ACTEURS
DANDIN, juge Poisson »
LÉANDRE, fils de Dandin de Villiers «.
1. t Le père de Raymond Poisson était matliéniaticien, et logeait auprès du Palais à un cinquième étage. Poisson étuJia la chirurgie dans sajeuness<=, quoiqu'il n'eût aucun goût pour cette prufessioii ; aussi dès que par la mort de Sjh père il se Tit libre d'en choisir uue autre, il s'attacha au duc de Créquy, premier gentilhomme de la Chambre et gouverneur de Paris ; mais quoique ce Seigneur le traitât avec beaucoup de bonté, entraîné par une Tocation marquée pour la comédie, il ne tarda pas à le quitter, sans être rulenu pair la considération des avantages qu'il pouvait attendre d'une telle protection, et s'engagea dans une troupe de province. Ce fut probablement vers 1650 ou 1651 que Poisson prit le parti du théâtre, car nous le trouvons au nombre des acteurs de l'Hôtel de Bourgogne dès 1653. Il y fit paraître pendant trente-deux années un talent supérieur pour les rôles comiques, et principalement pour celui de O-ispin, dout il fut l'inventeur, et qu'il adopta sjécialement Poisson se fit une grande réputation par ce rôle et par beaucoup d'autres aussi plaisants. On le regarde généralement comme l'un des meilleurs comédiens qui eussent paru sur le Théâtre Français ; et l'on convint surtout que pour le naturel il avait eu peu de rivaux. Il avait le défaut de bredouiller : ce défaut devint une grâce de plus dans ses rôles, et le public s'y habitua si bien, qu'il vit avec plaisir le bredouillement de Raymond Poisson passer à son fils Paul, et à son petit-fils François Arnauld qui' se succédèrent dans son emploi, et s'y firent tous deux beaucoup de réputation. C'était un homme d'uue taille assez élevée, bien face, ayant la bouche fort grande, mais garnie de belles dents. On trouve quelques plaisanteries relatives à cette grande bouche, qui rendait la figure de Poisson encore plus comique, dans les pièces où il jouad'original...Son esprit agréable et rempli de saillies piquantes le fit connaître de toute la cour, et particulièrement de Louis XIV, qui lui donna des marques fréquentes de sa libéralité... M. Colbert avait bien voulu être le parrain de l'un des enfants de cet acteur, et cet honneur lui avait donné enft-ée chez ce grand ministre, auquel il portait quelquefois des versa sa louange... tes pièces de théâtre de Poisson, au nombre de onze, sont versifiées avec beaucoup de négligence, et le comique en est trivial et grossier... Le Baron de la Crasse, r Après-souper et le Bon soldat restèrent longtemps au théâtre. Aucune de ces pièces ne méritait cet honneur, mais cela s'explique quand on réfléchit que, pendant un siècle, il y eut toujours un comédien du nom de Poisson au nombre des premiers sujets de la Comédie française... Raymond Poisson se retira du théâtre avant Pâques 16S3, et mourut en' 1689 sur la paroisse de Saint-Sauveur, où il fut enterré... Louis XIV en faisait beaucoup de cas. Quelques jours après sa mort, on parlait de lui au lever du monarque. « C'est une pertp, dit le roi, il était bon comédien... Oui. repartit Boileau, pour faire un Don Japhetl il ne briliait que dans ces misérables pièces de ScaiTon. » Cette brusque réplique ne plut pas a Louis XIV, qui estimait Poisson, et portait, comme l'on sait, quelque intérêt à la veuve de Scarron... Poisson avait épousé une comédienne nommée Victoire Guérin : il en eut six enfants; l'un d'eux, Paul Poisson, lui succéda dans tous se» rôles. Marie Poisson épousa Élieune Cuvillier, valet de chambre du Roi; et son contrat de mariage, en date du 4 septembre 1676, fut passé en présence du Roi, de la Reiue et de toute la famille royale. » (Lbmazuhib, Galerie des act. du Th. Fr., t. I, p. 441-458.)
2. « De Villiers jouait à l'Hôtel de Bourgogne les comiques nobles et le» troisièmes rôles tragiques, et ne débitait pas plus naturellement que ses camarades, puisque Molière se moque de la maoière emphatique avec laquelle il faisait le récit de la
CHICANNEAU, bourgeois Hacteroche*.
IS-\BELLE, fille de Chicanneau M'i' d'Ennebaut «.
