‹ Les plaideurs (volume 3)Chapitre 9 sur 72 · AT LECTEUR · texte numérisé non relu

AT LECTEUR

discerner le vrai au travers du ridicule; et je m'assure * qu'il vaut mieux avoir occupé l'impertinente éloquence de deux

orateurs autour d'un chien accusé, que si l'on avoit mis sur la .sellette un véritable criminel, et qu'on eût intéressé les spectateurs à la vie d'un homme.

Quoi qu'il en soit, je puis dire que notre siècle n'a pas été de plus mauvaise humeur que le sien, et que si le but de ma comédie étoit de faire rire, jamais comédie n'a mieux attrapé son but. Ce n'est pas que j'attende un grand honneur d'avoir assez longtemps réjoui le monde. Mais je me sais quelque gré de l'avoir fait sans qu'il m'en ait coûté une seule de ces sales équivoques2 et de ces malhonnêtes plaisanteries qui coûtent maintenant si peu à la plupart de nos écrivains, et qui font retomber le théâtre dans la turpitude d'où quelques auteurs plus modestes l'avoient tiré.

•I. Je m'assure pour je suis assuré. S'assurer que s'employait très bien dans le sens de se persuader, avoir la confiance que, avoir la certitude que. (Voyez ci-après vers .

2. Var. « Un seul de ces sales équivoques. » Edition de 1669-1687.

L<' genre des substantifs n'est pas détinitivemenl fixé du jour qu'ils entrent daus la langue. lia varié souvent dans les ouvrages d'un même auteur.

Le texte que nous donnons est celui de 1697, adopté dans l'édition des Grands Écrivains de la France.

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