ACTE I, SCENE YI
CHICANNEAU, frappant à la porte.
Et Monsieur son portier?
PETIT JEAN
C'est moi-même.
CHICANNEAU.
De grâce, Buvez à ma santé, Monsieur.
PETIT JEAN, prenant l'argent.
Grand bien VOUS fasse! 180
(Refermant la porte. )
Mais revenez demain.
CHICANNEAU.
Hé ! rendez donc l'argent.
Le monde est devenu, sans mentir, bien méchant. J'ai vu queUes procès ne donnaient point de peine : Six écus en gagnaient une demi-douzaine. Mais aujourd'hui, je crois que tout mon bien entier 183
Ne me suffirait pas poui* gagner un portier ^.
1, J'ai vu le temps où.
2. Scapin expose ainsi au bonhomme Argantequeles procès coûtent très cher: « Pour plaider, il tous faudra de l'argent: il vous en faudra pour l'exploit; il vous en faudra pour le contrôle; il vous en faudra pour la procuration, pour la pritsentation, conseils, productions, et journées de procureur; il vous eu faudra pour les consultations et plaidoieries des avocats, pour le droit de retirer le sac et pour les crosses d'écritures; il vuus en faudra pour le rapport des substituts, pour les éplces de conclusion, pour l'enregistrement du greffier, façon d'appointcment, sentences et arrêts, contrôles, siguaUiies et expéditions de'lours clercs, saiiS parler de tous les présents qu'il vous faudra faire » iMûiière, Fourberies de Scapin, XUI, viii}. Nicette disait aussi dans la Belle Plaideuse de Bois-Robert (I, lu)
Cor.oai«!ez-TOUj pis bien l'humeur de ma maîtresse? Monsieur, n'en accusez que ses maudits procès ; La fièvre trouble moins et cause inuiiis d'accès; T'n:ôl nos chiens de clercs, je croy qu'ils étaient ivreif Muiitiient nos conlr-'dits à quatre-Tingl-dix livres, Je croy qu'ils les feront eiicor monter plus haut, Kt sans argent comptant menacent d'un d. fTant: Ju^ez si ce n'est pis pour nous mettre en cuiére : Pour supporter ces frais notre bourse est légère.
• 'l Atalante dans VAvocat dupé de Chevreau:
Lfs jujes ont trouTé le procès odieux, Pirce que trop peu d'or éclatait à liMirsyeux, Iloia?, notre partie en Qt t)ien son affaire. Et Vit bien que l'arsrent j serait nécessaire, Qjc c'est par ce moyen qu'on les doit étonner. Et qu'on a en a du bien qu'à force d'en donner.
enfin rappelons-nous les beaux vers de Boileau {Lutrin, H, lOT-i O'ic feriez-Tous, hélas! si quelque exploit nouveau Chaque jour, comme moi, tous traînait au barreau; S'il talUit, sans amis, briguant une audience, D'un magistrat glacé soutenir la présence. Ou, d'un nouveau procès hardi solliciteur. Aborder lani ar|,'enl un cUrc de rapporteur!
Mais ' j'aperçois venir Madame la comtesse '
De Pimbesche. Elle vient pour affaire qui presse.