ACTE II, SCÈNE IV. 4i
FLORFDOR.
Une semblable dot surpasse mon espoir.
RENARD
N'est-ce pas ?
Je n'ai plus besoin que d'une chose ; Dites-moi de combien votre avoir se compose.
RENARD
Rien de plus juste. Eli bien, en calculant au plus, Je possède environ quarante mille écus.
IXORIDOR.
Quarante mille écus !
RENARD
Tout au juste.
De rente ?
RENARD
Non , point du tout. Vingt sont la moitié de quarante ; Ainsi...
Vous plaisantez.
Non, c'est très-sérieux.
ILORIDOR.
Alors , restons-en là.
4a LES PLAIDEURS SANS PROCES
renard.
Je ne puis taire mieux ; Il faut que je calcule en père de famille.
ELORIDOR.
Eli ! mais un avocat donne plus'à sa fille ; C'est ce qu'un conseiller tout au moins offrirait. Je ne suis point du tout guidé par l'intérêt ; Pourtant j'ai dû compter sur un parti sortable. Je croyais votre avoir bien plus considérable ; Vous passez pour très-riche.
RENARD
En effet , je le sais 5 Avec mon bien jadis on en avait assez. En entrant au barreau je n'avais , j'en fais gloire , D'autre propriété que ma seule écritoire. Vous imaginez bien si j'ai dû grossoyer ! J'ai depuis quarante ans noirci bien du papier.
De me tromper, Monsieur, il n'est pas trop facile. Plus que vous , à coup sûr, je ne suis pas habile ; J'étais aussi fort pauvre en entrant au Palais •, Pourtant il m'a suffi de quinze à vingt procès Pour être fort à l'aise...
RENARD
Oh ! je le crois sans peine ; Vous avez eu, mon cher, mainte excellente aubaine. Vous êtes au barreau venu dans le bon temps ; En un mois vous faisiez plus que nous en dix ans.