SCENE III
ALBERT, ISABELLE
ALBERT
Arrêtons-nous ici, ma chère Isabelle; nous sommes, je crois, à l'abri des poursuites de votre père et de Sottinez.
ISABELLE
Il m'a fallu une bien grande confiance en votre loyauté pour consentir à cet enlèvement.
ALBERT
Ne m'aimez-vous pas mieux que le couvent?
ISABELLE
Oui, sans doute... mais je ne suis pas sans quelque effroi... tout est surnaturel autour de moi... cette voilure... ce balcon...
ALBERT
C'est un pouvoir qui m'est venu par hasard... je vous dirai tout cela.
ISABELLE
Mais qu'allons-nous faire?
ALBERT
Nous allons déjeunpr, si vous voulez bien... le grand air et la rapidité de la course ont dû vous donner de l'appétit.
, ISABELLE
Déjeuner, où ?
ALBERT, prenant une pilule.
Là!...
Le vieux pan de mur se transforme en un bosquet; on y voit une table servie; les amans s'asseyent et déjeunent.
0 prodige I
ISABELLE
SERiNGDiNOs, s'éveUlaiit.
Je crois que j'ai eu l'imprudence de dormir à mon poste... je ne sais pas; mais il me semble que je ferais difficilement un homme de guerre. ( Se levant.) Si le ravisseur avait passé pendant ce petit somme réparateur, que répondrais-jc à mon malheureux gendre?... Voyons, si le sable ne laisse pas voir les traces d'un équipage... Rien... Que je suis bête, une voiture du diable, ça doit rouler très-légèrement... ( Apercevant Albert et Isabelle.) Ah! grand Dieu ! que vois-je là î ce sont eux... infâme ravisseur... où est mon fusil ?.. . mon fusil 1 {Le poteau s'en empare et fait feu. Le mur se referme et les atnans disparaissent.) Ah l mon Dieu, je suis mort! Oh! non, non, heureusement que ce^n'était que du gros sel... mais je suis piqué comme par un milliard de sangsues... c'est un affreux supplice... il me semble que je ne pourrai plus jamais m'asseoir.
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