‹ Les pilules du diable, féerie, en trois actes et vingt tableauxChapitre 67 sur 94 · SCENE in · texte numérisé non relu

SCENE in

MAGLOIRE, SERINGUINOS.

SERINGUINOS.

Moi aussi je souffle, et comme un bœuf, c'està-dire qu'un œuf qu'on mettrait à ma place cuirait en cinq minutes.

MAGLOIRE

Prenez mon costume, apothicaire, il est bon pour la circonstance.

SERINGUINOS.

Comme je ne peux pas m'en aller sans ma commande, ma foi, je vais me mettre à mon aise.

MAGLOIRE

En voilà un qui doit être laid en négligé. SERINGUINOS, àlaul cinq ou six gilets.

Je suis un peu couvert, vois-tu.

MAGLOIRE

Comment! vous avez tout ça sur le corps ?

SERINGUINOS.

Ce n'est pas tout.

Il eu ôte toujours.

Ah çà ! mais dites donc, quand vous aurez ôté tous vos gilets, qu'est-ce qui restera?... un bâton... une baguette. .. une asperge?

SERINGUINOS, dcshabUlê.

Eh bien! j'ai encore plus chaud comme ça.

MAGLOIRE

Le fait est que cette verrerie est une vraie poêle à frire. Ah ! je donnerais quelque chose pour être dans une bonne glacière {Apeine a-t-il achevé, que les vêtemens de Magloire et de Seringuinos sont enlevés, lavcrrerie se transforme en glacière, on ne voit plus que neige et glace autour de Seringuinos et de Magloire qui se mettent à grelotter. Le fond s'ouvre, laissant voir des gamins qui glissent sur un étang glacé.) Voilà une atroce plaisanterie.

SERINGUINOS, couraut après ses habits.

Ahl mes habits! mes habitsi Mon cher ami! comment te trouves-tu?

MAGLOIRE

Je me trouve gelé, et vous?

SERINGUINOS.

Moi, j'ai l'onglée depuis les pieds jusqu'aux oreilles inclusivement. Ah! mais voilà une petite maison qui paraît bien chauffée. Tiens, regardela fumée.

MAGLOIRE

On dit qu'il n'y a pas de feu sans fumée, il n'y a pas non plus de fumée sans feu... Frappons... Eh ! eh ! la maison !

UN HOMME, couvert de fourrures, sortant de la cabane. Que voulez-vous? et qui êtes-vous?

SERINGUINOS.

Ce que je veux? je voudrais me chauffer, ce

garçon voudrait se chauffer aussi... Nous sommes deux infortunés fort mal vêtus pour la saison... l'un apothicaire, et l'autre domestique... Mais le froid et le costume nous rendent égaux... Permettez-nous d'entrer.

l'homme.

Un instantl... vous me faites l'effet de deux voleurs.

MAGLOIRE

Vous voulez dire de deux volés , nous n'avons pas une veste pour nous deux.

l'uomme.

Ou bien vous êtes deux fous échappés de quelque hospice, car il n*y a que des fous qui courent les champs dans un pareil équipage.

sERiNGuiNOs, à Magloive.

C'est vrai, nous sommes dans notre tort.

MAGLOIRE

Mais du toutl... Dites-lui donc que nous étions dans une verrerie, et que le diable qui nous poursuit... Un instant, je veux entrer, il me faut du feu... je commence à être pris comme la Seine sous le Pont-Neuf... J'entre de gré ou de force. l'homme, prenant un fusil dans la cabane. N'avancez pas, ou je brûle.

SERiNGUiNos, veculant.

Non pas, non pas; je veux bien me chauffer, mais je ne veux pas être brûle.

l'homme.

Au large, ou je lâche le chien.

MAGLOIRE

Allons-nous-en, apothicaire; j'aime mieux battre la semelle que de causer avec ce monsieur à fourrure... Ahl voilà dumonde qui arrive par là, on va nous donner des habits.

Entrée des Etudians, qui se rassemblent autour de Seringuinos et de Magloire, qui ne savent quelle contenance tenir et qui tretnLleut do froid.

CHOEUR

Air : Galop de la Pdlissicre.

Yive riiiver et son verglas, Et la blanclie surface D'un oce'an de glace!

Pour nous la neige a des appas, Et le ciel noir est sans frimas.

SERINGtlNOS.

Vit-on pareil temps en Espagne ?

Que n'ai-je une lourrurc, un inanicau 1

LA FOLIE

Venez chasser l'ours sur la montagne, Bonhomme, on vous donnera la peau.

CHOEUR

Vive l'hiver, etc.

MAGLOIRE

C n'est pas étonnant si j' grelotte, Par r temps qui lait être tout nul LA FOLIE.

Mon cher, dans c' cas on se frotte De neig', le r'mèdc est bien connu.

CHOEUR

Vive l'hiver, etc. Pendant le chœur, Seringuinos et Magloire ont vainejyient tenté de /nir; à la fin du chœur, ils s'échappent, et sont poi/rsitwis par les Etudians, qui leur jettent des boules de neige.

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Dcoxii'.îiiy Tabîeais.

Le the'âlre représente un site agreste. A droite, une auberge; devant la porte de Taubergc, une table et deux chaises. Au fond, nue mare servant à laver; sur une corde, du linge est étendu.

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