ACTE I, SCÈNE IV
Qu'à battre le pavé comme un tas de galants1, 85
Courir le bal la nuit, et le jour les brelans 2?
L'argent ne dous vient pas si vite que Ton pense :
Chacun de tes rubans3 me coûte une sentence4.
Ma robe vous fait honte : un fils de juge! ah! fi5!
Tu fais le gentilhomme. Hé! Dandin6, mon ami, qq
Regarde dans ma chambre et dans ma garde-robe
Les portraits des Dandins7 : tous ont porté la robe,
Et c'est le bon parti8. Compare, prix pour prix9,
Les étrennes10 d'un juge à celles d'un marquis;
Attends que nous soyons à la fin de décembre. 9o
Qu'est-ce qu'un gentilhomme? Un pilier d'antichambre M,
I. Les galants, c'est-à-dire ceux qui ont de l'élégance dm? les manière*, de la grâce, qui sont habiles à plaire, qui ne font rien de séripqx, les inutiles enfin qui n'ont qu'à se promener parla ville vêtus à la dernière mq Galant est le participe présent de l'ancien verbe galer, littéralement se livrer au plaisir.
-2. Le brelan est un jeu qui se joue arec trois cartes à trois ou à quatre ou à cinq On dit qu'on a brelan quand on a dans les mains les trois cartes de la même couleur. C'est par extension de sens que ce mot est employé ici : il signifie maison de jeu, tripot.
3. 11 y a quelque analogie entre le langage que tient ici Dandin et les reproches adresses par Harpagon à son fils Géante [Avare I, 5) : « Je uiudruis savoir sans parler du reste, à quoi servent tous ces rubans dont vous voilà lardé depuis les pieds jusqu'à la tête.. . »