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LES IROQUOIS

Le peuple dont nous allons nous occuper a joué un rôle si marquant dans l’histoire de l'Amérique que ses institutions subsistent encore. Ces dernières ont donné lieu à des études anciennes et récentes, qui ont jeté une lumière pleine d'intérêt sur leurs mœurs et leurs usages, aussi curieux que peu connus; c’est en comparant les observations diverses dont ils ont été l’objet, que le caractère de leurs singulières institutions s’éclaircit pour le savant!,

La raison et la tradition s'accordent pour admettre qu’à l’origine les Iroquois ne formaient qu’un seul et même peuple; séparés comme tant d’autres tribus antiques par les hasards, les nécessités de la vie de chasse, ou par la loi du caprice, ils se divisèrent en

1. Les études les plus complètes faites sur les Iroquois sont dues à M. Lewis Morgan, Iroquois d'adoption, qui a vécu depuis son enfance dans une entière intimité avec cette race. Son ouvrage, intitulé la Ligue des Lroquois, est une œuvre de recherches intelligentes faites à l'aide de circonstances particulières et avec le concours d'un Collaborateur précieux, Hasancandah (Ely S. Parker), Iroquois de la bation des Sénécas, et de l'éducation la plus distinguée, Tout en diffé- Hant souvent sur les conclusions de M. Morgan, je ne puis assez faire l'éloge de la valeur de son livre. Dans les Notes sur les Iroquois de M. Schoolcraft, le lecteur trouvera des faits intéressants, Mais il devra, comme pour tous les ouvrages du même auteur, réserer enticrement la liberté de son jugement. De tous les anciens écriains, Lafitau est le plus satisfaisant; son livre Des mœurs des sau- Wages amériquains comparées aux mœurs des premiers temps, se apporte principalement aux Iroquois et aux Hurons; ses observations LU sont pas seulement le résultat de sa propre expérience, elles s'ap- . aussi sur les recherches du père Jules Garnier, qui fut mis- L. parmi eux pendant soixante ans, depuis son noviciat jusqu’à Ja mort.

XL INTRODUCTION

cinq peuples distincts, cantonnés de l’est à l’ouest du centre du New-York, dans l’ordre suivant : Mohawks, Oncidas, Onondagas, Cayugas, Senecas, La discorde se mit parmi eux, la guerre s’ensuivit et ils vécurent en défiance mutuelle, chacun retranché dans son villa

A la fin, dit la tradition, un être céleste, incarné : la terre, leur conseilla d'oublier leurs dissensions et de s'unir dans une ligue défensive et offensive. Un autre personnage, mortel, mais miraculeusement doué, guerrier et magicien redouté, apparaît aussi, à l'origine de ce berceau de la nationalité iroquoise, sous une forme vague et orné d'une chevelure de serpents. Cet être fantastique est Atotarho, chef des Onon:dagas; de cette source surgit une lignée de chefs, htritiers non-seulement de la puissance, mais du nom de leu* célèbre prédécesseur, Il y a quelques années er core, vivait dans le val d’Onondaga un beau jet garçon indien que les débris de cette nation affaibu regardaient avec orgueil comme l’Atotarho qui leur était destiné. A l’aide de ces pouvoirs célestes et terrestres, la ligue iroquoise fut établie et les forêts vierges tremblèrent au seul nom des Iroquois.

