INTRODUCTION, LANI I
sie que sur l'effet des remèdes naturels; les mêmes démonstrations bruyantes mises en usage par le sor-
à cier lui servaient à chasser le démon femelle qui tour- . mentait son patient, à cela se bornaient d'ordinaire ï ses moyens de gutrison, Le devin ou prophète disait
posséder le don de lire les secrets de Favenir; il el l'exerçait en examinant le vol des oiseaux et les mounl vements de l’eau et du feu. Les Algonquins avaient, ai cux, un mode particulier de divination, qui subsiste
cucore parmi leurs tribus. On élevait une hutte de té- lornie conique en plantant des perches en cercle, et vre “nouant leurs sommets à la hauteur d'environ sept en! eds de terre, puis on recouvrail le tout de peaux de cte, hètes, Le prophète se glissait dans l'intérieur et fer- “ha: mait l'ouverture derrière lui; alors commençaient le
roulement de tambour et les chants magiques par les- Dä quels 1 évoquait les esprits, dont les voix faibles et doc- | igreletles se mêlaient bientôt à ces chants lugubres, vent tandis que le jongleur s'arrètait de temps en temps recs | pour faire part à l'assistance attentive, el assise en imnes
. «chors de la tente, des communications qu'il recevait + | | Ÿ , x r les & desesprits. Pendant toute la durée de la scène, la butte
is les & élait secouce de part et d'autre avec une violence qui er les & eût pu confondre le simple spectateur, mais dont les
orme & jésuites nous ont laissé l'explication naturelle !, Les
te, EE sorciers, médecins et devins n’exerçaient pas habiaëme @ luellement les fonctions religieuses, Chacun pouvait asail Boinr le sacrifice à celle des divinités qu’il voulait se eme Brcndre favorable, Dieu, manitou, esprit, gardien, ou peut NP ET Sd it au EE ss le premier cette coutume, et depuis lors
fait la mème remarque, Le Jeune, daus sa R'ution de l'année 1637, traite assez longuemeut le sujet.
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objet inanimé, à son choix dans la longue nomenceliture que nous avons donnée, L’offrande la plus conmune consistait en tabac, jeté dans l’eau ou dans le feu ; parfois on grillait de la viande en l'honneur des manitous, et lors des rares occasions solennelles et publiques, on sacrifiait un chien blanc (l'animal mystique de la plupart des tribus) aux esprits supérieur“, ou bien au soleil, avec lequel l’ndien primitif les confondait sans cesse. Depuis que le christianisme a modifié ses idées religieuses, il n’en a pas moins conservi la coutume de sacrifier des chiens au Grand Esprit. Dans ces cérémonies solennelles, la fonction de sacrificateur était occupée par l’un des chefs ou par de: guerriers désignés !,
Chez les Hurons, les [roquois, et chez la plupart de: tribus sédentaires, il existait un nombre incroyable de cérémonies mystiques, extravagantes, souvent répugnantes, réputées souveraines pour la guérison de: malades, ou pour la prospérité générale. Nous avons dit que les songes dictaient une partie de ces grotesques coutumes, qui se transmettaient comme un hi: ritage sacré de génération en génération, De même, non-seulement les mascarades, les danses, et souvent des orgies indescriptibles étaient scrupuleusement ob-
1. La plupart des solennités indiennes avaient des sacrilices pr objet; sacrifices offerts à tous les objets de sa superatition, On off d'abord à haute voix les aliments à la chose qu'on avait à cœur de: rendre farci rer pou. elle, Voir pour le meilleur compte reudu des fètes religieus: chez les sauvages, Perrot, chap. V.
Les tribus de la Virginie, décrites par Beverley et d'autres aut avaient nou-seulement des prêtres pour offrir les sacrifices, nn encore des idoles et des demeures spéciales pour le culte,
able ; après quoi, les assistants s'empressaient de Les dév-k
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INTRODUCTION. LXXV
cservées, Dans la conviction de leur caractère solennel, si les enfants imitaient, dans leurs jeux, l’un de ces mystères, ils étaient sévèrement punis. Il existait, et il existe encore dans plusieurs tribus, des sociétés secrètes de sorcellerie, auxquelles on était initié, avec des rites particuliers. Ces associations sont très-redoutées et respectées; elles possèdent des charmes pour l'amour, pour la guerre; elles viennent en aide, par ces moyens, aux vengeances particulières, et exercent ainsi une grande ct pernicieuse influence 1.
Nous laisserions incomplète cette notice sur les superstitions américaines, si nous ne mentionnions pas les contes et les récits qui ont entretenu ces idées de père en fils. On sait que quelques-unes de ces légendes ont été connues dès les premiers rapports des sauvages avec les Européens, L'une d'elles, au moins, rapportée par les premiers missionnaires du bas Saint-Laurent, subsiste encore parmi les tribus des Lacs supérieurs, Un certain nombre de ces fables contient un curieux mélange de croyances sûrieusement admises et de faits drôlatiques, qui ne manquent jamais de produire l'effet de rire attendu autour du foyer des wigwams, Les géants, les nains, les esprits, les animaux, les monstres incroyables, les tours de sorcellerie, les métamorphoses inattendues, forment le fond de toutes ces histoires, La plupart des contes iroquois sont, bien qu'avec des inventions absurdes, d’un caractère guerrier et hardi; les contes algonquins, eux, sont niais et vides de tout
1, Carver dans ses Voyages, 271, à décrit les cérémonies initia-
ives de la Société fraternelle de l'Esprit, qu'il avait vues, et qui contvent encore aujourd'hui son existence et ses rites,
INTRODUCTION
intérêt, à un degré rare, et ceux des tribus du Dahcotah ne valent guère mieux !.
