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ses vues et la vivacité de son imagination, secondées par divers mécomptes, le disposaient singulièrement vers l’aventure qui s’ouvrait devant lui, et c’est à sa plume que nous devons la première et la meilleure relation des établissements de la Nouvelle-France, Il a été dit de lui, avec raison, qu'il était aussi apte à fonder une colonie qu'à en écrire l’histoire.
De Monts et Poutrincourt se mirent aussi à la recherche de prêtres consentant à s'attacher à leur fortune; car, l’un des griefs mis en avant contre eux, portait notoirement sur le peu de soin donné à la conversion spiritrelle des naturels; n..is on touchait à la semaine sainte, et aucun prêtre ne’répondit à leur appel pour les missions de l’Acadie. Ils réussirent mieux à engager des laboureurs et des artisans, auxquels on paya partie de leurs gages, en les envoyant en avant à La Rochelle; de Monts, Poutrincourt et Lescarbot les suivirent. Ce dernier charma son séjour à La Rochelle par un poëme intitulé : Adieu à la France, qui lui valut quelque renom. Mais des soucis plus sérieux les attendaient dans cette antique citadelle du calvinisme : la rigidité des habitudes y était telle, qu'à la moindre infraction, nous dit Lescarbot, «on y entendait panor.des ministres et du maire, » Les artisans venus de Paris, et logés
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LESCARBOT ET CHAMPLAIN. 191 dans le faubourg Saint-Nicolas, ne tardèrent pas à s’attirer les rigueurs de la police locale. Pendant ce temps, une tempête s’élevant, chassa au large 1eur vaisseau singulièrement nommé /e Jonas ; il toucha et s’enfonça dans les vases qui forment le lit de la mer autour de La Rochelle ; on perdit un mois à le renflouer, après avoir dû décharger la cargaison et employer les pompes pour sauver le navire, le tout à la satisfaction intime de la population rochelloise, Enfin, on put se mettre en route le 43 mai 1606 : Poutrincourt et Lescarbot avaient le commandement de ce médiocre équipage ; de Monts restait en France.
Le voyage se fit sans encombre, et l’on trompait les longs loisirs de la route en harponnant des marsouins, en dansant sur le pont du navire et en péchant des morues sur le grand Banc. Après deux mois de route, et quand, arrivés là, ils étaient impatients d'atteindre le continent prochain, d’impénétrables brouillards les enveloppèrent : soudainement, le voile se déchira, et le soleil éclaira sans aucun obstacle les fraîches collines et les forêts du Nouveau Monde, effet splendide que Lescarbot dépeint avec les couleurs d’un enthousiasme lyrique, Enfin, dans l'après-dinée du. 27 juillet, le Jonas traversa l'entrée
rocheuse du bassin de Port-Royal, et Lescarbot put contempler avec bonheur et étonnement la paisible étendue des eaux baignées dans le soleil d'été, et l'amphithéâtre de montagnes boisées, que notre voyageur considérait comme devant être le refuge futur du mérite méconnu et de l’industrie privée d'agents. Autour d'eux, tout était solitude, aucune voile n’animait cette baie silencieuse, et rien ne signalait la présence humaine.
Pourtant, à gauche, abritées par les bois, ils aperçurent les murailles de bois et les toitures de la colonie naissante. Un canot d’écorce, monté par un vieil Indien, s’avança avec précaution vers eux, tandis qu’un Français, arquebuse en main, descendait sur le rivage, et que du fort partait le salut du canon ; le vaisseau le répéta, les trompettes sonnèrent, les voyageurs débarquèrent et trouvèrent la garnison de Port-Royal, réduite à deux uniques Français!
