LES PILULES DU DLVBLE
UAGLOIRE.
Scélérat de trictrac... Si vous aviez pu inventer le moyen de m' arracher cette dent sans y toucher...
BIGARO.
C'est précisément cela.
MAGLOIRE
Vrai 1... voilà qui est admirable 1... Je voudrais être roi, grand artiste, je placerais cent écus sur votre tête.
BIGARO.
Voilà mon instrument.
MAGLOIRE
Tiens I c'est une pelote de ficelle!
BIGARO.
Je vais fixer l'extrémité de cette ficelle dans votre mâchoire, puis je m'en irai à l'autre bout de la place, et la dent viendra me trouver.
MAGLOIRE
Je serai curieux de la voir s'en aller.
BIGARO.
Attention !
Il se place en face de Mn gloire, et lire un pistolet de sa ceinture.
MAGLOIRE
Qu'est-ce que vous allez faire, coiffeur?
BIGARO, visant.
Presque rien, je vise à la tête. Une... deux... trois.
Il tire.
MAGLOIRE
Aiel aie! (// s'est rejeté en arrière pour éviter le coup de feu , et la dent paraît au bout de la ficelle.) En voilà une, d'invention!
BIGARO, montrant une énorme dent.
Et voilà une terrible dent.
MAGLOIRE
Comment! c'est à moi ça!... j'avais ce poteaulà dans la bouche I
BIGARO.
Si vous voulez m'en faire l'hommage, je la ferai passer pour une dent de rhinocéros.
MAGLOIRE
Avec plaisir, coiffeur. Maintenant, il me faut encore quelque chose. Regardez-moi ça... [Ilmontre sa tête chauve.) Croiriez-vous que j'avais hier les plus beaux cheveux du monde? un grand diable me les a emportés ; pourriez-vous m'en procurer?... je les veux rouges et bon teint.
BIGARO.
Dans cinq secondes, vous pourrez vous coiffer à la Louis XIV. Vous voyez cette tête à perruque, eh bien ! en la frottant de ma pommade blanquoblaguomaque, elle va se couronner d'une forêt de cheveux... De quelle couleur les voulez-vous?
Rouges... c'est une couleur que j'affectionne pour les cheveux, et pour les bas.
BIGARO.
Voyez.
La tête à perruque se couvre de cheveux. MAGLOIRE.
Ohl comme ça pousse... Ahl je n'y liens pas! je veux en essayer... j'éprouve depuis long-temps le désir d'avoir des moustaches, je veux m'en faire cadeau... Passez-moi le pot. (// y met le doigt, et son doigt est aussitôt velu comme un pinceau.) Qu'est-ce que c'est que ça?
BIGARO.
Imprudent!
MAGLOIRE
Voilà une pommade bien dangereuse... je ne
pourrai plus me présenter dans le monde avec un doigt panaché... Vous allez me couper ça, et tout de suite.
BIGARO.
Passoz-moi votre doigt. Ah çà! je n'ai jamais vu de crins aussi durs... mes ciseaux n'ea peu vent venir à bout.
MAGLOIRE
Je ne puis pourtant pas rester comme çal... Arrivez donc, perruquier... n'avcz-vous pas quelque rasoir? (// entre dans la boutique, et passe la tête par la fenêtre. Le rasoir se détache, et coupe la tête de Magloire.La tête roule et s'en va, et Magloire sort de la boutique en courant à ta" tons après sa tête.) Ma tête! ma têie!
Biguro sort en courant avec Magloire.
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^iiatriè^ne Tahlcau.
Le tlie'âtrc représente le point de de'part du chemin de fer; au fond un grand mUr.