‹ Les plaideurs (volume 3)Chapitre 7 sur 72 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Léandre n'est pas un jeune étourdi qui se joue de son père ; c'est un fils affligé qui satisfait les caprices d'un malade et se plie aux visées d'un fou qu'il aime ; c'est aussi un amoureux qui espère vaincre la résistance que cet autre fou,. M. Chicannear, oppose à son mariage avec Isabelle (Scène n). Mais l'audience commence. Petit Jean ne parvient pas, malgré le secours du souffleur, à débiter le discours qu'on lui a composé; il faut que, renonçant à « tourner autour du pot », il en vienne au fait : alors il l'expose avec beaucoup de clarté et d'énergie. Quant à l'Intimé, « il plaide bien ». Après un long exorde sur un ton de fausset, il cite Pausanias et Rebuffe, et le grand Jacques, et d'autres encore; tantôt il précipite son débit, tantôt il le ramène à une lenteur désespérante, et, pour finir, il remonte « avant la naissance du monde ». Pendant qu'il décrit le ebaos, Dandin, endormi par tant d'éloquence, tombe lourdement; on le relève, on le tire à grand'peine de son sommeil. Le défendeur, pour achever son œuvre, présente au tribunal la famille désolée de Citron : ces petits chiens, ces « pauvres enfants qu'on veut rendre orphelins, » versent des larmes, et le iuge, touché, hésite à prononcer la sentence vScène m). L'audience est interrompue par l'arrivée de Chicanncau et de sa fille. M. Perrin Dandin, charmé de la grâce d'Isabelle, l'invite avec galanterie à exposer sa cause ; mais c'est Léandre qui s'en charge : il s'agit d'un mariage pour lequel tout le monde est d'accord :

La fille le veut bien; son amant le respire ; Ce que la fille veut, le père le désire.

« Mariez au plus tôt, » s'écrie le juge. Tout le monde accepte avec joie ce bel arrêt, sauf M. Chicanneau, fort surpris quand il apprend que la fille à marier est la sienne : on lui montre le contrat qu'il a signé, et on l'apaise en ajoutant que, s'il accorde la main d'Isabelle, il peut garder son bien. — Dandin, enchanté de l'audience, fait grâce à Citron et s'engage, pourvu que les procès vienne tt en abondance, à passer en paix, dans sa maison, le reste denses jours (Scène îv).

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