Leur histoire fut bientôt dite : l'hiver avait été dur, quoique sans comparaison avec celui enduré à Sainte-Croix ; mais lorsque, le printemps écoulé, l’été s'avança sans apporter la moindre nouvelle de de Monts, lontgravé sentit de cruelles alarmes, et dut se mettre en quête de secours et de provisions. I! fit donc construire deux petits bâtiments, et partit
LESCARBOT ET CHAMPLAIN. 193 n') | put ; à la recherche de quelqu'un des navires français des Al ible À stations de pêche. Deux hommes s'étaient bravement ! ,et : offerts à garder l'établissement avec les munitions et |
ya- les armes ; ils eurent comme compagnon le fidèle |
tur | allié des Français, le chef indien Membertou, ; nts. ! encore renommé comme guerrier, bien qu'âgé de À n'a- ! plus de cent üns. F itla | Pendant que les deux défenseurs dinaient, Mem- “LL
bertou montait la garde; il signala l'approche du per- | vaisseau; dans l'incertitude de savoir s’il était ami ou M a Co- ennemi, l’un des Français courait armé vers le r r un rivage, tandis que son compagnon faisait montre des « LE tan- quatre canons laissés à sa disposition. Ce déploiement F4 ndait belliqueux se trouvait heureusement inutile, et il put ! | non ; saluer avec joie l'apparition du drapeau blanc flot- ; 1 ë t, les tant au haut du mât. el on de Les nouveaux venus se mirent à explorer curieu- ME sement leur future demeure : les uns visitaient les #
it été bâtiments d'habitation, tandis que d’autres, parcou- L luré à rant les prairies et les hoïs qui avoisinaient la rivière, Ne] , l'été entraient dans les wigwams des sauvages, réunis “4 le de à l’entour.
es, et Port-Royal avait repris une vie nouvelle, et la sa- 4 sions. tisfaction fut à son comble lorsqu'on vit entrer les ;
partit vaisseaux de Pontgravé, qu’un bateau détaché par
Poutrincourt, dans le but de reconnaître les côtes, avait rencontrés, et qui arrivaient à temps pour prendre part à une distribution extraordinaire de vin, que le commandant mettait à la disposition des hommes.
Pontgravé repartait peu après pour la France, espérant capturer quelques navires faisant la contrebande des fourrures. Champlain et Poutrincourt entreprenaient alors un voyage de déco:.verte sur un méchant navire de dix-huit tonneaux, et Lescarbot restait chargé de la garde de Port-Royal. Mais les coups de vent d'automne devaient arrêter leurs projets : arrivés à la partie sud-ouest de la cête du Massachussets, 1ls durent rebrousser chemin. A Port-Fortuné, depuis appelé Chatam-Harbor, les voyageurs conçurent une triste opinion de l’hospitalité indienne : cinq de leurs compagnons qui, contrairement aux ordres donnés, avaient passé la nuit sur le rivage, furent assaillis pendant leur sommeil, près du feu, par les flèches de quatre cents sauvages, et eurent deux hommes de tués; les survivants prirent la fuite, mais hérissés de flèches comme des porcs-épics : scène comiquement peinte par Champlain; lui et Poutrincourt, réveillés en sursaut, en entendant du vaisseau les cris de guerre
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LESCARBOT ET CHAMPLAIN. 195 indiens, sautèrent en chemise, avec huit marins, dans une barque, et chargèrent la multitude enragée, qui prit la fuite, terrifiée par ces sépulcrales apparitions. « Ainsi, nous dit Lescarbot, trente-cinq mille Madianites disparurent devant Gédéon et ses trois cents compagnons. » Les Français enterrèrent leurs morts; mais, pendant qu'ils chantaient les psaumes, les Indiens, qui s'étaient mis hors de portée, dansaient de joie, avec des gestes de dérision; et à peine virent-ils leurs ennemis rembarqués, que, déterrant les victimes, ils les brülèrent et s’affublèrent de leurs vêtements. Peu charmés du pays et des indigènes, les explorateurs mirent le cap sur Port. Royal. Près le Mont-Désert, un terrible ouragan faillit causer leur perte ; et le but du voyage, celui de trouver pour la colonie un site dans une région plus chaude, se trouva manqué. Beaucoup d'entre eux avaient péri ou reveñaient malades ; le fils de Pontgravé eut la main emportée par son arquebuse; leur gouvernail avait été brisé, et ce n’est qu'à l’aide des rames, que, le 44 novembre, ils faisaient une triste rentrée dans Port-Royal.