LA COMTESSE M"« de Beauchatead ».
mort de PoUbe (Voyez VŒ-Hpe <\e Corneille). Quant aux pièces que de Villiers composa, elles mériteraient encore beaucoup mieux le nom de farces que celui de comédies. En Toici les tities : 1" Le Festin de Pierr: ou le Fils criminel, tragi-comédie en cinq actes et en vers, 1659 (c'est le même sujet que le Don Juan de Molière); î* ['Apothicaire dévalisé, comédie en un acte et en vers, 166&; 3» Les Ramoneurs, comédie en un acte et en vers, 166*; 4» La Vengeance des marquis, ou Béponse à l'impromptu de Versailles, comédie en un acte et en prose, 1664; 5* Les Coteaux, ou les Marquis friands, comédie en un acte en prose et en Ters, 1663. — De Villiers se retira du théâtre vers l'aimée 1670. — Comme on le trouve porté sur l'état des pensionnaires fait en 1680, après la réunion, et qu'il ne paraît plus sur celui qui fut dressé après Pâques 1686, on peut conjecturer qu'il mourut arant cette dernière époque. » (Lmuiiiriik, Galerie des act. du Th. Fr., t. I, p. 558-559.)
1. t Noël le Breton, sieur de Hauteroche, était à la fois acteur et poète dramatique. Il mourut en 1707. à Paris, à l'âge de 90 ans. Piusieurs de ses pièces, entre autres V Esprit- Follet et le D-'uil, restèrent longtemps à la scène. L'abbé de la Porte en dit {Anecd. dram., 111, 2î7 : « Il ne faut chercher dans cet auteur ni détails de mœurs, ni aucun dos caractères propres à les corriger. Un plan sagement construit, soutenu par une marche régulière, one intrigue bien conduite, agréablemei-t dialoguée, des scènes coupées avec art, variées par divers incidents, un dénouement lieureux pour l'ordinaire, une Tersification aisée, une prose naturelle, d s expressions convenables au caiactere des personnages, des sentiments proportionnés à leur cond tion: voilà ce que présentent ses meilleurs ouvrages... C'est principalement sur les mœurs bourgeoises et sur les personnes mariées que tombe sa critique, aussi son comique n'a-t-il rien de noble, ni d'élevé. ■ L'abbé de la Porte est indulgent pour les œuvres de Hauteroche. Cet acteur joua, sous son nom, un rôle dans la Comédie sans comédie, de Quinault. Il était très çrand, très maii:re, et son talent était unanimement apprécié. Il tenait dans la tragédie l'emploi d-;s grands conBdents.
2. Montfleury, son pèie «eut beaucoup de peiueà consentir àson mariage avec M. d'Ennebaut, parce que ce dernier n'avait pour toute fortune qu'un emploi en Bretagne; mais sa fille l'aimait; il se rendit à ses prières, et l'union de d'Ennebaut avec mademoiselle de Muntû nry eut lieu en 16J. i Revenue à l'Hôtel de Bourgogne, « elle y fut chir.'ée des seconds rô es dans les deux genres, et s'y fit bientôt une réputation brillante... On rcmarqme parmi ceux qu'elle joua d'original Cléophile dans ^/exand'-p, Cécilie dans 'e Alarius de Bover, Junie dans Britanuijus et Aricie dans Phèdre... Sladame d'Ennebaut était blonde et rrasse, extrêmement jolie, quoique assex petite, et d'ailleurs el e avait beaucoup de talent. Ce fut la première ai trice qui brilla dans lei rôles travestis, devenus si communs au théâtre. Elle était charmante en habits d'homme, et ce fut pour «lie que MontQeury, son frère, composa la Fille capitaine et la l'émme jige et partie... Elle fut conservée à la réunion en 16;0, quitta le théâtre à la clôture de 1685, qui eut lieu le 14 avril, et obtint Ja pension de 1.000 livres qu'elle conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 17 mars 17U8. » (Lexàzcrilb, Galerie des act, du Th. fr., II, p. til.)
3. M. Moland dit de celte actrice dans son édition de Molière (t. III, p. 87, note 1) : ■ Madeleine du Boupet, femme de Fras.çois Châ'elot, dit B'-auchâteau, était une des bonnes acrices de son temps ; elle avait de la beauté et beaucoup d'esprit. Son camarade Raymond Poisson en parle d'une manière fort honorable dans son Poète basque : 'Voyez, dit le baron de Calazious,
Voy.>i la Beauch'ileau :
Pour ane femme ellt a de l'e^i^ril comiue un diable.
Mademoiselle Beauchâteau joua d'original dans les pièces de Corneille. Scudéry {Observations sur le Cid) nous apprend qu'elle remplissait le rôle de l'Jnfaote. Ba 1673, elle faisait encore partie de la troupe de 1 Hôiel de Bour-ogne ; mais, peu de temps après, elle quitta le théâtre avec une peuâiun de i 000 livres, et se re«