ACTE II, SCÈNE VI. 5r
Les vases de la Chine , et les perles d'Asie , Les diamans de l'Inde , enfin tous les trésors Que le divin Pactole a roulés sur ses bords. Des flots de voyageurs inondent ses portiques , Et jamais on ne vit de lieux plus magnifiques.
MADAME RENARD
Ali! Monsieur, à Paris , nous n'avons rien d'égal.
RAYMOND ( à paît ).
Je n'ai parlé pourtant que du Palais-Royal.
MADAME RENARD
Est-il bien vrai , Monsieur, qu'on y vende des femmes ?
RAYMOND
Oui : c'est là justement.
Dieu ! quelles mœurs infâmes !
RAYMOND
Mais , de bien bonne foi , valons-nous beaucoup mieux?
Ce que vous blâmez là se passe sous nos yeux 5
Ne marchandons-nous pas la compagne chérie
Qui partage avec nous les peines de la vie?
Oui , c'est de ses vertus qu'on est le moins touché ,
Et l'on passe un contrat comme on passe un marché !
RENARD
C'est bien vrai.
renard (àFloridor).
Ce jeune homme est fort sur la morale, '
RAYMOND
Mais laissons , croyez-moi , ce sujet de scandale , Et revenons enfin à mon triste procès.
RENARD
Précisément, Monsieur, c'est à quoi je pensais. Mais vous parliez si bien qu'il eut été dommage D'interrompre un discours si savant et si sage.
JENNY
Il est sûr que Monsieur conte fort joliment.
RAYMOND
Mesdames...
MADAME 1ÎENARD.
Ah ! c'est vrai , le Bédouin est charmant. Mais vous avez , Monsieur, des affaires pressées , Et je conçois qu'ici nous serions déplacées. Nous allons renfermer ces précieux objets.
J KNNY .
Il me tarde beaucoup de tout voir de plus près.