Lescarbot et ses compagnons les attendaient avec une vive anxiété ; mais son esprit alerte et énergique avait conçu mille projets en leur absence, pour sou-
tenir les courages abattus par tant de mésaventures et de déceptions.
On raconte donc que, lorsque Poutrincourt et Champlain approchèrent des clôtures en bois de Port- Royal, Neptune s’avança, suivi de ses tritons, pour recevoir les voyageurs et les haranguer en vers improvisés pour l’occasion par Lescarbot. Puis, en entrant, ils virent les armes de France peintes sous l’arcade, entourées de lauriers, et accompagnées des écussons de de Monts et de Poutrincourt ‘.
L'ingénieux auteur de ces poétiques passe-temps s'était occupé pendant l'absence de ses associés de travaux plus utiles au bien-être de la colonie. Sur les bords de la rivière d’Équille, ou d’Annapolis, il avait vu de belles prairies où paissaient de jeunes daims, ioulant le gazon du piétinement de leurs sabots. Près du fort, il brûla l'herbe, puis sema du seigle, de l'orge et du froment. Dans son zèle, il travaillait de ses mains à ces plantations jusque sous le clair de lune. Les prêtres ayant tous succombé aux atteintes du scorbut, à Sainte-Croix, Lescarbot essaya de les remplacer, en tant qu'un laïque le pouvait, en lisant, le dimanche, à haute voix, les saintes Écritures, et
1. Lescarbot, Muses de la Nouvelle-France, où il donne tout le programme de la réception,
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LESCARBOT ET CHAMPLAIN. 197 en donnant des explications qui laissent quelque peu à désirer au point de vue de l’orthodoxie. Enfin, les soirs où le jardinage ne l’absorbait pas, il préparait les matériaux pour son Histoire de la Nouvelle- France, dans laquelle son excellent bon sens et sa réelle intelligence se manifestent sans cesse,
L'actif Lescarbot retrouvait alors des compagnons plus à sa portée que ne l’avaient été les laboureurs, artisans et soldats réunis le soir autour des grands feux, Port-Royal formait un carré de construction en bois, avec une large cour au milieu ; et sauf les morceaux de terrain qu'on avait défrichés, et le cimetière, tout l’espace adjacent était obstrué par les souches des arbres qu’on abattait chaque jour.
On avait cette fois largement fourni aux besoins matériels des colons, et Lescarbot ne tarit pas en éloges sur la générosité de de Monts et des deux marchands de La Rochelle qui avaient frété le Jonas. Le vin, entre autres, y était en une abondance exceptionnelle, appréciable sous ces froides régions.
Les personnages marquants de la colonie, au nombre de quinze, formaient la table de Poutrincourt : celle-ci, par une heureuse combinaison de
‘Champlain, était toujours bien fournie. Il réunit les
quinze en un ordre intitulé «l'Ordre de Bon-Temps ».
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Chacun était grand-maître à son tour pour vingtquatre heures, et ses fonctions l’obligeaient à bien approvisionner la compagnie: l’amour-propre s'en mêlant, le futur grand-maître était occupé, pendant plusieurs jours à l'avance, à recueillir des provisions en chassant, en pèchant et en faisant des échanges avec les Indiens. Aussi la table regorgeait-elle de toutes les victuailles de l'hiver : chair de daims, de caribou, gibier, tel que cerfs, castors, loutres, lièvres, ours; puis venait le gibier d’eau, les canards, les oies sauvages, les pluvicrs, grouses, esturgeons, truites et tous les innombrables poissons fournis par l'Équille, dont on cassait la glace, ou encore pêchés dans la mer qui les avoisinait. « Aussi, nous dit Lescarbot en énumérant le menu, quoi qu’en puissent penser nos gourmands en France, nous fimes aussi bonne chair à Port-Royal qu'eux à leur rue aux Oües à Paris ; et cela, certes, à meilleur compte, »
Le grand-maître du jour régnait à la cuisine, et répondait de la préparation culinaire de ces provisions variées.