Le peuple était divisé en huit clans; lorsque la souche primitive eut été scindée en cinq parties, chacun des clans dut également être séparé en cinq divisions, mais, ainsi que nous l'avons rapporté précédemment, tous les clans étant entremêlés dans chaque ville, on er comptait quelque membre dans le moindre hamea et chacune des cinq nations était représentée dan presque tous les clans!, Lorsqu'il s'agit de former

1, Il n'est pas absolument prouvé qu'il y eût huit clans, mais ot est certain de l'existence de sept; leurs noms étaient ceux du Loup,

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RME aisément le lieu de son ancienne confraternité. Ainsi, orde se pour le clan de la Tortue, tous les membres reformèrent an une seule et même famille, qu'ils fussent Mohawks, villas Onéidas, Onondagas, Cayugas ou Sénécas, et ainsi “xd des autres clans. Tous les lroquois-donc, sans distincdé " tion de nationalité, étaient divisés en huit familles ve. Un empruntant leur origine à une souche commune ct se sement distinguant chacune par un emblème particulier ou re totem. Cette confraternité de famille formait le lien le QUOISE plus puissant, reliant toutes les nations entre elles par > de Se {ne chaine de huit anneaux.

es Onon- Les clans n'étaient nullement égaux comme nombre, efs, hé © omme influence ou comme ran r: les distinctions EnomM de Entre eux étaient si marquées que quelques écrivains nées si n'ont reconnu que les trois clans tenant le premier vu Jet rang et qui étaient : la Tortue, l'Ours et le Loup; à affaibli © Quelques-uns des clans appartenait le droit de donner qui leu Lin chef à la nation et à la ligue ; d’autres avaient celui et ter de nommer trois ou quatre chefs, tandis que d’autres s f0rêk | encore n'avaient droit à aucun vote. Les clans n'étant su . qu'une extension du lien de famille, ces chefs arrielasou- !

Û chacu : de l'Ours, du Castor, de la Tortue, du Cerf, de la Bécasse, du Héron et ivisions, # du Faucon, (Morgan, 79.) Les clans de la Bécasse et du petit Héron mment, sont ceux désignés dans les premiers documents français sous le nom

. de famille du Petit Pluvier et de famille du Grand Pluvier.

le, on cil Dans l'origine, tout mariage était interdit entre les membres d'un hameau ? même clan. Une autre tribu, celle des Chactaws, éloignée des Iroée dan . quois et parlant un langage radicalement différent, était aussi divi-

“ste en huit clans, avec même interdiction de mariage. (Gallatin, rmer là « Sunopis, 109.) Les Creeks, au dire de leur vieux chef, Sekopechi, à 4 M. D. W. Gakins, étaient également divisés en neuf clans, avec dé- + uominations d'animaux ; l’hérédité était aussi toujours transmise par | » les femmes,

8, mais 0!

du Loup,

XLIT INTRODUCTION.

vaient à être héréditaires, Le successeur d’un chef était en général un de ses parents, toujours par la ligne féminine, tel qu’un frère de mère ou le fils d’une sœur; mais si ces proches parents étaient considérés comme incapables, le conseil assemblé élisait dans le clan un chef à degré de parenté plus éloigné; on croit qu’en ce cas le successeur était choisi par la matrone tenant le ménage du défunt!. Quoi qu’il en soit, le choix ne contrariait jamais l’inclination populaire, Le nouvel élu était « élevé » ou installé par un consei solennel des sachems de la confédération ; en entrani dans ses nouvelles fonctions, il quittait son nom tt prenait celui qui, depuis la formation de la ligue, ap: partenaït en propre au chef de ce clan particulier.

2es principaux chefs, appelés sachems, formaien: un conseil et leur nombre variait de huit à quatorze: le: sachems des cinq nations, au nombre de cinquant: en tout, assemblés en conseil général, représentaient le gouvernement de la confédération ; ils étaient tou: égaux; il 7 avait cependant une exception pour k dignité particulière attachée à l’atotarho des Onon:dagas,

Il existait encore une classe de chefs inférieurs san: titre d'hérédité, et n’arrivant au pouvoir que par leu habileté et leur valeur; nonobstant cela, leur rang était claireme ndiqué, et le conseil procédait à leu: installation, ‘tte classe, qui eût pu répondre à notr classe moyenne, était, comme elle, souvent la plu vaillante, la plus habile, et les Iroquois les plus re:

marquables sortaient de ces chefs intermédiaires, 1h

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