‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 49 sur 117 · OU · texte numérisé non relu

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MASSACRE DES HUGUENOTS. 03 teau rapporta les armes et les armures; l’Adelantado ordonna à vingt soldats d'amener les infortunés prisonniers liés dix par dix ; il exigea même des officiers que, vu leur grand nombre, ils se laissassent attacher les mains, afin d’être, disait-il, conduits au camp distant de quatre lieues. La journée entière s'teoula dans ce lugubre défilé; ici Mendoza, devinant leur sort, dit qu’il sentit ses entrailles de chrétien et de prêtre émues de compassion.

Il demanda donc que, si parmi eux se trouvaient des chrétiens, c’est-à-dire des catholiques, ils se déclarassent afin d’être mis à part: douze marins bretons et quatre charpentiers ct calfats, dont Menendez avoue avoir eu le plus grand besoin, furent ainsi épargnés et envoyés par eau à Saint-Augustin. Le reste fut obligé de marcher à la suite de l’Adelantado; arrivé sur un point désert, au milieu des hauteurs boisées, celui-ci s'arrêta, traçant une ligne avec sa canne sur le sable : laissons tomber un voile funèbre sur l’infâme drame dont ce mouvement était le signal. Pas un homme ne survécut. Les lettres de Menendez sont les seuls témoins des cruautés dignes de l'enfer qui se commirent là, au nom d’un Dieu,

sauveur de tous les hommes!

«Je leur fis lier les mains, écrit ee monstre fana-

oi LES HUGUENOTS A LA FLORIDE, tique; tous furent égorgés, Il m'a semblé que je ser. vais bien Dieu et Votre Majesté en les châtiant ainsi, ‘ar au moins cette mauvaise secte n'entravera plu: nos efforts pour semer la bonne parole dans ces contrées. »

Encore une fois, cette armée de bouchers rentra triomphante à Saint-Augustin; là, des nouvelles moins satisfaisantes l’attendaient; la tempête avait dispersé plusieurs de ses bâtiments, et la plus grandi partie de sa flotte était encore devant le fort Caroline, Pendant ce temps, Ribaut ne pouvait être loin, et, en quelque misérable état que fussent les naufrigés, leur nombre pouvait les rendre redoutables.

Les craintes devaient être bientôt dissipées. Le: Indiens annoncèrent qu'au mème lieu où l’on avait trouvé précédemment les Français, on voyait un nouveau groupe, plus nombreux que le premier, Menendez reconnut là le détachement commandé par Ribaut; marchant rapidement avec 150 hommes, il se tint comme un vrai sauvage en embuscade jusqu'au lever du jour, qui lui permit de voir les Françars construisant un radeau pour passer le petit canal. L’Adelantado et sa troupe se montrèrent alors, et les Français se mirent en ligne de bataille, Mais, alfectant l'indifférence, Menendez donna l’ordre de di-

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