Ces repas somptueux comportaient également un cérémonial en harmonie avec leur luxe : lorsque midi avait sonné, le grand-maître entrait dans la salle, son bâton d'office à la main, et au cou le col-
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LESCARBOT ET CHAMPLAIN. 199 lier de l’ordre, dont le chroniqueur nous décrit la richesse. Toute l'assemblée le suivait, portant chacun un plat; on invitait les chefs sauvages : le vieux Membertou était, lui, un hôte attitré, assis chaque jour à la table des Français, qui se plaisaient à l'avoir dans leur compagnie. Ceux d’un rang inférieur, guerriers, femmes, enfants, assis par terre dans les coins de la salle, attendaient leur portion de pain ou de biscuit, nouveauté fort enviée, Ainsi, bien traités, ils aimaient les Européens, qui les suivaient dans leurs chasses, et partageaient souvent leurs bivouacs d'hiver. Le repas du soir comportait moins de cérémonial : lorsque les fondateurs de la Nouvelle-France et leurs fauves alliés étaient réunis autour des troncs de bois enflammés, le grand-maître, remettant ses insignes à son successeur, le défiait joyeusement en buvant à sa santé, C’est ainsi que ces ingénieux Français trompaient l'ennui des longs hivers d’exil.
La saison fut exceptionnellement douce ; car, jusqu’à janvier, on put se passer de vêtements de renfort. On faisait des parties de pêche et de chasse, «et je mesouviens, dit Lescarbot, que, le 14 janvier, nous nous amusâmes, une après-dinée du dimanche, à chanter sur la rivière d'Équille ; puis que dans le même mois nous allâmes voir les champs de seigle à
200 LA NOUVELLE-FRANCE, deux lieues du fort, et que nous dinâmes gaiement au soleil, »
La boune nourriture et cette intelligente activité les sauvegardèrent en partie du scorbut; et bien que la fin de l’hiver devint très-rigoureuse, quatre hommes seulement moururent, La neige fondit à son tour, et lorsque le sol noirâtre apparut, ils eurent la satisfaction de voir leurs semences d'automne perçant la terre. L’inaction forcée de l'hiver prenait fin; les charpentiers construisaient un moulin à eau, d’autres faisaient les clôtures des champs, soignaient les jardins; leurs camarades prenaient au filet les bandes de harengs au passage, et les chefs eux-mêmes, gagnés par la contagion du mouvement, oubliaient les préjugés de la mère-patrie en allant, comme Poutrincourt, récolter de la résine dans les bois pour la convertir en goudron, selon un procédé de son invention, tandis que Lescarbot, sa bêche en main, travaillait tout le jour à son jardin.
