‹ Les placements et les services que rend la Bourse de Montréal [microforme]Chapitre 2 sur 10 · LA BOURSE — SON ORIQINE · texte numérisé non relu

LA BOURSE — SON ORIQINE

L'histoire de la Bourse, de son origine et de ses débuts, a été racontée dans plusieurs ouvrages; il nous suffira de l’effleurer. L’émission de titres qui équivalent virtuellement à la reconnaissance d’unr : ‘*?, eut son origine dans les besoins ü: :‘1vernements curopéens aux XVe et Xv.e siècles. On s’aperçut que par ces émissions un gouvernement pouvait attirer dans le trésor la grande et la petite épargne. Des marchés où ces valeurs pussent s'acheter et se vendre surgirent dans les centres, d’abord dans les rues et autour des banques. Le London Stock Exchange, tel qu'il existe actuellement, a été fondé en 1773, la Bourse de Paris date de 1788 le New York Stock Exchange de 1817.

Les assoc.adons ainsi formées faisaient partie du progrès normal d’un genre d’affaires qu. pit de vastes proportions lorsqu'on “nit en pratique l’idée des émissions comme moyen d'obtenir des capitaux pour les entreprises commerciales aussi bien que pour les fins de gouvernement. Toute la structure des affaires modernes, dont le développe-

ment fut gigantesque le siècle dernier, est sortie de l'expansion du crédit rendue possible par les émissions de valeurs. L’invention de la locomotive, du télégraphe, du téléphone eut été lente s’il avait fallu compter seulement sur les ressources de l'inventeur ou de ses amis les plus proches. Le principe de la coopération entre le capital et l'esprit d'entreprise par l’émission de valeurs représentant dans l’entreprise une part proportionnée au montant des épargnes engagé, fit de rapides progrès en dépit de reculs intermittents dûs à des initiatives hasardeuses et à la manie de la spéculation.

La participation du public dans la coopération financière se généralisant et les émissions se multipliant, la rue fut bientôt un théâtre insuffisant pour le commerce des valeurs. Les fraudes de toute nature devenaient quotidiennes, au grand détriment du courtier et du client. Des marchés élargis exigèrent naturellement de l’organisation et de la surveillance. Les courtiers se groupèrent et formèrent des associations telles que le London Stock Exchange et le New York Stock Exchange.

Les courtiers y cherchèrent d’abord une protection pour eux-mêmes; mais l’idée de protection s’étendit jusqu’au client du cour-

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tier. Et l’on peut dire avec raison que les progrès notables réalisés en ces dernières années dans l’organisation des Bourses se sont faits dans le sens d’une plus grande Sauvegarde des intérêts du public souscripteur.

Des vagues d’agitation attribuables à une fausse information et les enquêtes qu’elles ont provoquées par des commissions gouvernementales dans les affaires des Bourses les plus importantes ont mis au jour des Suggestions utiles, quoique secondaires, pour une plus complète protection du public. En général, les principes dégagés graduellement par les courtiers eux-mêmes et éprouvés par le temps ont agréé aux enquêteurs.

L'origine de la Bourse de Montréal a été la même que celle de la Bourse de Londres, de Paris et de New York. Les souscripteurs étaient rares au Canada il y a soixante ans.

Un groupe de courtiers faisant le commerce des marchandises fut vraisemblablement le premier à adopter, comme supplément, le commerce des valeurs. Au début, ces courtiers se rencontraient une fois par Semaine dans un petit bureau pour exécuter les com-

mandes d’achat et de vente qu'ils avaient

1eçues dans l'intervalle, et pour fixer le cours | des valeurs. Preuve que la Bourse de Montréal eut dès le début le caractère international qui s’est beaucoup accentué depuis:

ce cours des valeurs était destiné à circuler seulement outre-Atlantique. Ce fut le premier anneau de la chaîne liant le souscripteur britannique à son placement au Canada.

En 1874 la Bourse de Montréal était constituée par lettres patentes telle qu’elle est aujourd’hui et commençait ses opérations dans une petite pièce située à l'étage supérieur d’un vieil immeuble de la rue St-Francois-Xavier, tout comme le London Stock Exchange environ un siècle auparavant avait commencé ses opérations dans un café. Elle s'établit en 1887 dans un local plus convenable, et s'installa en 1904 dans son hôtel de la rue St-François-Xavier.

On peut dire de la Bourse que c’est une institution à demi publique. Elle est publique en ceci que son objet est d'offrir un marché où l’on puisse vendre et acheter des valeurs pour le compte du public. Elle garde un caractère privé en ceci que la conduite de ses affair2s demeure entre les mains de ses membres. Des règlements sévères régissant le commerce des valeurs sont élaborés

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par les membres et appliqués par le comité directeur de la Bourse.

On n’est admis membre que par voie d’élection. Les sièges à la Bourse sont cotés dans les journaux à plusieurs milliers de dollars. Et encore le simple achat d’un siège par le paiement du prix courant ne confère pas à l’acquéreur le privilège de faire commerce en Bourse. Il lui faut au préalable trouver un proposeur et un secondeur parmi les membres, puis se faire élire par ces derniers.

L'augmentation du nombre des membres de la Bourse de Montréal a été graduelle.

La liste des membres actifs ne comporte que 66 noms, bien que la Bourse existe depuis plus de quarante ans. L’admission y est difficile, elle est précédée d’une enquête minutieuse sur le caractère et la situation des aspirants; c’est pourquoi le titre de membre a un grand prestige. Il y a de bonnes raisons à cela. Le code de l’honneur personnel, sur lequel les Bourses ont été édifiées, doit être rigoureux dans une branche où des opérations se chiffrant à des centaines de mille dollars son conclues sur un mot ou un signe de tête.

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