‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 77 sur 117 · POUTRINCOURT · texte numérisé non relu

POUTRINCOURT

tait dans ses Mémoires, fait d'une des dernières tentaou- tives du roi auprès d'elle; il nous dit qu’à cette épo- | ci- que elle était déjà remariée au duc de Liancourt, et de nous croyons à une erreur, car ce mariage ne prit un place qu'en 1594; madame de Guercheville avait e de refusé de prendre le titre de Liancourt parce qu'il | om- avait été porté précédemment par la trop célèbre du- | rôle chesse de Beaufort, scrupule que son biographe taxe | : Je avec raison de « trop affecté ». Venons au récit : | | L 9 . . .

vre, «Enfin ce prince s’avisa un jour, pour dernière ou- ressource, de faire une partie de chasse du côté de la crut Roche-Guyon; et sur ia fin de la journée, s'étant cé- séparé de la plupart de ses courtisans, il envoya un être gentilhomme à la Roche-Guyon demander le couvert | eve- pour une nuit. Madame de Guercheville, sans s’em- | Q . + : 4 | barrasser, répondit au gentilhomme que le roi lui | | afin ferait beaucoup d'honneur, et qu’elle le recevrait de | a se son mieux. En effet, elle donna ordre à un magni- | r la fique souper ; on éclaira toutes les fenêtres avec des | ‘elle torches (c'était la mode en ce temps-là); elle se para de gt ses plus beaux habits, se couvrit de perles (c'était aussi isy, la mode); et lorsque le roi arriva, à l’entrée de la ww: nuit, elle alla le recevoir à la porte de sa maison, 2 LE e suis accompagnée de toutes ses femmes, et de quelques r être

gentilshommes du voisinage. Des pages portaient les

torches devant elle. Le roi, transporté de joie, la trouva plus belle que jamais : les ombres de la nuit, la lumière des flambeaux, les diamants, la surprise d'un accueil si favorable et si peu accoutumé, tout contribuait à renouveler ses anciennes blessures, « Que vois-je, Madame? lui dit ce monarque tremblant, est-ce bien vous, et suis-je ce roi méprisé? » Madame de Guercheville l’interrompit en le priant de monter dans son appartement pour se reposer, Il lui donna la main, Elle le conduisit jusqu'à la porte de sa chambre, lui fit une grande révérence, et se retira, Le roi ne s’en étonna pas; il crut qu’elle voulait aller donner ordre à la fête qu'elle lui préparait. Mais il fut bien surpris quand on lui vint dire qu’elle était descendue dans sa cour, et qu’elle avait crié tout haut : « Qu’on attelle mon coche! » comme pour aller coucher hors de chez elle. Il descendit aussitôt, et tout éperdu, lui dit : «Quoi, Madame, je vous chasserai de votre maison? — Sire, lui répondit-elle d’un ton ferme, un roi doit être maître partout où il est; et pour moi, je suis bien aise d’avoir quelque pouvoir dans les lieux où je me trouve. » Et sans vouloir l'écouter davantage, elle monta dans son coche, et alla coucher à deux lieues de là, chez une de ses amies... »

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