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LE CLIENT ET LE COURTIER — COM- MENT SE FONT LES AFFAIRES

Tout membre de la Bourse de Montréal peut obtenir pour celui qui s’en informe des renseignements complets sur l’état de n’importe quelle valeur. Il fournira des rapports récents sur les recettes et la situation de la compagnie, et, si on le désire, une expression d'opinion sur la qualité de la valeur. Les services du courtier, en tant que conseiller, s'étendent à tous les facteurs qu’un souscripteur doit considérer avant d'acheter ou de vendre, et tout Souscripteur dans l’incertitude devrait y recourir.

Une enquête minutieuse avant d’acheter est la meilleure Sauvegarde du souscripteur ; le plus grand danger, c’est d'accepter pour des informations sûres des déclarations qui ne sont que de simples ouï-dire. On peut éviter des pertes regrettables dans les placements en se donnant la peine de s’enquérir de la qualité d’une valeur avant de l’acheter: on n'aura, du reste, que la peine de s’en informer auprès d’un membre de la Bourse.

N'importe qui, fût-il dépourvu de toute compétence spéciale, peut s'établir courtier.

Le membre de la Bourse n'est pas seulement un courtier; il fait partie d’une institution stable, spécialisée dans l'achat et la vente des valeurs, et accréditée partout où se font des opérations de banque. Le simple endossement d’un certificat par un membre de la Bourse de Montréal, par exemple, rend ce certificat livrable à Londres, à Paris ou à New-York. Un courtier qui n’est pas attaché à la Bourse peut bien être un agent aussi responsable qu’un membre de la Bourse, mais on présumera que ce dernier l’est davantage parce qu'il appartient à une institution responsable.

On trouvera ci-dessous quelques caractéristiques des affaires de Bourse que tout spéculateur devrait connaître. Les méthodes de paiement des valeurs achetées et les modes d’encaissement des valeurs vendues y Sont exposés, et les expressions les plus usitées y sont brièvemenet expliquées.

Quand on achète des valeurs. — Quand un courtier exécute un ordre d’ achat, il informe immédiatement le client du montant des actions ou des obligations achetées, du prix payé et du coût total. Le paiement en devient exigible tout de suite. Le courtier doit payer les valeurs le lendemain de Pachat; il prête donc l'argent au client en attendant

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que celui-ci en acquitte le montant. Comme le courtier exige l'intérêt de son argent, le client a avantage à s'acquitter promptement.

Les paiements se font au moyen de chèques, de bons de poste ou d'espèces. Les chèques doivent être payables au pair à Montréal.

Parfois le courtier expédie les valeurs attachées à une traite sur son client payable à sa banque ou à tout autre endroit désigné.

Plusieurs spéculateurs préfèrent ce dernier mode parce qu'il leur ménage l’occasion d'examiner les valeurs avant le paiement, et les dispense de payer de l'intérêt. Quand le paiement est effectué au moyen de chèques, de bons de poste ou d’espèces, les valeurs sont immédiatement enregistrées au nom du client et les certificats expédiés par la poste. Il y a parfois de courts retards dans l'envoi des certificats. Il se peut que l’ordre d’achat d'un spéculateur de Winnipeg ait été exécuté au moyen de l’ordre de vente d’un souscripteur de Halifax. En attendant les titres de Halifax, le courtier peut emprunter le nombre nécessaire d’actions et les expédier tout de suite à Winnipeg. Il se peut aussi qu'il doive attendre l’arrivée des certificats que lui envoie le vendeur de Halifax.

Quand on vend des valeurs.— Comme lorsqu’il s’agit d’un ordre d’achat, le client est

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avisé dès que son ordre de vente a été exécuté, et on lui communique tous les détails quant au prix, etc. Le client, au reçu de cet avis, est censé expédier les certificats directement au courtier, qui lui fait tenir immédiatement le produit de la vente. Il est loisible au client d’attacher les certificats à une traite sur ie courtier, représentant le produit de la vente, et de déposer le tout à sa banque, comme un chèque. Il faut avoir bien soin d’endosser les certificats du nom exact figurant au recto.

Les ordres d'achat ou de vente, qu'ils soient transmis par le téléphone, le télégraphe ou la poste, sont l’objet de la même attention que les ordres donnés personnellement. La rapidité ües communic"tions, rendant presque immédiatement accessibles les informations sur la cote et l’état du marché, met le spéculateur des régions les plus éloignées dans une situation à peu près aussi avantageuse que le spéculateur montréalais.

Unité conventionnelle. — Pour simplifier les opérations, toutes les Bourses ont adopté une unité conventionnelle des valeurs, tout comme les industriels en ont établi pour les marchandises: l’acier est coté à la tonne, la farine au baril. L'unité conventionnelle, pour ce qui est des valeurs, a été fixée à 10 actions

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à Londres, à 25 à Montréal, à 100 à New- York. S'il n’est preneur que d’une petite quantité d'acier ou de farine, l'acheteur l'aiera un peu plus que le prix à la tonne ou au baril. Il en est de même quand un souscripteur désire un montant d'actions inférieur à l'unité conventionnelle de 25 actions qui sert de base à la plupart des opérations. L'unité conventionnelle des obligations a été fixée à $2,000. Règle générale, la différence de prix entre un lot à l'unité (Board lot) et un petit lot (broken ou odd lot) n’est que d’une minime fraction. Il peut arriver aussi que l'acquéreur d’un petit lot, qui a payé un peu plus que s’il avait acheté un lot entier, reçoive un peu plus quand il revendra.

