Voy. la note au vers
3. Si n'exprime pas le doute, mais bien l'affirmation; il s'unit à pourtant pour en redoubler la force. Si pourtant est donc une locution signifiant cependant ; elle est très bien placée dans la bouche du vieux plaideur qui parle mu; langue surannée. - Voy. ci-dessous le vers ï>o8.
CHICANNEAU
Ce n'est rien dans le fond.
LA COMTESSE
Monsieur, que je vous die1.... 200
CHICANNEAU
Voilà le fait. Depuis quinze ou vingt ans en çà,
Au travers d'un mien pré certain ânon passa,
S'y vautra, non sans faire un notable dommage,
Dont je formai ma plainte au juge dn village.
Je fais saisir l'ànon. Un expert est nommé, 205
A deux bottes de foin le dégât estimé.
Enfin, au bout d'un an, sentence par laquelle
Nous sommes renvoyés hors de cour. J'en appelle.
Pendant qu'à l'audience on poursuit un arrêt,
Remarquez bien ceci, Madame, s'il vous plaît, 210
Notre ami Drolichon, qui n'est point une bête,
Obtient pour quenme argent un arrêt sur requête,
Et je gagne ma cause. A cela que fait-on ?
Mon chicaneur s'oppose à l'exécution.
Autre incident : tandis qu'au procès on travaille, 215
Ma partie 2 en mon pré laisse aller sa volaille.
Ordonné qu'il sera fait rapport à la cour
Du foin que peut manger une poule en un jour :
Le tout joint au procès enfin, et toute chose
Demeurant eu état, on appointe la cause 220
Le cinquième ou sixième avril cinquante-six.
J'écris sur nouveaux frais. Je produis, je fournis
I. Oie pour dise est un archaïsme, connue en cà, comme un mien pré. — Voy. la note précédente.
-2. Ma partie, c'est-à-dire "non adversaire. Ce terme était passé du ; dans la langue usuelle :
Va, je suis la partie et non pus loi] bourreau.
(Corneille, Cid. V, 940.)