ACTE II, SCÈNE VI
Et d'avides parcns allaient la lui livrer. Un jeune homme , tout bas contraint de l'adorer , Ne savait pas comment lui peindre sa tendresse -, Mais lien comme l'amour ne donne de l'adresse j Au fond de ce sultan il trouva le secret De glisser pour la belle un amoureux billet ; Enfin , il conduisit si bien son stratagème Qu'il le fit présenter parle Bédouin lui-même.
flomdor {le mettant aux pieds de Jenny). Quoi , vraiment , ce fut lui ! d'honneur , c'est précieux. Savez-vous qu'à Paris , nous ne ferions pas mieux ?
madame renaud ( bas à sou mari ).
Qu'est-ce donc qu'un Bédouin?
RENARD
C'est , je me l'imagine , Un homme de loi turc.
( Jenny, après avoir rélléchi , ouvre le sultan. )
RAYMOND (àpart, observant Jenny).
La voilà qui devine...
jenny {apercevant une lettre et la saisissant avec vivacité).
Oh! ciel!
FEÔRIDOR.
Qu'avez-vous donc ?
Ne soyez pas surpris , Mademoiselle a vu deux ou trois mots écrits En caractères turcs.
madame renard {prenant le sultan ).
Voyons-les , je vous prie.
RAYMOND
Krikof.
MADAME RENARD
C'est là du turc ?
RAYMOND
Oui , cela signilie Cache-moi dans ton sein.
( Jenny met le billet dans son sem. )
Vous concevez le tour , Il s'agit du billet qu'avait tracé l'amour.
MADAME RENARD
Ah! l'on trompe enTurquie? .
RAYMOND
Oui, c'est tout comme en France.
MADAME RENARD
Quoi , tout cela , Monsieur, s'y trouve en abondance ?
RAYMOND
Oui : dans la capitale est un vaste bazar
Où l'on trouve entassés les chefs-d'œuvre de l'art j
C'est un jardin orné d'élégantes arcades
Où l'eau s'élance en jets et retombe en cascades }
Ce qu'ont de merveilleux les plus riches pays
S'y montre pèle-mèle aux regards éblouis j
Là brillent les produits de l'humaine industrie ,