Il ressort de tout ceci, que l'intelligence des Indiens ne s’est jamais élevée jusqu'aux pensées sérieuses; les êtres qu’ils se sont créés ne sont que des personnifications, soit de la nature, soit des incidents de la vie réelle, soit des mouvements de l'esprit humain, de ses volontés ou de ses passions,
Vivant au milieu de la nature, le sauvage en ignorait les lois; rapportant ses phénomènes et ses évolutions à des causes occultes, il se fermait le champ de l’observation et de l'expérience raisonnée. Ce système d’absurdités lui faisait croire que lorsque le vent soufflait avec violence, c’est que le grand lézard d’eau, qui fait le vent, était sorti de ses marécages; si les éclairs se succédaient, fréquents et menaçants, il fallait en accuser l'agitation de certains jeunes oiseaux dans leurs nids; la moisson était-elle abimée, ils y voyaient la
4. L'existence de cette superstition chez les Algonquins et dans lex parties reculées du Ganada est bien avérée, l'auteur l’a retrouvée ausa parmi les bandes de l’ouest du Dahcotah, Il essaya, au mois de juillet, de persuader à un vieux chef, conteur renommé, de lui narrer quelquesuns de ses récits; mais bien qu'infiniment loquace sur le sujet de s< aventures et de ses rêves, le sauvage refusa obstinément, arguant qu hiver était le temps des contes et qu'il serait mauvais d'en parle: en été,
M. Schoolcraft à publié une collection de ces contes algonquins, sous le titre de Recherches algiques. La plupart ont été traduits par sa femme, une Objibwa métisse, de l'éducation la plus soignée. Le: très-intéressantes Légendes des Siour (du Dahcotah) de Mrs Eastini sout de la même valeur. Quelques autres contes sont disséminés dar: les œuvres de M, Schooleraft et divers écrivains modernes; on el trouve aussi dans les écrits de Lafitau et des autres jésuites, Mais pe de contes iroquois ont été imprimés, bien qu'on en ait transerit un grand nombre, V, la singulière Histoire des cinq nations, par le vi Indien Tuscarora, Consiek et l'Histoire d'Onondaga de Clark.
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INTRODUCTION, LXXVIL colère de l'Esprit des grains, et si les castors se laissuient difficilement attraper, c'est qu'ils se regardaient comme offensés en voyant la carcasse de l’un d'eux jetée en pâture aux chiens. Aussi, en prenant comme spécimen du développement possible de l’intellect chez les Indiens du Nord, un Iroquois (leur type le plus élevé), il y aura toujours des points de conceplion aisée, en apparence, que sa nature n’atteindra pas, ct le sauvage, même très-développé, restera stationnaire au degré le plus décourageant, Les traits mêmes qui élèvent cette race au-dessus des races serviles et abâtardies, la rendent antipathique au genre de civilisation que celles-ci, leurs inférieures à d'autres litres, peuvent adopter.
Un esprit d'indépendance intraitable, l'orgueil, qui lui défend l’imitation, premier jalon de l'éducation, ne contribuent que trop à encourager cette léthargie morale, dont presque aucun effort n'a encore réussi à le lirer, et nous pouvons affirmer conseiencieusement qu'il n'y à guère d'autre race qui, en choisissant des sujets pris même au berceau et enlevés à toutes les influences des milieux, ait offert d'aussi grandes difficultés à ceux qui ont voulu se dévouer à son perfeetiunnement,
Pour résumer ces observations, nous dirons que l'indien s'était créé un culte aussi sauvage que Pétaient ses instincts, Partagé entre le fétichisme et le genre de religion que nous avons décrit, sa conception des attibuts de ses dieux ne pouvait être différente de ee qu'on en devait attendre; ses dieux ne valaient guëre Mieux que lui-même. Alors même qu'il eut emprunté a christianisme l'idée d’un Esprit suprème et univers
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sel, il suivit sa tendance naturelle à réduire cet Etre suprême à une forme humaine, à une demeure locale au niveau de laquelle il pût atteindre, et cette disposition ne se modifie que chez les tribus entrées en contact avec la civilisation depuis bien plus longtemps que d'autres. Aussi dirons-nous que la création poétique de l'Indien primitif offrant un hommage spontané au Grand Esprit unique, omnipotent et universel, n'est qu'un rêve de l'imagination des poëtes et des rhétoriciens sentimentaux, qui n'ont pas vu de près l'Indien réel, et tel que l'observation personnelle nous a permis de le décrire.