‹ Les plaideurs (volume 3)Chapitre 33 sur 72 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Mais un homme ici parle à ma fille. Comment? Elle lit un billet ? Ah ! c'est de quelque amant ! Approchons.

ISABELLE

Tout (Je bon, ton maître est-il sincère ? Le croirai-je ?

l'intimé

Il ne dort non plus que votre père. 360

(Apercevant Chicanneau.)

11 se tourmente; il vous.... fera voir aujourd'hui Que l'on ne gagne rien à plaider contre lui.

C'est mon père ! Vraiment, vous leur pouvez apprendre Que si l'on nous poursuit, nous saurons nous défendre. Tenez, voilà le cas qu'on fait de votre exploit. 365

CHICANNEAU

Comment? c'est un exploit que ma fille lisoit1?

Ah ! tu seras un jour l'honneur de ta famille :

Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, ma fille2.

Va, je t'achèterai le Praticien françois.

Mais, diantre ! il ne faut pas déchirer les exploits. 370

ISABELLE

Au moins dites-leur bien que je ne les crains guère; Ils me feront plaisir : je les mets à pis faire3.

1. Vieille orthographe que Racine a conserve'e avec soin, comme au vers 366. On prononçait encore ainsi au palais € à pleine bouche », comme le dit d'Olivet.

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