‹ Les plaideurs sans procèsChapitre 32 sur 69 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Faisons tout ce qu'il faut pour en jouir longtemps. Vous ne devinez pas ?. . .

RENARD

Oui , fort bien , je comprends.

Nous allons l'exploiter tous deux de compagnie , Je baisse pavillon devant votre génie. Ali ! pour un liomme fin autrefois j'ai passé ; Je dois en convenir , vous m'avez surpassé } Vous valez mieux que moi de toutes les manières. Je ne peux plus nier les progrès des lumières.

FEORIDOR.

Ah ! ne serait-il pas aûreux de partager

Ce bénéfice immense avec un étranger ?

Que ce procès pour nous soit un bien de famille.

Si j'eusse été pourtant l'époux de votre fille ,

Nous perdions à coup sûr ces deux riches cliens.

RENARD

Pourquoi donc ?

rLORIDOR.

Les plaideurs sont un peu défians ; Ils n'auraient pas choisi le beau-père et le gendre ; Peut-être ils les auraient soupçonnés de s'entendre.

RENARD

Mais l'inconvénient subsiste.

Il va cesser.

RENARD

A ma fille , Monsieur , voulez-vous renoncer i1

Vous ne m'entendez pas : l'hymen peut se suspendre ; Je suis très-amoureux , mais je puis bien attendre. Rompons ouvertement tant qu'ira le procès; Et nous pourrons toujours nous réunir après. Votre fille est fort jeune ; ainsi , rien ne nous pres'se : Moi, je puis quelque temps ajourner ma tendresse. Ainsi tout va , Monsieur , s'arranger d'un seul mot ; Nous n'aurons plus alors d'obstacle pour la dot. Il vous est bien aisé de m'en compléter une ; Nous rapporterons tout à la masse commune , Et vous aurez encore une assez belle part.

RENARD. ^-

C'est fort bien : ainsi donc procédons sans retard. J'attends l'Egyptien.

Et moi, son adversaire.

Il ne m'a pas bien mis au courant de l'affaire. Je crois qu'en procédure il est fort ignorant.

RENARD

Le mien en fait de lois ne sait que l'Alcoran. Leur confiance en nous sera sans doute entière , Et nous les conduirons tous deux à la lisière.

Ali ça , je me confie à votre loyauté.

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