SCENE VII
LA COMTESSE, CHICANNEAU.
CHICANNEAU.
Madame, on n'entre plus.
LA COMTESSE
Hé bien! l'ai-je pas dit? " - Sans mentir, mes valets me font perdre l'esprit. IGO
Pour les faire lever c'est en vain que je gronde ; Il faut que tous les jours j'éveille tout mon monde.
CHICANNEAU.
Il faut absolument qu'il se fasse celer ^.
LA COMTESSE
Pour moi, depuis deux jours je ne lui puis parler.
^ CHICANNEAU.
Ma partier^est puissante *, et j'ai lieu de tout craindre. 1 95
LA COMTESSE
Après ce qu'on m'a fait, il ne faut plus se plaindre.
CHICANNEAU.
Si pourtant ^ j'ai bon droit.
LA COMTESSE
Ah ! Monsieur, quel arrêt !
CHICANNEAU.
Je m'en rapporte à vous. Écoutez, s'il vous plaît.
1. Deux phrases de suite commençant par mais; c'est une légère négligence.
2. On a dit que Furetière et Racine ayaient peint tous deux la comtesse de Crissé, l'un sous le nom de Collautine, l'autre sous celui de comtesse de Pimbesche; \oici dans le Itoman bourgeois (H, 11-12) une partie du portrait de Coliantine: • Toute sa concupiscence n'ayail pour objet que le bien d'autrui ; encore n'enT:ait-clle, à proprement parler, que le litigiejx ; car elle eût joui a^ec moins,' de plaisir de celui qui lui aurait été donné, que de celui qu'elle aurait conquis de, TiTe force et à la pointe de la plume. Cette GUe était stche et maigre du souci
de sa mauvaise fortune Sa taille menue et déchargée lui donnait une fjramlri
facilité de marcher, dont elle avait bon besoin pour ses sollicitations, car elle fai-' sait tous l>s jours autant de chemin qu'un semonneur d'enteneraents. Sa diligence et son acliTité étaient merveilleuses: elle était plus matinale que l'auroie et ne craignait non plus de marcher de nuit que le loup-garou ».