auteurs (Laignel-Lavastine), les conditions de la pigmentation sont plus complexes, il faut qu’il y ait à la fois meiopragie surrénale, accroissement du pigment par destruction hématique exagérée et évolution chronique de la maladie causale. Widal faisait rentrer la mélano- dermie addisionnienne dans les mélanoermies par hémolyse en invoquant le mécanisme suivant : l'hypo-sympathicotonie constante dans la maladie d’Addison entraîne une dilatation des petits vaisseaux périphériques, d’où stase sanguine et abandon d’hémoglobine. |

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Pour Bittdorf (D. Arch. J. Klin, Med. 1921), il y aurait augmentation de l'oxydation adrénalinique au niveau de la peau.

Pour Sézary, la mélanodermie relève directement de troubles ‘endocriniens, ‘troubles pouvant porter non seulement sur la surrénale, mais sur le foie, la thyroïde ou d’autres glandes encore.

A l'appui de cetle opinion viennent des observations de melanose dans des affections dysendoeriniennes diverses.

Maladie de Basedow : Fayolle en particulier a montré la possibilité de pigmentation buccale soit dans le Basedow pur, soit, plus souvent dans des formes associées avec la maladie d’Addison.

Cirrhoses pigmentaires. — On à vu, à propos des, cirrhoses pigmentaires, que plusieurs glandes concourraient à la fonction des taches mélanodermiques.

Maladie de PDupuytren et Sclérodermies. — En dépouillant les différentes observations qui ont été utilisées dans ce travail, nous avons été frappés de la coexistence non encore signalée de la rétraction de Faponévrose pulmonaire avec les pigmentations. Or, Leriche dernièrement (Press. Med. déc. 1930) établissait un rapport entre cette affection et des troubles de la calcémie, probablement due à un trouble fonctionnel des paratyphoïdes. Les troubles pigmenlaires dans la sclérodermie étaient déjà connus, aussi

es

bien dans la sclérodermie nt que dans la sclérodaclylie, Dans ces affections, on a pu établir,

avec assez de certitude, l'hypothyroïdie des malades ent question.

Troubles ovüriéns. tte dysfonctionnement ovarien à pu aussi être mis en évidence comme dans l'observation de Gougerot et Burnier, comme chez la malade d'Hudelo et Rabut, revue en 1928 par Rouillard et Barreau-(Soc. Méd. Hôp., juin 1938) et chez laquelle ils ont pu montrer l'insuffisanee thyroovarienne avec des modifications de la thiémie, confirmant ainsi les travaux de Lœpes, Ollivier et Tonnet sur les variations de la thiémie dans les états mélanodermiques.

Sans vouloir solliciter les faits d’une façon exagérée, il est bon de rappeler que, d'une façon générale, la syphilis aussi bien acquise qu'héréditaire touche volontiers les glandes vasculaires sanguines.

D'une façon plus précise, on peut rappeler le rôle possible de la syphilis dans la maladie d'Addison et l'influence heureuse du traitement antisyphilitique dans: certains de ces cas.

Dans la maladie de Basedow, son rôle soupçonnable par la coexistence assez peu rare du vitiligo, à été signalé en particulier par Schulmann.

Dans le sclérodermie, Audry et Chatellier, Berlin ont montré qu'il y avait un rapport fréquent avec la syphilis.

Le grand sympathique également — par son at-

La question de la formation et de la précipita- Lee

iion du pigment n'est pas encore éclaircie et les théories qui tendent à l'expliquer, “encore incomplètement vérifié es

Hors qu ubvtots il était admis que les méla-

nines liraient leur origine du pigment sanguin, ac-

| tuellement, après les travaux de Bertrand, Bruno Bloch, on fait intervenir un processus fermentatif dû à une oxydase à action plus ou moins spécifique. Le chromogène est représenté par un composé de la série aromatique, résultat d’une désintégration pro-

téique, suffisamment avancée. Si l’hémoglobine peut

lui donner naissance, c'est grâce à son groupement hématique.

Le ferment est soit une lyrosinase, soit une

oxydase ou péroxydase. Pour Bruno Bloch c'est plus

spécialement la dopaoxydase.

Cette action diastasique, au mécanisme encore inconnu réclame en outre pour sa production des conditions de milieu en particulier du pH.

Ce sont ces conditions de métabolisme général qui ont suscité le plus de discussions théoriques. IL nous paraît sage, suivant.le mot de Laënnec, de penser que les doctrines et les théories médicales ne sont faites que pour relier des faits et doivent s’effacer si l’un d'eux leur résiste.

En. l'espèce que nous montrent les faits, l’observation chimique?

D'abord que la mélanodermie buccale n'appartient en propre à aucune affection. | ,

Qu'elle est le fait d’un grand nombre d’affections qui possèdent:toutes entre.elles le lien .de troubles endocriniens divers ou de troubles sympathiques, dont | on connaît d’ailleurs les affinités.

Enfin que. la syphilis revient dans les cas observés avec une fréquence trop grande pour, dans cette diversité, ne pas créer un lien certain. Sans chercher à pénétrer les moyens d'action dela syphilis on constate qu'elle agit dans certains cas en provoquant les perturbations endocrino-sympathiques ; dans. d’autres, -en associant aux taches pigmentaires et sans doute en provoquant ses lésions locales bien caractéristiques telles que la leucoplasie.

Tel est l’enseignement des faits que nous jugeons suffisant pour en tirer une déduction thérapeutique, non pas, s’il s’agit d’une melanose buccale isolée, sans phénomènes morbides associés, mais au

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5 (I — L origine ethnique ou physiologique des ue buccales est très restreinte. Il s'agit :

souvent en réalité d’une mélanodermie d’ origine sy- | philitique.

2. — Il en est de même dans certaines pigmentations attribuées à la phtiriase et à la tuberculose.

a spa syphilis agit :

Ou bien en POEUSOE des troubles endocrinosympathiques; CAÉTA ET ; z-

Ou bien en provoquant la pigmentogenèse au niveau de lésions locales de nature spécifique ainsi qu'en témoigne la coexistence fréquente de la leucoplasie. |

h. — La constatation de pigmentations buccales isolées ou associées à d’autres troubles doit faire rechercher la syphilis et même > proposer un traitement d’épreuve. :

Vu : le Doyen, RAT: le Président, BALTHAZARD. GOUGEROT + Vu et permis d'imprimer :

le Recteur de l’Académie de Paris, CHARLETY.

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