‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 33 sur 117 · UN · texte numérisé non relu

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n avaient pas été oubliés, Soto ayant eu soin de déclarer que l’entreprise était faite en vue de la gloire de Dieu seul.

Cependant nous ne pourrions que répéter à cette

occasion le lamentable récit déjà fait, les mêmes illusions déçucs, des sauvages détenus injustement, et de longues et pénibles pérégrinations qui, après avoir fait traverser à la petite armée la Géorgie, l’Alabama et le Mississipi, l'amenèrent sur les bords de ce grand fleuve. Les Espagnols le décrivent avec sa largeur de près d’une demi-lieue, emportant des arbres entiers dans son cours rapide et tourbillonnant. Ils le traversèrent près des bouches de l’Arkansas et s’'avancèrent, ne trouvant, au lieu de trésors, que l°s naturels, ennemis aussi furieux, dit un des officiers, « que des chiens enragés ! », Ils pénétrèrent jusqu'aux prairies des tribus errantes, et, ne trouvant ni l'océan du sud, ni l'or qu'il espéraient, ils revinrent vers les rives du Mississipi.

L’orgueilleuse énergie de Soto, qui l’avait soutenu au milieu de tant de misère, céda après ce revers Gécisif : saisi d'un accès de fièvre, il mourut. Afin de soustraire son corps aux Indiens, on l’ense-

4. Relations de Biedma et du Portugais de Elvas, préférables à celle

trop dépourvue de vérité de Garcilaso,

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PREMIERS AVENTURIERS. 1 velit, à minuit, dans les flots du Mississipi, qui se refermèrent sur ses espérances déçues (1543).

Lui mort, le découragement de ses compagnons n’admit plus que le désir de rejoindre des établissements amis. Après une vaine tentative pour gagner Mexico par terre, les tristes débris de ceux qui, plus de trois ans avant, étaient partis de la baic de Espiritu- Santo pleins de vie et d'espoir, quittaient les rives du Mississipi dans sept barques construites par ces malheureux, qui leur confiaient leurs vies. Décimés par les Indiens, ils arrivèrent à la colonie espagnole située sur la rivière Panuco, où ils furent reçus comme des frères ; 311 hommes avaient seuls échappé à des dangers sans nom, laissant les ossements de leurs camarades semés le long de ivur route dans des solitudes inconnues.

Leur sort ne suffit pas pour arrêter les aventuriers; mais l'empereur refusa son consentement à aucune opération de ce genre. Une plus pacifique entreprise fut faite par un moine dominicain, Cancello, qui tenta, avec plusieurs de ses confrères, la conversion des Indiens, et périt assassiné. Toutes les diverses autres expéditions ne procurèrent aucun établissement aux Espagnols dans la Floride,

Ce nom, tel que les Espagnols l’entendaient à cette

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époque, s’étendait sur toute la contrée comprise depuis l'Atlantique, à l’est, jusqu’au Nouveau-Mexique, à l’ouest; puis du golfe du Mexique jusqu'aux régions indéfinies du nord de la mer Polaire‘, Cet immense territoire était réclamé par l'Espagne, en raison du triple droit des découvertes de Colomb, des

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: concessions du pape, et des expéditions ci-dessus à

F mentionnées. L’Angleterre y prétendait par les JM

À découvertes de Cabot, tandis que la France ne pou- 2 are

À. vait invoquer d'autre titre de possession que celui M Gaspard «

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à | L'Espagne ne cessa de convoiter le domaine BE

4 qu’elle ne pouvait occuper; elle surveillait la France Vers le

é en particulier d’un œil jaloux. Lorsque, en 154, venue l’o Cartier et Roberval essayèrent de fonder une co- vieilles lit lonie dans la partie de l’ancienne Floride espagnole politique, nommée maintenant le Canada, elle dépêcha es- bis de so pions et vaisseaux pour suivre cette entreprise, qui toutes les E échoua. Ses craintes étaient fondées ; si le Canada pays ; auss resta longtemps solitaire, un jour vint où la France regorgeait

‘ et le protestantisme devaient se rendre maîtres des LB le fantôme

scmbres forûts de la Floride moderne.

1. Barcia parle de Québec comme faisant partie de la Floride,

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et sur une carte du temps d'Henri IT, roi de France, tout le nord de l'Amérique est nommé Terra Florida.

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