‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 32 sur 117 · WEST MA!’°! STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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le plus élevé le zèle religieux et l'audace aventureuse, Chaque vaisseau arrivant du Nouveau Monde redoublait cette ferveur, cette poursuite de l'inconnu, et apportait des récits qui laissaient bien loin les fictions de l'épopée chevaleresque.

Les aventuriers s’élançaient vers l'Amérique, dévorés de la soif de la gloire et de l’or; les Espagnol: alors considéraient le Nouveau Monde comme une région pleine d’un mystère merveilleux, et ils en entreprenaient la conquête avec un mélange de l’enthousiasme des Croisés et du cruel fanatisme de cette époque, de la bravoure des chevaliers errants et aussi de Ja rapacité des pirates.

Ils parcouraient les mers inexplorées, escaladaient | des montagnes inconnues, traversaient les forêts

vierges des tropiques, et ajoutaient chaque jour de EM nouveaux archipels, avec leurs trésors d’or et de MM

pierres précieuses, à des empires barbares re-

gorgeant de richesses, tribut parfois, comme au Bu Mexique, d’une civilisation avancée, Au milieu de 4 tant de réalités surprenantes, comment s'étonner ; que l'imagination débordât dans des rêves, et qu'il PM

se trouvât des hommes prêts à risquer leur vie, leur honneur à la poursuite de chimères et d’aventureuses fantaisies ?

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De ce nombre était Juan Ponce de Léon, vieux cavalier dont l’âge n'avait pas amorti la fougue inquiète.

Amoureux également de richesses et d'honneurs, il s'embarqua, en 1512, avec trois brigantins, à Porto- Rico, en quête de découvertes. Ce qui le poriait le plus à cette entreprise était la fable courant parmi les naturels de Cuba, que dans l’île de Bimini, une des Lucayes, se trouvait la véritable fontaine de Jouvence!. Sur les côtes voisines, une rivière, qu'on croyait devoir être le Jourdain, passait pour posséder les mêmes vertus. Ponce de Léon trouva l’île de Bimini, mais sans la fontaine; poussant vers l’ouest, il s’approcha d’une terre inconnue qu'il appela la Floride, explora la côte jusqu’à l'extrémité de la Péninsule, puis revint à Porto-Rico sans avoir reconquis sa jeunesse, bien que conservant l’activité de son esprit; neuf ans après, il tenta de fonder une colonie à ia Floride, mais, attaqué par les Indiens et mortellement blessé, il mourut à Cuba.

Les voyages de Garay et de Vasquez de Avyllon Jetèrent une lumière nouvelle sur les découvertes de Ponce, et les Espagnols connurent les contours extérieurs des côtes de la Floride, Pendant ce temps,

1, Voir Fontanedo dans Ternaux-Compans, Recueil sur la Floride, 18, 19, 42, — Herrera, Hist, gener, — Hakluyt, Foyuges,

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Cortez conquérait le Mexique, et l'Espagne retentissait du bruit de cet héroïque exploit souillé par tant de cruauté et de crimes.

L'imagination surexcitée des Espagnols crut trouver dans la Floride une pareille mine de trésors, et Pamphile de Narvaez essaya de conquérir ce pays de richesses présumées. Il débarqua sur les rives de la Floride, intimida les naturels, proclama la souveraineté du pape et de l’empereur, et pénétra avec trois cents hommes dans les forêts. Rien ne peut dépasser les souffrances qu’ils endurèrent ; la faim et les Indiens se réunirent pour les décimer. Enfin, après avoir parcouru 280 lieues d’un pays absolument dépourvu de tous les trésors qu'ils espéraient, ils atteignirent le versant nord du golfe du Mexique, et se jetèrent dans de misérables barques qu'ils parvinrent à construire : tous périrent, et Narvaez parmi eux, à l'exception de quatre qui revirent, après des années de détresse, les établissements chrétiens de la Nouvelle-Espagne ; et l’intérieur de la vaste con-

1. Narration d'Alvar Nuñûez Cabeca de Vaca, le lieutenant de Nare vaez, traduite par Buckingham Smith, Cabeça, un des quatre aventuriers qui survécurent, résida pendant des années parmi les tribus du Mississipi, traversa le Mississipi près de Memphis, gagna, par l'Arkansas et la rivière Rouge, le nouveau Mexique et Chihuahua, le golfe de Californie et enfin Mexico. Son récit est un des plus remarquables parmi les premières relations,

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PREMIERS AVENTURIERS. 5 trée connue alors sous le nom de la Fioride resta inexploré.

Les visions de gloire et de fortune hantaient trop les cerveaux chevaleresques de l'Espagne pour qu'ils restassent longtemps inactifs. Hernando de -Soto était venu en Amérique comme un aventurier de cape et d'épée; mais, ayant suivi la fortune de Pizarre, scs exploits au Pérou le rendirent riche et célèbre. Revenu à la cour avec tous les dehors d’un gentilhomme, son ambition, pleine d’avides désirs, le tourmenta, et il obtint la permission de tenter de nouveau la conquête de la Floride. Les récits volontairement mensongers de Cabeça de Vaca, un des survivants de l’expédition de Narvaez, avaient enflammé son ardeur; sur la foi des richesses que Cabeça annonçait comme existant à la Floride, les projets de Soto furent accueillis avec enthousiasme ; on se disputa l’honneur de le suivre, et, muni d’un armement considérable pour l’époque (1539), il débarqua à la baie du Saint-Esprit (actuellement Tampa-Bay), avec 620 hommes d'élite.

Jamais troupe mieux choisie, armée et préparée n'avait mis le pied sur les rives du Nouveau Monde.

| Les pompes de la religion se mélaient à l'éclat des | armes; les ornements sacerdotaux, les objets du culte

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