SCÈNE I
Jules, Hector et Amédée.
Hector.— Monsieur, quand partirons-nous pour Ste-Thérèse?
Jules.— A la première occasion qui se présentera.
Hector.— Nous nous ennuyons tant ici, le Colorado est si triste; le monde n'est pas bon par ici.
Amédée.— Ils laissent pleurer les petits enfants. J'ai bien hâte d'être rendu chez grand-papa.
Jules.— Mes enfants, avez-vous manqué de quelque chose aujourd'hui?
Hector.— Non, monsieur, depuis que vous nous avez recueillis sur le grand chemin, nous n'avons manqué de rien.
Amédée. — Nous n'avons plus faim, ni soif; nous ne souffrons plus du froid.
Hector. — Mais nous avons bien souffert après que papa et maman ont été morts.
AMÉdÉE. —Maman a bien pleuré en nous quittant.
Hector.— Elle nous disait: " Pauvres enfants, qu'allez-vous devenir;" puis elle ajoutait: "le bon Dieu prendra soin de vous."
Jules. — Sans doute, mes enfants, le bon Dieu n'abandonne pas les orphelins. Ayez confiance, bientôt vous serez chez votre grand -père à Ste-Thérèse. (Félix entre.)