‹ Les pionniers français dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 84 sur 117 · RS CE · texte numérisé non relu

RS CE

8 Français.

rance le "éloigner rgement qui leur n dédale arbot, il et enfin lheureux fils et de t de souénergie sacra de secours à

\ France, la faveur

SAUSSAYE, ARGALL. 229 de la cour, et assurés des dons charitables de leurs amis, se mirent en mesure de prendre possession de leur empire lointain ; grâce à tant d’influences réunies, on put faire partir de Honfleur, le 12 de mars 1613, la Fleur-de-Mai pour les rivages de la Nouvelle- France; ce navire, de faible tonnage, portait quarante-huit colons, dont deux jésuites, le P. Quentin et du Thet; on y embarqua des chevaux, des chèvres, et les passagers furent amplement pourvus de tout le nécessaire par la munificence des patrons de l’entreprise ; un courtier d’affaires, du nom de Saussaye, la commandait, et /« Fleur-de-Mai mit à la voile suivie de bénédictions et de vœux.

Le 16 de mai, Saussaye touchait au cap La Hève, et y plantait avec la croix, l’écusson de M°° de Guercheville ; gagnant de là Port-Royal, ils n’y trouvèrent que les PP. Biard, Masse, leur domestique et deux autres hommes. Biencourt parcourait les bois avec le reste, déterrant des tubercules {, pêchant des poissons dans les petits cours d’eau, et soutenant de leur mieux leur misérable existence.

1. Ces tubercules étaient les racines de la glycine apios, ravissante plante grimpante à bouquets de fleurs pourprées’, un des plus jolis ornements des routes de la Nouvelle-Angleterre. Les jésuites comparaient ces tubercules à un rosaire ; ils ressemblent, en effet, à de petites pommes de terre réunies entre elles par une forte fibre,

Les voyageurs firent voile pour Penobscot, avec les deux religieux à leur bord; après avoir subi les angoisses d’une brume si épaisse qu’elle menaçait de leur faire perdre leur route, le soleil se leva enfin radieux, éclairant à l'aurore les hauteurs escarpées de Mont-Désert; les murailles à parois de granit, leurs bastions naturels, découpées par l'effort inccssant de la vague qui se brisait écumante dans les anfractuosités, leur apparurent couronnées par la sombre verdure des pins, se détachant sur un ciel éclatant, et le navire, porté par un vent favorable sur les flots argentés, entra dans la baie Française et jeta l’ancre à l’est de Mont-Désert, à travers l'archipel des îlots revètus de leurs dômes de feuillage ; tel dut être le paysage qui accueillit les émigrants, différant peu du spcctacle que vont chercher aujourd’hui dans ces régions solitaires l'étudiant en vacances, l'artiste amoureux d’excursions, ou l’homme fatigué des cités bruyantes, qui cherche, sur ces rives resplendissantes des beautés natrelles, à retremper ses forces épuisées.

4. « Survint en mer une si épaisse brume, que nous n'y voions pas plus de jour que de nuict. Nous appréhendions grandement ce danger, parce qu'en cet endroict, il y a beaucoup de brisans et rochers... De sa bonté, Dieu nous exauça, car le soir mesme nous commençasmes à voir les estoiles, et le matin les brouées se dissipèrent, nous nous reconnumes estre au devant des Monts-Déserts, » Biard, Relation, XXIIT.

Jscot, avec ir subi les , menaçait leva enfin s eSCarpées ranit, leurs iccssant de anfractuoombre verlatant, et le es flots arta l’ancre à les îlots reêtre le pay- >eu du specces régions

amoureux bruyantes, des beautés

nn

n'y voions pas ement ce danbrisans et rosme nous CoMse dissipèrent, erts. » Biard,

Page 1