SCENE IV
SERINGUINOS, SOTTINEZ, BABILAS, RODRI- GUEZ, Alguazils.
SERINGUINOS.
Es-tu bien sûr de ce que tu dis, Babilas?
BABILAS.
Autant qu'on peut en être sûr de ce temps-ci , cil tout est sens dessus dessous... Je suis certain que j'ai vu entrer dans cette maison la signora Isabelle et ce damné peintre français! Mais dire que le diable n'a pas pris leur ligure... c'est ce que je ne sais pas.
SOTTINEZ.
Mon beau-père I
SERINGUINOS.
Mon gendre I mon illustre gendrel
SOTTINEZ.
Si votre élève dit vrai, ma fiancée est dans cette maison.
SERINGUINOS.
Très-bien I
SOTTINEZ.
Il s'agit d'enfoncer la porte, d'arriver auprès de la signora, et de nous emparer, soit par ruse, soit par la force, de sa personne chérie.
SERINGUINOS.
Fort bien!... Rodriguez faites enfoncer la porte.
RODRIGUEZ
Un instant! je ne puis entrer dans la maison sans l'auguste présence du corrégidor... faisons de l'arbitraire, mais légalement.
SOTTINEZ.
Mais on séduit ma fiancée! plus nous attendrons, et plus on la séduira... vous comprenez, alguazil?
RODRIGUEZ
Je comprends parfaitement, jeune hidalgo; dépêchez-vous donc d'aller chercher le corrégidor.
SERINGUINOS.
Il a encore raison. Allons, mon gendre, allons chercher le corrégidor; vous, Rodriguez, faites garder les rues par vos soldats ; toi, Babilas, reste là. . je t'ai pris pour tout faire.
SoUinez et Sciinguinos sortent ; Rodriguez place les alguazils aux deux coins des rues ; Babilas se promène de long en large.
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