Tout semblait promettre un avenir heureux, mais un coup sensible allait atteindre le brave cœur de Champlain et la vive intelligence de Lescarbot. A la fin du printemps, un matin, le fidèle Membertou signalait une voile à l'horizon. On courut au rivage, mais la vue de l’Indien centenaire défait encore la
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LESCARBOT ET CHAMPLAIN, 201 ment leur : il: ne purent rien voir, Leurs doutes ne de- 4 vaient pas être de longue durée : un petit voisseau ne : té les tarda pas à jeter l'ancre en vue du port, commandé ue la par un jeune homme de Saint-Malo, du nom de Che- | } nmes valier, Il portait de funestes nouvelles : le monopole | ur, et de de Monts était rétracté, l'entreprise par suite À isfac- frappée de mort, puisque, Port-Royal n'étant plus nt la soutenu, la compagnie ne pourrait garder à sa charge | ; les les laboureurs et les artisans qui étaient à sa solde. 'L d'au- L'annulation des lettres patentes n'était encore | at les qu'une partie du désastre : le: Hollandais avaient, | andes paraît-il, pendant l'été précédent, trouvé la route du | La , ga- Saint-Laurent, et ils rapportaient une énorme quan- ‘fl at les tité de fourrures, pendant que d’autres contreban- A Pou- diers faisaient le même trafic le long des côtes, et LH tn ln poussaient l’avidité Jusqu'à déterrer les corps des "| tvèn- Indiens, afin de les dépouiller de leurs robes funétra raires.
C'était aux pêcheurs et marchands normands, bredits tons et biscayens, exaspérés de leur exclusion d’un 4) it: de commerce lucratif, et de quelques saisies qu'ils Ah Al s'étaient attirées, que nos Français devaient ce soup bin sf de foudre ; on avait semé l'argent et la corruption vage, à la cour, et le monopole, concédé injustement, était y
annulé plus injustement encore; on allouait à de
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Monts et à ses associés, qui avaient dépensé plus de cent mille livres, six mille livres à prélever en forme de taxe sur les trafiquants en pelleteries,
Chevalier, messager de ces sombres nouvelles, reçut à Port-Royal une hospitalité peu méritée, puisque, porteur de toutes les provisions de bouche envoyées par le généreux de Monts à ses amis de la Nouvelle-France, son équipage et lui les avaient entièrement dévorées en route, alléguant comme excuse, qu'ils supposaient trouver tous les membres de la colonie morts à leur arrivée.
On n'avait plus le choix des moyens, Port-Royal devait être abandonné; Poutrincourt seul, qui, en vertu de la concession à lui faite par de Monts, possédait le lieu de l'établissement, résolut bravement de poursuivre l’aventure et de décider sa famille à une émigration complète; il se mit ensuite activement à la triste tâche d’embarquer les hommes, les munitions, les provisions pour Canseau, où stationnait le navire le Jonas, compensant un peu ses pertes par les profits de la pêche à la morue.
. Le fidèle Membertou manifesta le chagrin le plus vif du départ de ses amis; il avait élevé un village palissadé près de Port-Royal, et y avait réuni environ quatre cents Indiens dans le but d’une excursion
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LESCARBOT ET CHAMPLAIN. 203 guerrière sur les côtes du Massachussetts et du Maine-Ouest; ce projet avait servi son importune mendicité auprès de Poutrincourt. Il demandait depuis un boisseau de grain jusqu’à une tonne de vin. La longue carrière de Membertou n’avait pas été une vie de repos, et nul dans toute l’Acadie n’eût pu rivaliser avec lui pour le nombre des actes de cruauté et de traîtrise; aussi ses ennemis ne l’épargnaientils pas, et assuraient-ils que son affection pour les Français n’était qu’affaire d'intérêt; un des chefs rivaux assura même à ces derniers que ces grands préparatifs n'avaient d’autre but que de saisir et de piller Port-Royal. Des précautions furent donc prises, mais elles semblaient inutiles; en effet, bientôt les guerriers commencèrent les chants et les danses de guerre, et peu après, la flottille de canots d’écorce se mettait en marche; enfin, six semaines plus tard, la bande reparaissait, célébrant par ses sauvages hurlements des exploits que l’infatigable Lescarbot à chantés en vers.
Celui-ci quittait bien à contre-cœur sa demeure, ses champs, les jardins et toute la prospérité naissante de la Nouvelle-France, à laquelle il avait pris une si grande part ? il partit pour Canseau le 13 de juillet, Poutrincourt restait le dernier avec Cham
plain, car il voulait connaître avant son départ les n'él
résultats de ses travaux agricoles, | d’e: