Ce vers est devenu proverbe
3. « Dans les Plaidoyés de M. Gaultier (t. II. publié par Guéret, 1668), le quatorzième plaidoyé contre la Requête civile touchant le Prieuré de la Charité, prononcé au mois d'août 1646 et dans lequel nous aurons à signaler une autre imitation de Racine, a un exorde dont le ton rappelle celui de Petit Jean: « Messieurs, quand je vois dans cette cause le concours de tant de puissances,... quand je considère ce partage de brigues et de faveurs, etc.. » — « ...La répétition quanrl je vois, quand je vois, et la boutade : Quand aura-t-il tout vu ? ont peut-être été suggérées à Racine par la lecture du livre dixième de YAlaric de Scudéry, dans lequel une quarantaine de vers commencent invariablement par : Je vois, je vois. » (Note de M. P. Mesnard, /. Racine, t. II, p. 86*.)
4. Bel exorde ! comme dira plus bas Léandre. Ce début emphatique, traînant et mêlé, où les éléments et les hommes sont en compagnie, était assez dans les habitudes des avocats du xvue siècle. A l'exception de Patru, l'ami de Boileau et de Pellisson, le défenseur de Fouquet, les avocats étaient plus que médiocres à l'époque de Racine. Fénelon, dans sa Lettre à V Académie française, constate la pénurie de bons avocats, et déclare que les seuls qui eussent quelque valeur, soucieux d'acquérir des richesses plutôt que de î» gloire, restaient chez eux, ne plaidaient point et préféraient être consulté-. Ils se faisaient payer cher les conseils qu'ils donnaient aux parties, et laissaient
(Babyloniens).
Quand je vois les états des BabibonieDs
(Persans). (Macédoniens).
Transférés des Serpens aux Nacédoniens;
(Romains). (desp:
Quand je vois les Lorrains de l'état dépotique,
(démocratique). (*)
Passer au déraocrite, et puis au monarchique; Quand je vois le Japon...
l'intimé.
Quand aura-t-il tout vu? 68b
PETIT JEAN
Oh! Pourquoi celui-là m'a-t-il interrompu? Je ne dirai plus rien.
DANDIN (à l'Intimé)
Avocat incommode.
Que ne lui laissez-vous finir sa période 2 ! Je suois sang et eau pour voir si du Japon Il viendroit à bon port au fait de son chapon, 600
Et vous l'interrompez par un discours3 frivole. Parlez donc, avocat.
J'ai perdu la parole.
LÉANDRE
Achève. Petit Jean : c'est fort bien débuté,
sa
que les avocats, dans un temps où brillaient tant de divers génies, aient partagé la célèbre médiocrité des médecins.
1. Ces notes placées entre les lignes sont de<= notes de Racine lui-même.
2. On appelle précisément période un assemi;!ag? de propositions liées entre elles par des conjonctions et qui toutes ensemble font un sens complet. Mais, selon Condillae, « quand ces conditions ne sont pas remplies, ce n'est plus qu'un assemblage confus de plusieurs phrases. » Alaitre Petit Jean, cela vous regarde.
Noos retrouvons le même incident dans le procès rabelaisien. In des avocats, le Seigneur de Humevesne, interrompt ainsi son confrère : ■ Dont lui dit Pantagruel: « Et ventre Sainct-Antoine, t'appartient-il de parler sans commandement? Je sue ici de ahan pour entendre votre différend, ot tu me viens encore abuster! » (Liv. II, ch. ix.j
3. Discours est employé dans son sens primitif de propos, d'entretien. L interruption de l'Intimé est une forme du discours. Le sens de sujet traité avec une certaine méthode et une certaine longueur qu'a aujourd'hui plus souvent le mot discours est un sens dérivé.
Je veux que Ion soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos aUnmr» <p. montre. Mol., MU.. I. i.)