“Plus l'intérêt”. — Les obligations sont cotées à la Bourse de Montréal à un certain prix “plus l'intérêt”, — ce qui veut dire qu’au prix de l'obligation tel que coté est ajouté l'intérêt pour la période écoulée depuis le paiement du dernier Coupon. Cette somme revient au vendeur dont l’argent a porté intérêt à plein taux jusqu’au moment de la vente. L'acheteur en est remboursé quand il touche son premier coupon. Si l'intérêt de trois mois est ajouté au prix de son obligation quand il l’achète, il recevra dans un tri-

mestre l'intérêt, non pas de trois mois, mas de six mois. .

Dividendes. — Les dividendes sont expédiés par chèques aux actionnaires tous les trimestres, par la poste. Le dividende “de rapport” d’une valeur est le revenu pour cent versé à un actionnaire sur la base du dividende annuel et du cours de la valeur sur le marché. Pour trouver le rapport d’une valeur de $100 au pair, multipliez le dividende par 100 et divisez par le cours du marché. Ainsi, pour ce qui est du Canadien Pacifique, si le cours était à 150, le rapport serait de 10 X 100 -- 150, soit de 6.66 p. c.

“Sans dividende”. — Quand une compagnie déclare un dividende, elle annonce qu’elle paiera le dividende aux actionnaires inscrits (of record) à une certaine date, — ce qui veut dire à ceux dont les noms figurent sur la liste des actionnaires à cette date-là. Entre cette date d'inscription et le jour désigné pour le paiement du dividende, une valeur est offerte en vente ‘‘sans dividende (ex-dividend). Le dividende de cette période revient au vendeur, parce que son nom figurait sur la liste de la comnagnie à la date d'inscription; l’acquéreur, bien qu’il ait pu acheter quelques jours avant le paiement du dividende, ne touchera rien avant le

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prochain dividende. Quand une valeur est vendue ‘sans dividende” son cours accuse généralement une baisse équivalente.

Ordres ‘au mieux du marché” ou “au cours limité”. — Quand il envoie des instructions à un courtier, qu’il s’agisse d’achat ou de vente, un spéculateur doit déclarer si c'est un ordre “au mieux du marché” ou un ordre “au cours limité”. Un ordre ‘au mieux du marché” sera exécuté aux prix les plus avantageux au moment de sa réception ou le plus tôt possible. Un ordre ‘au cours limité”’ est un ordre dans lequel le client limite le courtier à un prix donné pour les valeurs à acheter ou à vendre. Ce peut être un ordre ouvert, et alors il demeurera dans les livres du courtier pour être exécuté à la prochaine occasion propice; ou un ordre valable pour un jour ou toute autre période définie.

Les ordres “au cours limité” sont parfois recommandables quand les fluctuations d’une valeur sont considérables ou quand le marché tout entier est instable. Il est probable qu’à la longue un spéculateur a plus d'intérêt à donner ses ordres d’achat et de vente “au mieux du marché”. Mais il n’est pas possible de tracer une ligne de conduite générale; le mieux est de prendre l'avis de son courtier.

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Le pair. — La plupart des valeurs sont émises en actions de $100 chacune. Quand elles se vendent à ce prix, elles sont au pair. Le pair, ou valeur nominale, peut cependant varier; quelques compagnies préfèrent émettre leurs actions en dénominations inférieures à $100, alors que quelques autres fixent des montants plus élevés; en sorte que le pair d’une valeur peut être 25, 50 ou 500.

Valeurs non-cotées en Bourse. —— Les ordres pour toutes les valeurs, cotées ou non cotées en Bourse, sont acceptés par un membre de la Bourse de Montréal. Ses relations lui confèrent des avantages tout particuliers pour l'exécution des ordres concernant des valeurs dont le commerce se fait sur d’autres marchés.

Commissions. — Toutes les grandes Bourses fixent un taux minimum pour les services qu'un membre rend au public dans l'achat et la vente des valeurs. Il est rigoureusement interdit aux membres de réduire leur commission ou de les partager de quelque façon que ce soit. Le taux minimum fixé par la Bourse de Mon:réal est de 25 cents pour 5100 d'obligations ou pour chaque action.

Bien que ce ne soit là qu’un taux minimum, c’est en fait le taux courant, car le courtier qui exigerait davantage soutiendrait difficile-

ment la concurrence des autres membres de la Bourse.

Le courtier et le client. — Comme un courtier tient pour confidentielles ses relations avec un client, celui-ci peut exposer avec la franchise la plus entière tous les détails de ses affaires; la bonne volonté de ses clients est l’un des plus importants actifs du courtier. Le développement des affaires de Bourse a dépendu dans une très large mesure de l’accroisement de la confiance du public dans la Bourse. Il en est ainsi de tout courtier membre de la Bourse: ses affaires ne feront ‘que de très lents progrès à moins qu'il n’ait la confiance de ses clients, et il ne l’aura que s’il traite toujours avec eux de la manière la plus correcte.

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