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VALEURS — DEFINITION DES ESPECES

Une obligation est le titre de propriété d’une partie définie d’un capital gagé; elle norte ordinairement un taux d'intérêt fixe et est rachetable dans un certain nombre d’années.

Les obligations d'Etat et les obligations municipales sont, règle générale, gagées sur le crédit de l'Etat ou de la municipalité. Le défaut de paiement des intérêts ou du capital cntraînerait la banqueroute et le tarissement des sources du Capital nécessaire au développement national ou municipal. Le défaut de paiement est donc à peu près inconnu dans les B0uvernements et les municipalités de quelque importance. Quand les revenus ne suffisent pas à solder les intérêts, on y pourvoit en augmentant les taxes.

Les obligations de Compagnies ferroviaires ou industrielles sont généralement garanties par une hypothèque transférant certaines propriétés ou valeurs à un fidéicommissaire pour les obligataires. Si la Compagnie ne tient pas sez engagements envers les obligataires, ceux-ci Peuvent, dans des délais déterminés, faire valoir une réclamation sur

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les propriétés ou valeurs en fidéicommis.

La plupart des obligations sont maintenant émises au porteur, et sont munies de coupons représentant l'intérêt payable à dates fixes, — Chaque semestre, d'ordinaire. L'obligation au porteur est censés appartenir à qui l’a en portefeuille, c’est Pourquoi elle est facilement négociable. On peut en toucher les Coupons aux guic..ts des banques, comme un chèque.

Pour assurer et faciliter le remboursement de la dette représentée par une émission, une Compagnie crée d'habitude un fonds d’amortissement: outre les intérêts, qu’elle paie régulièrement, ell: met de côté chaque année la partie de ses revenus qui lui permettra d’éteindre la dette à l'échéance. Les versements au fonds d'amortissement sont souvent affectés à l’achat sur le marché d’obligations de la compagnie, et alors le fonds d’amcrtissement tend à stabiliser Je cours des obligations.

Une compagnie peut organiser ses finances en faisant d’abord un- émission €’obligations gagée sur certain: 2ropriétés, puis en émettant du capital-actions donnant droit aux porteurs à une part des bénéfices proportionnée au montant de leurs actions. Le Capital-actions peut être d’une espèce urni-

que, mais il est fréquemment de deux espèces: actions privilégiées, actions ordinaires.

Les porteurs des actions privilégiées, ou actions de priorité, ont droit de participer à la répartition des bénéfices avant qu'aucun partage ne soit fait entre les jorteurs des actions ordinaires. D’habitude le dividende privilégié, fixé à un certain chiffre, est cumulatif, c’est-à-dire que si, une année, les bénéfices ne suffisent Pas à payer le dividende fixé, les arrérages devront être acquittés une autre année, et aucun dividende ne sera versé dans l'intervalle aux porteurs des actions ordinaires, D'habitude aussi, quand une compagnie est mise en liquidation, les droits des porteurs d'actions privilégiées ont la préséance sur ceux des actionnaires ordinaires.

Si une COMmpagnie a fait une émission d’obligations et une émission d’actions privilégiées, les Porteurs d’actions ordinaires ne Peuvent toucher des dividendes que sur ce qui reste des recettes après le prélèvement des intérêts sur les obligations et des dividendes sur les actions privilégiées. Mais, règle générale, les actions ordinaires sont gagées sur la propriété tout entière. Et cela offre de grandes possibilités de spéculation, déterminées Par la situation des affaires et

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la compétence de l'administration. Les porteurs d'actions privilégiées ont droit à une part déterminée des profits et pas davantage; le surplus, qu'il soit considérable ou minime, appartient aux porteurs d'actions ordinaires. Il peut être payé sous forme de dividende ou engagé de nouveau dans l’entreprise, ou bien les deux, selon les méthodes des membres du conseil d'administration.

Certaines compagnies n’émettent ni obligations ni actions privilégiées. Dans ces caslà, le capital-actions combine les avantages des obligations, puisqu'il a un droit de préférence sur !a propriété de la compagnie, et des actions ordinaires, puisqu'il n’est pas limité quant au chiffre du dividende.

En résumé, la situation de l’obligataire vis-à-vis d’une compagnie est celle d’un créancier: si la compagnie ne tient pas ses engagements, les obligataires peuvent exi- 8er le paiement de leur créance hypothé- Caire. La situation de l’actionnaire est celle d’un associé: ses dividendes — l'intérêt de son placement — dépendent de la prospérité de la compagnie.

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